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Bonjour,
La question que je pose est simple mais il est vrai que cette
réponse vient plus d'une peur que d'une volonté
sincère.
Comment voir la réalité de ce que je suis (l'image que
j'ai construite) pour savoir qui je suis vraiment?
C'est mon point nodal et cela fait des années en fait que je
«tourne autour du pot».
J'ai le sentiment d'avoir le coeur étouffé. Je fais des
efforts mais a priori
pas les bons. Un ami m'a dit, pour m'aider, que je ne voulais pas
égratigner l'image de soi. J'en conclus que je me protège
et que je ne
suis pas réellement le personnage que je veux faire voir.
Mes
plus grands défauts sont la méchanceté, la
domination, l'égoïsme et le
sentiment que rien ne m'intéresse dans la vie (sorte de
dépression.)
Je
sais que c'est un passage dans la vie mais mon célibat depuis
quatre
ans me pèse. Ma situation sociale n'est pas encore fixe alors
qu'auparavant tout semblait plus simple sans cette conscience des
parties noires en moi. J'ai donc fait un constat mais la volonté
de
changer et le fait aussi de savoir par où commencer me sont en
fait
ambigus. Enfin, par les arts martiaux que je pratique, j'ai surtout
compris que notre pire ennemi était en nous et que le combat
n'était
qu'un moyen de voir ses propres peurs. Je connais mes capacités
d'endurances mais la joie de vivre n'est plus au rendez-vous.
J'ai
pris le défaut d'intellectualiser beaucoup alors que mon
passé de
«danseur» amateur, ma première passion, donnait un
sens à ma vie.
Merci de me donner un conseil. J'ai déjà lu vos livres (Se
libérer du connu entre autres) mais je crois qu'il y a des
livres qui ne sont pas à mon niveau d'accomplissement.
Enfin,
une dernière question: est-ce que l'enfant que l'on a
été est toujours
présent en soi et comment grandir vraiment pour savoir qui on
est?
Merci,
Lilian
Écoutez, madame, pour
voir la réalité de ce que vous êtes, il faut
regarder cette réalité. Telle qu'elle est. Les questions
du célibat, du
travail, des arts martiaux sont sur un autre plan. Elles ne sont pas la
réalité de ce que vous êtes, même si elles en
sont l'expression.
Si
vous avez conscience que cet inconnu que vous êtes est la cause
de
votre souffrance, il est inutile de vous débattre avec les
activités
que vous entretenez pour continuer de vous cacher à
vous-même.
Il
n'y a pas de niveau d'accomplissement mais il y a certainement des
degrés de courage. Si vous êtes attentive à ce que
vous «êtes» sans
vous disperser dans le «faire», vous commencerez à
voir le jour. Et
peut-être que ce que vous faites vous semblera en
conséquence plus
clair également. Mais c'est une exploration qui demande une
attention
complète.
J Krishnamurti
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