A. et E.
écrit à

Le docteur Knock
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Cher docteur Knock, J’ignore votre âge, mesdemoiselles, mais je me demande quelles longues
études vous avez faites pour porter ainsi un jugement sur les
«recherches non médicales» que je conduirais sur mes patients. Les
authentiques médecins devant lesquels j’ai soutenu ma thèse ont jugé
autrement que vous et eux seuls étaient qualifiés pour le faire. Quant
à prétendre que je volerais mes malades, c’est un paradoxe qu’il serait
risqué de soutenir devant la population de Saint-Maurice; tout le monde
trouve absolument normal que je fasse payer ceux qui en ont les moyens,
ce qui me permet de soigner sans rien leur demander les indigents, qui
ont droit eux aussi de profiter des progrès de la médecine. Et l’on me
compare avantageusement avec le Dr Parpalaid qui n’hésitait à demander
huit francs à des personnes dans la gêne pour qui c’était une somme
importante. Il faut tout de même pour terminer que je fasse un sort à
un reproche que vous m’adressez; vous n’aimez pas que l’on dise que
«les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent». Demandez
autour de vous si vos relations ne connaissent pas de bons vivants, que
tout le monde croyait en parfaite santé, et qui sont morts d’un jour à
l’autre faute d’avoir veillé à leur état. |