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Anaïs |
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Louis d'Orléans |
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| Chère
Marie, J'aimerais que vous me parliez de Louis d'Orléans (1703-1752) que vous sembliez fort apprécier. Dans une société où le libertinage est grand, est-il exact que le duc faisait preuve de beaucoup de dévotion depuis la mort de son épouse Jeanne-Marie de Bade en 1726? A-t-il eu des enfants autre que son successeur Louis-Philippe? Mes amitiés, Anaïs Anaïs, Pardonnez mon retard, mais ma santé me donne tant d'inquiétude, ainsi qu'à mon entourage, que j'ai cru bon de laisser quelque peu de côté ma correspondance. Vous remuez en moi de bien lointains souvenirs. Je goûtais fort, en effet, la compagnie de feu Monsieur le duc d'Orléans. Il était de tempérament fort prompt à s'enflammer. On me manda qu'avant mon arrivée à la cour, il passait pour un grand libertin. Sa femme, la fille du margrave de Bade, lui donna, outre son fils Louis-Philippe, celui-là même qui convoita Madame Henriette, une fille. La duchesse mourut en mettant au monde cette enfant, le 5 août 1726, qui fut prénommée Louise-Marie mais couramment appelée «Mademoiselle». Elle mourut en bas âge. Tout le temps que je l'ai connu, Orléans vécut dans une grande dévotion, consécutive à son veuvage dont il ne s'est jamais remis. Il était très cultivé, érudit même, près porté vers le mysticisme, y mettant autant d'énergie qu'il en avait naguère mis dans la débauche. Dix ans avant sa mort, il quitta la cour et se retira à l'abbaye Sainte-Geneviève. Il mourut en 1752, ainsi que vous me l'écrivez, hélas sans recevoir les sacrements, ayant, à ce que l'on a raconté, perdu la raison. Votre amie, Marie |
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