Le travail! |
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Quand tu es apparu dans «Spirou» j'étais alors plus jeune que toi et je te trouvais un peu extravagant. Maintenant je suis un vieux bonhomme à la retraite, usé par mon métier, et je m'aperçois que tu n'as pas vieilli d'un jour. C'est donc toi qui avais raison: mes parents m'avaient mis en garde contre toutes les drogues qui peuvent miner la santé: le tabac, l'alcool, mais ils n'avaient rien dit contre la pire de toutes: le travail. Tu as tout de même eu de la chance; le jour où tu t'es présenté chez Dupuis, tu aurais pu te tromper de porte et sonner chez les voisins; tu les connais pour avoir eu affaire à eux tant de fois: les fameux Ducran, Lapoigne et Cie. Ils ne t'auraient peut-être pas mis à la porte mais ils auraient fait pire: ils t'auraient mis au boulot, t'auraient obligé de faire des efforts (malgré ton allergie au mot). Au bout du compte tu y aurais peut-être pris goût; ta carrière aurait été celle de Fantasio, si maladroit à ses débuts, si sérieux dans les albums où tu parais. Au lieu d'être l'éternel fiancé de mademoiselle Jeanne, tu serais un honnête père de famille et tu donnerais des biberons au lieu de nourrir ta ménagerie. Et nous serions privés des meilleurs albums de Dupuis. |
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Cher Daniel, Merci pour cet hommage à moi-même que j'ai bien mérité, il me semble. Mon utilité sur cette terre est finalement reconnue. M'enfin, c'est pas Fantasio qui m'aurait écrit une telle déclaration d'amour, pleine de flammes brûlantes d'admiration... Bien à toi, Gaston Lagaffe |