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A. et E.
écrit à
Knock
Le docteur Knock


Un méchant docteur


   

Cher docteur Knock,

Nous sommes deux jeunes filles de l'établissement scolaire Pierre-Mendès-France. Vos aventures à Saint-Maurice nous ont troublées. Vos recherches non médicales sur vos patients nous exaspèrent. Les revenus de vos patients ne vous regardent en aucun cas.
Pour nous,vous n'êtes qu'un charlatan indigne de votre place médicale. C'est à l'asile que vous devriez être en ce moment même,car, monsieur, vous êtes un fou qui s'ignore!
Nous sommes conscientes que nos accusations peuvent vous blesser mais votre phrase fétiche, «Les gens bien portants sont des malades qui s'ignorent», nous semble être un prétexte pour abuser de pauvres gens .

Auriez-vous l'obligeance de nous expliquer cette attitude?

Cordialement,

Mademoiselles A. et E.


J’ignore votre âge, mesdemoiselles, mais je me demande quelles longues études vous avez faites pour porter ainsi un jugement sur les «recherches non médicales» que je conduirais sur mes patients. Les authentiques médecins devant lesquels j’ai soutenu ma thèse ont jugé autrement que vous et eux seuls étaient qualifiés pour le faire. Quant à prétendre que je volerais mes malades, c’est un paradoxe qu’il serait risqué de soutenir devant la population de Saint-Maurice; tout le monde trouve absolument normal que je fasse payer ceux qui en ont les moyens, ce qui me permet de soigner sans rien leur demander les indigents, qui ont droit eux aussi de profiter des progrès de la médecine. Et l’on me compare avantageusement avec le Dr Parpalaid qui n’hésitait à demander huit francs à des personnes dans la gêne pour qui c’était une somme importante. Il faut tout de même pour terminer que je fasse un sort à un reproche que vous m’adressez; vous n’aimez pas que l’on dise que «les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent». Demandez autour de vous si vos relations ne connaissent pas de bons vivants, que tout le monde croyait en parfaite santé, et qui sont morts d’un jour à l’autre faute d’avoir veillé à leur état.

Amicalement,

Knock

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