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Marquise_de_Pompadour@dialogus2.org |
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Lettre de Mme de Pompadour |
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| Votre Majesté, Je suis heureuse de voir que l'on vous a également approchée pour être parmi les grandes de ce monde. Il était évident pour moi que la grande Marie Leszczynska devait être des nôtres. Je suis désolée d'avoir tardé à vous envoyer mes respects, mais la retraite de ce lieu pour une durée indéterminée, m'a empêché de garder contact avec mes admirateurs. Sur ce, j'espère que nous aurons plaisir à converser grandement. Recevez, Votre Majesté, l'expression de mes sentiments les plus sincères. Mme d'Étiolles, Marquise de Pompadour Madame de Pompadour, Je ne m'attendais guère à recevoir de vos nouvelles. Éprouvez-vous enfin le repentir de tout ce que vous m'avez fait subir? Je vous pardonne, chère marquise, et ce, en bonne chrétienne, en bonne reine charitable comme je l'espère l'avoir toujours été. Je ne pense pas avoir été, en revanche, une «grande de ce monde» comme vous! Vous n'êtes sûrement pas sans savoir la répugnance que je cultive actuellement pour la cour fastueuse dont vous avez toujours apprécié d'être entourée. Recevez mes amitiés, La Reine de France, Marie Leszczynska Votre Majesté, Je suis très heureuse de voir que vous répondez à ma courte lettre. Je suis contente qu'une dame aussi respectable soit des nôtres maintenant. Je dois vous avouer, Majesté, que je suis triste que nos relations ne se soient jamais vraiment développées. Cependant je ne regrette rien de ce qui s'est passé à la cour étant donné que vous fûtes la plus digne des Reines, pendant que moi je jouais les maîtresses de haut rang. Ce qui s'est passé ne peut malheureusement se défaire et ce qui est arrivé a servi d'engrenage à tous les évènements qui ont suivi. C'est par nous deux que le règne du Bien-Aimé fut un règne aussi grand. Vous, avec votre sagesse et votre charité et moi, avec mon influence et mon sens de la politique. Je suis heureuse, Majesté, que vous me pardonniez tout ce qui a pu vous causer du désagrément, je sais que vous êtes une grande personne, une personne aimable et bonne. Et je vous prie de croire, Madame, que jamais je ne vous ai haïe. Je vous ai toujours respectée parce que je savais que rares étaient les souveraines comme vous qui aviez autant à coeur le bonheur et l'avenir de vos sujets. Je sais qu'il est pénible pour vous de nous voir tous, la cour, toujours autour de vous avec ses médisances et ses railleries, ses conflits et ses intrigues, mais soyez patiente, Madame, car un jour viendra, je l'espère, où ce sont les gens comme vous qui auront raison de nous. Accueillez mon admiration la plus sincère, Votre dévouée à jamais Mme d'Étiolles, Marquise de Pompadour Madame, Merci pour votre bien aimable missive. Or je ne puis que m'interroger, ma chère marquise. Votre influence ne fut en aucun cas favorable à la politique, car elle nous mena à la guerre. J'osais espérer, chère marquise, que vous éprouviez quelque repentir de votre conduite. Vous qui étiez tant accablée par le mépris public! Bien sincèrement, La Reine, Marie Leszczynska Majesté, Merci de répondre si rapidement à mes courtes lettres. Je sais que mon influence ne fut pas toujours pour aider la paix, mais j'ose espérer que j'ai eu un peu d'influence afin de préserver et de faire s'épanouir les arts et lettres, et les artistes pour la suite de l'histoire de la France. Je n'ai pas à m'excuser, comme je vous l'ai déjà dit, ce serait maintenant bien inutile. Bien sincèrement, Mme d'Étiolles, Marquise de Pompadour Madame la Marquise, Effectivement, votre influence apporta beaucoup de faste à notre cour. Personne n'aurait pu mieux que vous épanouir les arts et les lettres, et rares sont ceux dont l'esprit égale le vôtre. Cependant, Marquise, vos intentions, aussi bonnes soient-elles, n'ont-elles pas ruiné le Trésor royal? Vos dépenses en ces domaines vous furent bien reprochées. Le Roy se serait aisément contenté d'une favorite un peu plus économe. Avez-vous pensé, Madame, que le Roy devrait souffrir de vos débordements financiers après votre trépas? Je me suis bien souvent posé ces questions. Je n'ai pas cherché à me constituer une cour telle la vôtre. Si les courtisans vous admirent, qu'en pense le bon peuple dont un roi doit se faire aimer? C'est pour cela que moi, Marie Leszczynska, me suis toujours flattée de dépenser plus d'argent à mes aumônes qu'à mes toilettes. Respectueusement, La Reine de France Majesté, Merci des compliments que vous me faite, effectivement j'ai joué un rôle très important dans l'histoire et la culture de la France. Ruiné le trésor royal? Je suis désolée mais je ne comprends pas ce qui a pu ruiner le trésor royal, peut-être est-ce la guerre qui vida les coffres, mais mon influence était quand même minime sur les dépenses encourues pour la guerre. Si l'on m'a reproché quelque chose en ce domaine, c'est plutôt mon influence, ce n'est pas moi qui libérais les fonds. Vous avez tout à fait raison, Majesté, de penser que le roi aurait pu se contenter d'une favorite plus économe, hélas c'est moi qu’il a choisie. Il est vrai que j'ai entretenu beaucoup de gens, que je dépensais énormément en fêtes et en réceptions, seulement aujourd'hui les gens appelleraient cela de la Public Relation, ou du réseautage... Je ne faisais que faire des alliés pour la France. Et à vous dire vrai, Madame, je n'avais pas besoin de penser aux aumônes pour le peuple puisque vous le faisiez pour deux. Respectueusement, Mme d'Étiolles, Marquise de Pompadour Madame, Peut-être vous ai-je jugée un peu trop vite. Moi qui fus tant préoccupée par le salut de mon âme, j'ai pu exagérer avec mes oeuvres de bienfaisance... La postérité vous devra beaucoup, madame d'Étiolles. Vous brillez d'un éclat incomparable à la cour, votre beauté, votre grâce et votre esprit ne sauraient être discutés. N'ayant pas pu occuper une place plus digne d'une reine, comme la vôtre, je reste avec mes amis dans mes appartements à jouer aux cartes. Cependant, je ne regrette rien. J'ai bien plus d'orgueil d'être la femme du Roy et la mère de feu le Dauphin que d'être Reine. Votre bien humble et dévouée, Marie Leszczynska Je vous admire et vous respecte au plus haut point pour votre charité et l'espoir que vous avez dans tous. Vous voyez en tous des êtres bons et savez profiter de chacun des moments de la vie. Il n'est pas donné à tout le monde d'être quelqu'un d'aussi serein et d'aussi sage que vous. J'espère que l'histoire vous réservera une place importante car vous représentez la figure emblématique du monarque magnanime et sage. Votre admiratrice Mme d'Étiolles, Marquise de Pompadour Madame, Je vous remercie pour vos admirations à mon égard. Je reçois toujours vos compliments en temps qu'épouse et mère dévouée, et non en Reine. J'évite du mieux que je peux de parler en tant que souveraine. C'est vous, madame, la Reine de la Cour. Et le prince de Ligne ne s'y trompe pas en affirmant que vous étiez bien plus propre à cet état que moi! Je n'ai d'ailleurs jamais pensé à l'être un jour, à cause de l'infortune de feu Stanislas mon père. Votre éternelle obligée, Marie Leszczynska Majesté, Je n'ai rien d'une reine, et n'ai pas l'intention de le devenir un jour. Une reine se doit d'être généreuse, attentive, juste, digne, charitable, dévouée, fertile et aimante. Et surtout d'une foi à toute épreuve, elle est le symbole même de toutes les vertus d'un peuple. Je n'ai malheureusement pas toutes ces qualités qui sont les vôtres. Je suis, je l'espère une bonne conseillère, une mécène dévouée. Mon seul but est que l'époque où nous vivons toutes les deux devienne celle du savoir, de la connaissance, des beautés et du bon goût. Je souhaite sincèrement que l'on se souvienne de vous comme d'une reine charitable, et de moi comme une protectrice de la culture. Le reste ne m'importe peu. J'ai de l'influence, c'est vrai, mais vous avez le pouvoir. Votre servante Mme d'Étiolles Madame, Je me rends bien compte l'ampleur de votre esprit, que j'avais pu mesurer de votre vivant mais qui aujourd'hui me frappe. Vous ne raisonnez, il faut l'avouer, pas aussi mal que le prétend le bas peuple. Il faut vous avoir bien connue pour vous juger, madame. Je ne vous en veux pas, à présent, pour le tort que vous avez pu me causer. Certes, vous avez partagé un temps le lit du Roy, mais, ce que j'approuve, vous avez su ne pas rester à ce poste qui convient à une femme qui n'a pas votre prestige moral, pour devenir sa plus fidèle amie et sa plus proche conseillère. Croyez-le, je vous en ai toujours su gré. A bientôt, Marie Leszczynska Majesté, Merci pour les mots aimables que vous m'adressez et qui me flattent. Je vous suis reconnaissante de ne pas me tenir rigueur de ce que j'ai fait et qui aurait pu vous nuire, sachez, Madame, que jamais je n'ai voulu faire de l'ombrage à Votre Majesté. Je regrette que par le passé nous n'ayons jamais pu avoir ce genre d'entretiens, et que la cour ait voulu à tout prix nous dresser en ennemies l'une contre l'autre. Je sais bien que le peuple aime les joutes royales, mais tout faire pour que deux personnes se détestent, se craignent et s'affrontent comme nous l'avons fait, est de la pure folie. Majesté, je suis heureuse de pouvoir enfin connaître vos vrais sentiments à mon égard et pouvoir enfin vous partager les miens. Votre servante Mme d'Étiolles Madame, Je reconnais que vous avez raison. Mais voyez-vous, il est rare qu'une épouse légitime, de plus une Reine, puisse avoir un commerce amical avec la favorite de son époux, aussi brillante et aimable soit-elle. Bien que j'aie été (plus ou moins) contrainte de cohabiter avec vous, on aurait vu d'un très mauvais oeil que nous puissions nouer des liens amicaux. Entre nous, ce ne fut qu'échanges froids. Croyez, madame, que je suis bien heureuse que nous ayons pu mieux nous connaître, malgré les nombreuses années que vous avez passées à la Cour, à la faveur du Roy. Sincèrement, La Reine, Marie Leszczynska |
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