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patrice@bouscarrut.com |
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Le chemin |
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| Cher Yves, Fascinant bleu, vibrations de l'âme. J'ai vu dernièrement une oeuvre de votre ami Armand, un violon entièrement recouvert de votre fameux pigment. Un choc. Dans la société de consommation dans laquelle nous vivons, le premier réflexe a été pour moi d'acheter votre bleu, de me l'accaparer, en faire ma propriété. Si on le voit dans une perspective de la nouvelle économie, vous devriez le louer, en donner le droit d'accès... Bref, aussi troublant qu’il puisse être, le KYB attire les convoitises. J'ai donc naturellement cherché à trouver un bleu klein en tube, voire en pigment. Je sais que cette démarche vous horripile. Et je viens ici m'en repentir. Je crois à présent que mon but à votre sujet n'est pas de récupérer facilement votre bleu mais d'en découvrir les méandres de son élaboration. Bref, suivre la piste de votre démarche et d'en découvrir les joies et les peines. Votre bleu m'a fait découvrir une autre réalité, à l'instar de Monet (un figuratif, oups) qui m'a permis de voir le monde autrement. Vous aussi vous m'avez apporté cette joie et cette sagesse. Je vous écris juste avant de partir en voyage à Bilbao pour voir une exposition de votre oeuvre. J'y vais à présent le coeur léger car je ne cherche plus à trouver là-bas un sachet de pigment en vente au guichet, comme souvenir. Je pense y trouver des indices pour suivre votre voie. Un chemin parsemé de petits cailloux bleus pour ne plus se perdre. Ensuite, je compte arriver à transformer ma table de salon en bleu klein. Je vous inviterai alors pour boire une bière tout en regardant un match de foot à la télé, ou de judo si vous préférez... Nous poserons alors nos verres sur cette table et les vapeurs de l'alcool aidant, nous ferons ensemble le grand saut dans le vide (j'habite au premier étage). Cordialement Patrice Bouscarrut Bonjour Monsieur! Il n'est pas dans mes habitudes de reprendre in extenso une lettre qui m'est adressée pour y répondre, mais, pour une fois, je ferai exception à la règle, ceci évitera un désordre dans ma réponse. Surtout, ceci me permettra de corriger quelques erreurs introduites dans vos écrits. ---------------------------------- Cher Yves, «Fascinant bleu, vibrations de l'âme. J'ai vu dernièrement une oeuvre de votre ami Armand, un violon entièrement recouvert de votre fameux pigment. Un choc.» Je vous arrête tout de suite, c'est mon ami Arman, et non Armand! D'ailleurs, à ce titre, sachez que la disparition de la lettre «d» n'est due qu'à une faute de frappe pour le catalogue d'une exposition si j'ai bonne mémoire. Du coup, Armand est devenu Arman. «Dans la société de consommation dans laquelle nous vivons, le premier réflexe a été pour moi d'acheter votre bleu, de me l'accaparer, en faire ma propriété.» À la bonne heure, cher monsieur, mais acheter ce Bleu, c'est comme vouloir acheter un enregistrement contenant le vrai silence! Utopique, non? «Si on le voit dans une perspective de la nouvelle économie, vous devriez le louer, en donner le droit d'accès... Bref, aussi troublant qu'il puisse être, le KYB attire les convoitises. J'ai donc naturellement cherché à trouver un bleu Klein en tube, voire en pigment. Je sais que cette démarche vous horripile. Et je viens ici m'en repentir.» Monsieur, je ne connais pas le KYB dont vous me faites part. Je ne connais que L'IKB, c'est-à-dire, l'International Klein Blue. De même, chercher un «bleu Klein» mérite deux majuscules, car non seulement ce Bleu est unique, mais également, il est l'oeuvre d'Yves Klein (ça fait trois majuscules, je vous l'accorde) «Je crois à présent que mon but à votre sujet n'est pas de récupérer facilement votre bleu mais d'en découvrir les méandres de son élaboration. Bref, suivre la piste de votre démarche et d'en découvrir les joies et les peines. Votre bleu m'a fait découvrir une autre réalité, à l'instar de Monet (un figuratif, oups) qui m'a permis de voir le monde autrement. Vous aussi vous m'avez apporté cette joie et cette sagesse.» Heureux de vous l'entendre dire Monsieur! «Je vous écris juste avant de partir en voyage à Bilbao pour voir une exposition de votre oeuvre. J'y vais à présent le coeur léger car je ne cherche plus à trouver là-bas un sachet de pigment en vente au guichet, comme souvenir. Je pense y trouver des indices pour suivre votre voie. Un chemin parsemé de petits cailloux bleus pour ne plus se perdre. Ensuite, je compte arriver à transformer ma table de salon en bleu klein. Je vous inviterai alors pour boire une bière tout en regardant un match de foot à la télé, ou de judo si vous préférez... Nous poserons alors nos verres sur cette table et les vapeurs de l'alcool aidant, nous ferons ensemble le grand saut dans le vide (j'habite au premier étage).» Bilbao? Certes! Certes! Quant au saut dans le vide, sachez différencier les avatars de l'art de la réalité, Monsieur! Je ne suis pas non plus suicidaire et mon saut dans le vide a longuement été préparé pour justement être un saut trop proche de la réalité, auquel cas il n'aurait eu aucun intérêt. Cordialement Patrice Bouscarrut Bien à vous! Yves Klein (Yves le Monochrome) Un grand merci pour votre réponse. |
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