La souffrance |
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| Cher Maître, Je me pose la question d'arriver à moins souffrir en étant plus détachée des choses comme le pensent les boudhistes, quel serait votre conseil à ce sujet? Dans la vie courante comment peut-on arriver à être moins dépendant des gens et des choses matérielles? Pouvez-vous m'aider? Je vous en remercie par avance. Sylvy |
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| Tout être humain dépend de quelque chose. Mais
cette dépendance, dont vous dites vouloir vous défaire, est en réalité
un désir que vous nourrissez. Vous êtes donc habitée par un conflit
intérieur. Vous entretenez une dépendance tout en demandant à
vous en libérer. Il vous faut regarder intimement cette réalité
et ne pas vous arrêter à la description que je vous en fais. Si vous observez dans cette direction, vous allez sans doute découvrir que vous avez besoin d'être attachée aux choses parce que sans elles vous vous sentiriez très vide. Mais elles finissent par tellement vous encombrer que vous aspirez à vous sentir moins submergée. Vous vivez ce que je nomme un conflit. Si vous étiez réellement disposée à ne plus être dépendante, vous n'auriez pas besoin de me demander de l'aide pour cela. La réalité est que votre attachement est au moins égal à votre désir pour ce que vous nommez le détachement. Quand vous vivez la réalité du vide, vous demandez à avoir des relations ou des possessions pour combler ce vide. Quand vous êtes submergée par les relations et les possessions, vous espérez retrouver la paix en vous détachant de tout cela. Dans les deux cas, vous réagissez contre une réalité que vous n'acceptez pas. La liberté à laquelle vous aspirez ne nait pas de la réaction. Vous faites le constat du vide ou celui de la dépendance pour combler le vide, et votre liberté -ou ce que vous appelez votre «détachement»- sera la conséquence de votre capacité à vivre ce que vous êtes au moment de ce constat. Vous êtes vide. Vous êtes dépendante. Ce constat, sans jugement, est le véritable détachement. Le rejet de ce qui nous rend inconfortable n'est pas un détachement. C'est une attitude puérile et violente. Pouvez-vous vivre avec ce que vous êtes, sans anticiper sur ce que vous serez demain ou sur ce que vous pourriez être si les choses changeaient? Si cela vous est possible, vous serez détachée au sens le plus profond du terme. Observez également, à la lecture de ma réponse que je ne vous apporte pas une aide facile et bon marché. Vous avez peut-être espéré quelque chose de plus magique ou radical de ma part, quelque chose qui vous évite l'effort d'observer qui vous êtes vraiment et de ne pas le nier. Mais ceci est pourtant l'aide la plus juste que je puisse vous apporter. J. Krishnamurti |
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| Cher Maître, Merci pour votre réponse qui m'a beaucoup aidée à réfléchir, il est vrai qu'il faut arriver à s'observer et à bien se connaître pour ne pas se nier. À ce propos, en m'observant depuis de longues années, je m'aperçois de ce que j'appellerais mes points faibles au niveau du caractère (mes défauts) et j'aimerais, maintenant que je les ai reconnus et acceptés, savoir comment les améliorer. Est-ce avec plus d'expérience que je pourrai parvenir à cela? Merci de me répondre. Sylvy |