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Bonjour monsieur,
Parce qu'aux autres je n'ose pas, parce que Dieu, pour changer, est
indisponible, je vous écris à vous. Un correspondant
mort, ça me tente, un Bobby plus encore. Et puis vous avez l'air
sans chichis et pas malveillant pour deux sous; votre bouille en un mot
me revient, je ne vous crois pas du genre à vous moquer des mes
mots tout ballots. Ou alors j'ai mal écouté vos chansons.
Pourtant j'ai l'intégrale, dis-je sans vouloir me vanter ni vous
flatter.
Alors voilà: je voulais savoir comment c'est de l'autre
côté: jardin ou cour? Aire d'autoroute ou salon velours?
S'y ennuie-t-on beaucoup moins qu'ici? Les chats y chassent-ils les
merles et les enfants y exigent-ils en cris stridents des jeux de
guerre de poche? M'y attend-on?
Et puis j'aimerais aussi que vous me disiez POURQUOI. Je sais, c'est
une question qui peut mordre selon par où vous l'attraperez;
n'ayez donc aucun scrupule à vous faire seconder.
Dans l'impatience toute nue de vous lire...
Bonjour Darlinge,
Homme ou femme? Difficile à deviner. J'espère que vous
êtes une femme. Non, parce que si je dois dévêtir
votre impatience à vous, autant que vous soyez une femme! Bon,
je vais donc adresser ma réponse à une femme. Dans le cas
contraire, ne soyez pas vexé. Pouce, ça ne compte pas,
pouce c'est pour rire. Ha-ha! Ha-ha!
Bon, assez ri, première leçon.
D'abord on ne dit pas à quelqu'un qu'il est mort. Ça ne
se fait pas! Je vous assure que je suis bien vivant en ce moment,
même que je m'épluche toujours mon petit entremets doigts
de pieds. Lisez donc ma lettre d'acceptation! Je suis couché sur
mon lit, j'ai du bobo Léon, comment voulez-vous que je sache
comment ça se passe de l'autre côté? J'ai cru
comprendre que je n'étais pas le seul dans ce cas sur Dialogus.
Mais je suis comme vous, je meurs d'envie de savoir si ça va
être une big bang partie et si on peut piquer dans le frigo du
bon Dieu qui est -comme vous le dites si bien- dans l'escalier- y'a
tout ce qu'il faut -hi-ho, hi-ha! Je crois que c'est un peu le cas de
tout le monde, non? Personnellement je pars du principe qu'il n'y a
rien. Comme ça je ne risque pas la déception à
l'arrivée. Et même je ferai comme un grand collègue
à moi, je dirai à saint-Pierre qu'on n'est pas là
pour se faire engueuler!
Deuxième leçon. Elle est très simple: PARCE QUE!
Boby Lapointe
Le chanteur sous-titré |