Le vide et la saturation |
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| Bonjour, Je voudrais savoir si pour vous le vide aurait un lien avec la notion de saturation?... D'après ce que j'ai pu comprendre en vous lisant et en lisant ce que les autres ont pu écrire sur vous... Le vide a toute une portée spirituelle... Et tout vide qu'il est il en dit parfois bien plus qu'un tableau chargé (picturalement). Pouvez-vous m'apporter des éclaircissements sur ce lien entre vide et saturation... Je crois le deviner mais je n'arrive pas encore à le definir et cela m'aiderait beaucoup de lui donner enfin une consistance... Car contrairement à vous je peins la saturation; mais comme vous... je peins la même chose! À bientôt, GRP_374 |
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| Bonjour! Sachez qu'entre l'automne 1957 et l'hiver 1958, j'ai eu la conviction que l'authenticité du tableau, (sa véritable essence) se situait bien au-delà du visible, dans la sensibilité picturale appréhendée, perçue comme matière première de l'énergie! À cette conviction, une question capitale est venue se greffer! En effet, comment fixer cette énergie tout en sachant qu'elle est aussi essentielle qu'insaisissable? La réponse était d'une évidence si évidente que dans l'instant, j'ai cru qu'elle était bien trop simple! Pourtant, j'ai du me rendre à l'évidence, la galerie était l'endroit idéal pour Le Vide! Iris Clert a tout de suite été séduite par ce projet! La sensibilité à l'état de matière première se doit d'être perçue comme une énergie circulant librement dans l'air! Moi, je la stabilise picturalement dans l'espace vide de la galerie afin qu'elle devienne une zone de sensibilité picturale immatérielle. Sachez encore que Le Vide chez moi n'a jamais été sujet à des définitions scientifiques comme le concept de l'emballage sous-vide ou bien encore le vide absolu! Non, au contraire, Le Vide est certes invisible, mais il n'en demeure pas moins structuré par l'air, son élément structurel fondamental, promoteur de l'énergie dans l'espace! Créer Le Vide chez Iris Clert, c'était surtout (et avant tout) la tentative de créer une ambiance, un climat pictural réel invisible, mais néanmoins témoignant d'une vie présente et autonome au point de s'identifier littéralement à ce qu'il se passait jusque là pour la peinture. En somme un ineffroyable rayonnement inéluctable! Bien à vous! Yves Klein |