Ça suffit! |
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| Cher Monsieur Lagaffe. Ça suffit! Je m'appelle Sigfried Z., j'ai 28 ans et je suis ingénieur informaticien dans une entreprise de SSII à Paris. Depuis ma tendre enfance vous me narguez à travers votre comportement insolent et irrespectueux des valeurs auxquelles je tiens. Tandis que je travaille 12 heures par jour, sans compter les heures sup', que je me fatigue et donne toute l'énergie de ma jeunesse pour faire avancer la société, vous Gaston Lagaffe, avez encore la prétention de faire croire que l'on peut être pleinement heureux sans rien faire. Mais c'est une honte! Ne savez vous pas que vous être l'apôtre de la décadence, Monsieur Lagaffe? Vous incitez vos contemporains à vivre dans la paresse et l'oisiveté. Pire, vous leur faites miroiter que le bonheur peut s'obtenir de cette façon. Depuis votre naissance, en 1960, vous n'avez cessé de corrompre des travailleurs sains et volontaires, qui sont devenus des endives trop cuites, comme vous! Par votre faute, les entreprises les plus respectables se sont infestées de parasites goguenards et inutiles, à cause de vous! Mais les temps ont ont changé, Monsieur Lagaffe. Le vent a tourné. Le premier Ministre de mon pays veut «remettre la France au travail», et il a bien raison. Et cela va commencer par une traque sans précédent des sangsues de la société, dont vous êtes le fer de lance. Tremblez, Lagaffe! Les derniers souffles des idéaux libertaires des années post-68 se sont appaisés, entrainant avec eux les feignants et les incapables. Vous ne resterez pas là longtemps, Lagaffe. Des armées de travailleurs entreprenants vont vous arracher à vos rêveries et joies simplettes pour vous remettre dans le droit chemin du travail. Remisez votre pull infame au vestiaire, rangez vos espadrilles, et courrez vous acheter un costume trois pièces, nous arrivons! Mais si toutefois, vous en avez l'outrecuidance, je vous donne l'occasion de vous défendre, en répondant à ma lettre. Mais s'en est est fini pour vous, Lagaffe. |
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| C'en est fini pour moi, c'en est fini pour moi... M'enfin,
faut arrêter les siestes la tête sous l'eau môssieur l'ingénieur
informaticien! D'abord, les endives trop cuites, c'est excellent, particulièrement
quand elles sont entourées d'une tranche de jambon, baignent dans la béchamel
et sont parsemées de gruyère râpé. M. Z. (vous avez pourtant
un prénom prédestiné au divin repos du ronfleur), je ne vous
salue pas. Allez, dans ma grande bonté (c'est pas Fantasio qui me contradirait
je crois), je vous souhaite de connaître les joies sans bornes de la flemmardise,
la douceur de la sieste sur un dossier bien moelleux, la jouissance d'arriver en
retard au bureau... Qu'on se le dise! Gaston Lagaffe |