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Accouchement |
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| Votre Majesté, J'aurais voulu savoir comment se déroulaient vos accouchements et plus particulièrement celui de vos filles jumelles Marie Louise Élisabeth et Anne Henriette. Mes respects, Anaïs Anaïs, J'ai été enceinte moins de deux ans après mes noces. Auparavant, j'ai eu quelques alertes de grossesses, vites démenties. J'en avais été fort déçue, et l'on commençait à murmurer sur une hypothétique stérilité. Au mois de mars 1727, la nouvelle d'une grossesse fut rendue publique. Durant cette période, le Roy se montra fort aimable avec moi, et me ménagea en évitant déplacements et représentations publiques. L'accouchement était prévu pour le début septembre. Le soir du 13 août, après le souper où je m'étais régalée de fruits glacés, je fus prise d'un malaise. On songea à une indigestion, lorsque les premières douleurs apparurent. On comprit alors qu'il s'agissait d'une double naissance. La cour a été un peu prise au dépourvu. Le Roy me rejoint et resta auprès de moi pendant toute la durée de mes couches, qui avaient lieu, comme il se doit, en public. Le lendemain, 14 août 1727, je mis au monde deux filles, grandes et robustes. Mon époux ne s'en montra nullement affligé, bien au contraire, il était ému et ravi de son «coup double», selon ses termes. L'accouchement s'était bien passé pour moi, je m'en suis rapidement remise. L'aumônier royal ondoya mes deux filles dans la chambre même où elles étaient nées. On les nomma alors Madame Première et Madame Seconde. Elles prendront leurs noms lors de leur baptême dix ans plus tard. Toutes les festivités prévues pour la naissance d'un dauphin eurent lieu. Le bon peuple s'émerveillait de l'ouvrage du jeune Roy, qui n'avait alors que dix-sept ans. Les couches suivantes se déroulèrent fort bien dans l'ensemble, excepté la naissance de la dernière fille, Madame Louise, très longue et douloureuse. A trente-quatre ans et après onze grossesses, presque tous les ans, on se doutait que je n'étais plus guère propre à la maternité. Je fus toutefois enceinte une dernière fois, en mai 1738. Je fus proprement ménagée. A la mi-juillet cependant, je décidai d'aller rendre visite à pied à la duchesse de Mazarin. Je rentrais fort souffrante, et lorsque les médecins vinrent me visiter le lendemain, ils m'informèrent de l'échec. Ils me conseillèrent d'éviter toute grossesse qui me mettrait en péril de mort. Depuis, mes relations avec le Roy furent arrêtées, ce qui lui permit de s'adonner librement à sa passion avec Mme de Mailly. Au plaisir, La Reine, |
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