«Monoton Silence» |
||||
![]() |
||||
| Re bonjour, c'est encore moi! En ce moment je travaille sur les oeuvres sonores, lorsque la peinture devient musique. Bien entendu je m'intéresse donc à Olivier Messiaen, mais ce dernier est avant tout un compositeur, et non un peintre. Lorsque vous avez écrit la partition «Monoton Silence», au-delà de créer le vide, avez-vous vu le bleu comme aurait pu le faire O. Messiaen, ou avez-vous donné l'accent sur la sensation? Aussi, connaissez-vous d'autres peintres qui ont eu la même démarche que fut la vôtre en écrivant une partition? Quel rôle donnez-vous au peintre lorsque celui-ci compose une musique pour en fait... peindre? Bien amicalement, GRP_374 |
||||
|
|
||||
|
|
||||
| Bonjour! Déjà il vous faut savoir que la presse, la critique et toute la communauté des gens bien pensants ont donné plusieurs titres à cette symphonie que vous mentionnez ici! «Monoton Silence»? Tiens donc! Mais le silence est une illusion totale très cher! Même si vous parveniez à vous enfermer dans un endroit hermétique à toutes manifestations sonores, le silence total ne pourrait être! Rien que vos déglutitions ou autres circulations du sang viendraient tout de suite parasiter ce que le commun des mortels nomment le silence! On m'a déjà parlé d'un musicien américain nommé John Cage! Lui a tout compris à cette utopie du silence! Maintenant il est évident que le Bleu est sensation! Évoluer au sein de cette couleur est comme baigner dans un univers sans faille! Un univers où tout est pesant et léger dans le même instant! Un monochrome est comme une note éternelle et furtive en même temps! Je m'explique: les modalité d'exposition de ces monochromes ont toujours eu un point important dans la résonance du Bleu! Accrochés en cimaise à une vingtaine de centimètres du mur, ces monochromes flottaient dans l'air car dégagés de toutes matérialités murales ou autres! Ils résonnaient comme une seule et même note! Décrochés et rangés, ils ne deviennent même pas silence, mais un «rien»! Le «rien»! Une chose qui n'existe plus! Quant à savoir si d'autres peintres ont eu la même démarche que la mienne! Pffff... Mais encore faudrait-il exactement savoir quelle est la démarche que moi-même je mets en avant dans mon oeuvre? Il y a démarche et sous-démarche si je puis dire! Le but que l'on suit et les enjeux qui viennent s'y greffer au fil du temps! Enjeux qui bien entendu viennent alimenter la quête de cet absolu que nous visons tous! Une peinture est peut-être une composition musicale différente d'un concerto ou autres pièces musicales, mais quoi qu'il en soit, même si d'autres peintres ont travaillé dans une optique similaire à la mienne, je ne pense pas qu'il y ait les mêmes invocations et les mêmes volontés! Bien à vous! Yves Klein |