La solitude |
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| J'ai lu un grand nombre de vos livres durant mes révisions
d'examens le printemps dernier... J'ai tellement lu que je n'ai pas pu me présenter
à ma session d'examen. Aujourd'hui, j'ai arrêté de lire et mis
en pratique ce que vous enseignez. J'ai découvert tout ce dont vous parlez.
Je n'ai plus d'images... Ma question est: est-ce que je peux vivre pleinement de cette globalité et être simplement une source pour les gens que la vie me donne de croiser... ou est-ce que je dois mettre les gens face à eux-mêmes et à leurs propres images pour qu'ils puissent avancer par eux-mêmes. (bien que cela soit naturel chez moi) car j'éprouverai un sentiment de «non-fini» tant que d'autres ne pourront se rejoindre eux-mêmes où ils en sont. |
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| Cher monsieur, ne plus avoir d'images inclut le fait de ne
plus se percevoir comme «une source». Vous avez également des
questions et un sentiment de «non-fini». Toutes ces choses peuvent être
considérées comme des «images». Toutes ces pensées,
ces projets, ces anticipations ne constituent pas une existence vécue dans
la liberté. La liberté est une solitude totale dans laquelle il ne
se trouve pas d'élaboration cérébrale ou de désir d'agir
à partir de ce dont les autres auraient besoin et que nous pourrions peut-être
leur apporter. Il faut encore et encore mourir à ce passé, à
ces constructions pesantes à partir desquelles le besoin d'être une
autorité pour les autres se consume nécessairement. J. Krishnamurti |