Langue française et satori |
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| Bonjour, Jack Kerouac! Je suis une «compatriote» de votre mère (canadienne-française, mais aujourd'hui on dit «québécoise). De ce fait, je me demande pourquoi vous n'êtes jamais venu trouver vos racines au Québec... Ou peut-être êtes-vous déjà venu chez-nous? Si oui, qu'avez-vous ressenti? Pour ce qui est de votre éducation préscolaire unilingue française, que vous avez reçue de votre mère canadienne-française, vous dites qu'elle a eu une grande influence sur votre vie... Mais alors, comment se fait-il que vous n'ayez glissé que «quelques mots de français par-ci par-là» dans vos oeuvres? Où est la grande influence? D'autre part, j'aimerais que vous répondiez un peu à la question que formule un de vos émules (un grand chanteur et poète québécois qui est un de vos plus grands admirateurs d'aujourd'hui, qui s'appelle Richard Séguin, et est vraiment génial) dans l'une de ses chansons: «Tu cherchais qui, tu cherchais quoi, de Lowell, Mass. jusqu'à L.A.?» Enfin, j'aimerais que vous me parliez de votre fameuse oeuvre dont je ne me rappelle plus le titre, que vous aviez entièrement écrite sur un grand rouleau de papier qui n'en finissait plus... Quel était le but de ce support d'écriture? Était-ce pour marquer cette oeuvre comme étant un perpétuel continuum, en éliminant les «coupures» dans le texte que constituent les différentes pages formant ce qu'on appelle un livre? Merci d'avance pour vos réponses, qui ne manqueront sûrement pas d'intérêt, au vu de votre personnalité assez originale! Nathalie, octobre 2004 |
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| Bonjour Nathalie! Comment se porte le Québec? Et vous-même? Je vais me faire une joie de répondre à vos questions, en commençant tout d'abord par la question des racines. Je n'ai jamais vraiment estimé que mes racines soient canadiennes, puisqu'elles sont bretonnes, françaises! Et j'ai donc effectué des voyages en France, à la recherche des derniers Lebris de Kerouac, mais je n'ai rien trouvé si ce n'est un satori... Le seul lien que j'ai conservé avec le Québec est une chemise rouge et noire de bûcheron... J'ai glissé des mots de français dans mes livres, mais les traductions répétées ont probablement épuisé ces derniers, en les effaçant petit à petit, jusqu'à l'oubli total... J'ai entendu parler de Richard Seguin et de sa chanson «L'ange vagabond», et je crois que je peux apporter un semblant - tout n'est que semblants n'est ce pas? - de réponse à la question qu'il se pose ce cher petit. manifestement, il n'a soit pas lu mes livres - ce dont je doute toutefois -, soit il n'a pas compris certaines de mes phrases... Je cherchais la perle rare, celle qu'on me tendrait sur la route, à force de côtoyer ces spectres décharnés, ces déments que j'ai fréquentés et connu, et que j'ai parfois approchés - toujours ce satori - sans jamais atteindre... Ma «fameuse oeuvre» se prénomme très simplement «Sur la route» et conte mes vagabondages divers avec Neal - Dean dans le roman, mon éditeur s'est montré intraitable, il m'a fallu changer les noms originaux -. Je l'ai écrite sur un rouleau de papier sans coupure, afin de ne pas briser l'élan de littérature de l'instant à laquelle je travaillais depuis un bout de temps. De plus, même si cela tient plus de l'anecdote plaisante que d'un réel intérêt, je trouvais que lorsque l'on déroulait de rouleau de papier, on voyait la route apparaître ... mais c'était un plaisir mesquin et solitaire. Vous aviez donc raison ... Bien à vous, Jack |
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| Cher Jack Kerouac, Je n'ai jamais dit que vous étiez mesquin et solitaire! Je ne sais où dans ma précédente lettre vous avez lu une telle affirmation! Au contraire, je trouve géniale votre idée de voir le rouleau de papier se déroulant comme se déroulerait une longue route interminable, telles qu'on n'en voit qu'en Amérique... Il fallait y penser et seul vous y avez pensé! Pas étonnant qu'on ait vendu dernièrement le rouleau original de «On the road» pour plus de 2 millions et demi de dollars américains! Par ailleurs, je n'ai toujours pas vraiment compris ce qu'est un satori! J'ai présumé qu'il s'agissait d'une espèce de révélation ou d'illumination spirituelle ou quelque chose du genre... Mais peut-être que je me trompe complètement? J'aimerais en savoir plus sur cette expérience, vous est-il possible de l'expliciter davantage? Quant à Richard Séguin, il semble qu'il n'ait jamais prétendu comprendre vos intentions intérieures, il a simplement écrit et mis en musique ce qu'il ressentait lui-même face à vos oeuvres, les questions qu'elles suscitaient en lui... Et le questionnement en lui-même est très beau... Il n'en tient qu'à vous d'y répondre... L'âme soeur, vous voulez dire que vous vouliez rencontrer une femme comme cela, en vagabondant sur les routes des États-Unis? N'existe-t-il pas de moyens plus simples de rencontrer l'âme soeur? J'ai lu que vous aviez de nombreux amis dans votre adolescence, n'auriez-vous jamais été amoureux? Finalement, je me questionne vraiment à savoir si nos racines proviennent uniquement du père ou si l'ascendance de notre mère n'est pas aussi importante sinon plus? Mais comme bien des hommes, la question ne semble même pas se poser pour vous: seule la lignée paternelle doit compter... Merci de vos réponses... I'm waiting with hope to read you soon! Bye! Nathalie |
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| Chère Nathalie, J'apprends par votre lettre que le rouleau original de «Sur la route» a été vendu. Quelle perte! Voir cette origine d'une oeuvre n'être plus qu'une marchandise - exceptionnelle, certes, mais marchandise tout de même - me désole. Vous avez bien deviné ce qu'est un satori, et je suis ravi que vous l'ayez déduit de vous-même, c'est à cela que je voulais venir, en ne vous distillant que quelques bribes d'informations sur le sujet: la révélation doit se faire seule, elle ne doit pas être provoquée, Bouddha l'a dit... Cela dit, maintenant que vous avez saisi l'idée générale, je puis bien vous l'expliquer, en vous abreuvant d'exemples concrets. Un satori est un éclair dans la nuit de nos pensées, une porte qui s'ouvrirait en nous, pour nous mener à un pays où le bonheur a été de s'apercevoir que tout n'est qu'un grand et vaste rêve. Ce satori peut survenir lors d'une phrase de quelqu'un, n'importe qui, à la vision d'une oeuvre - naturelle ou humaine -, lors d'un repas, n'importe quand. Il suffit d'ouvrir son coeur au ressentir des choses en tant qu'elles-mêmes et pas uniquement en se basant sur nos perceptions. Je ne puis être plus clair que les maîtres japonais qui l'ont expliqué, tant mon expérience en est limitée. Mais j'espère que vous avez, encore une fois, saisi l'idée. Je n'ai pas parlé d'âme soeur, mais de perle rare. Nuance. La perle rare pourrait être un satori - maintenant qu'on en parle -, une découverte d'amitiés, d'amours peut-être, mais cette perle ne sera, au grand jamais, une simple découverte amoureuse. Tout doit être lié. En l'occurrence, mes pérégrinations sur la Route avec Neal m'ont éclairé quant à ma manière d'écrire. J'ai compris ce que je supposais depuis longtemps, à savoir que seule la littérature de l'instant peut me convenir pour exprimer mes émotions, et les faire partager. J'ai toujours beaucoup d'amis, des gens admirables qui m'aiment, me comprennent, et me supportent. J'ai déjà été amoureux, et cela s'est toujours mal fini, pour le moment du moins... Un jour peut être trouverai-je quelqu'un. Mon père est mort il y a bien longtemps maintenant et je ne crois pas en avoir reçu l'ascendant autant que vous le pensez. Ma mère, Mémère, a toujours été là pour moi, et le sera toujours. Elle est mon point d'ancrage dans ce monde qui tremble. Certains ont même susurré qu'il y avait entre elle et moi une relation incestueuse. J'en ris. Mes racines passent autant par ma mère que par mon père, même si Mémère est à jamais mon soutien. c'est chez elle que je puis me reposer, m'apaiser, me laver de toutes mes impuretés... Amicalement, Jack |
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| Cher Jack, Quand je parle d'ascendance, je ne parle pas d'influence mais bien de généalogie, de ce que nous considérons comme la terre d'origine de nos ancêtres. Dans cet ordre d'idées je me réjouis que vous ayez une veste à carreaux noirs et rouges de bûcheron qui signifie le Québec pour vous, car les bûcherons, les successeurs des coureurs des bois, sont bel et bien le symbole de notre beau pays aux forêts infinies, et même de nos hivers québécois d'antan, puisque la majorité des hommes valides du temps de nos aïeux travaillaient aux chantiers forestiers durant tout l'hiver et ne revenaient chez eux qu'avec le printemps... J'imagine que bien des enfants de cette époque devaient venir au monde en janvier ou en février... Quant au satori, je suis contente d'avoir deviné moi-même sa signification et je me doutais bien qu'il s'agissait d'un mot japonais, de par son orthographe et sa consonance... Cependant, j'aimerais bien que vous me disiez comment vous en êtes venu à vous intéresser au Japon et au bouddhisme... Est-ce par des lectures (car je crois que vous n'êtes jamais sorti des États-Unis)? Ou peut-être que si... Quelle est l'origine de cette fascination pour le bouddhisme? Cela m'intrigue fort car, si je vous savais original, surtout pour votre époque, vos intérêts pour le bouddhisme m'étonnent... Enfin, pour ce qui est de la vente du rouleau original de «On the road», moi aussi je déplore un peu qu'il ait été vendu, même pour un si gros montant d'argent (cela indique à coup sûr l'intérêt certain de l'acquéreur, s'il était prêt à donner autant pour l'avoir). Mais si cela peut vous consoler, je peux vous dire que cet acquéreur va faire faire à ce précieux rouleau une méga-tournée dans toutes les bibliothèques publiques des U.S.A., dans lesquelles seront données des conférences pour expliquer votre oeuvre au plus grand nombre...Car sachez qu'aujourd'hui il faut ainsi faire des méga-tournées pour aller trouver les gens là où ils sont et plus l'objet exposé vaut cher, plus les gens se déplacent pour le voir et s'y intéressent. Mais bien entendu, l'intérêt de cet engouement, c'est surtout qu'ils se précipitent dès lors dans les rayons de la bibliothèque pour lire vos bouquins, Jack! Auriez-vous jamais espéré obtenir un tel lectorat dans votre vie? Oh, bien sûr, peut-être écrivez-vous simplement pour vous exprimer, pour faire sortir de vous-même la substance de ce que vous êtes, pas nécessairement pour être lu...Ou peut-être que si?...Que sais-je vraiment de vos motivations, de vos intentions? Seul vous, pouvez nous le dire... Nathalie P.S. J'aimerais savoir si vous aimez le cinéma et si oui, quel genre de film vous captive? Et si on avait le bon goût de mettre sur pellicule une adaptation de «On the road», qui verriez-vous dans votre propre rôle (admettons que vous ne jouiez pas votre propre rôle)? Avez-vous un acteur préféré? |
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| Chère Nathalie, Excusez-moi pour le temps que j'ai mis à vous répondre, mais Allen - Ginsberg - a débarqué, entraînant dans son sillage toute une foule d'individus avinés et avides de connaître le «grand Jack» - je crains qu'Allen ne me fasse parfois trop de mauvaise publicité, malgré ses bonnes intentions -... Bouddhisme, satoris, Japon... Tous ces mots sont si vivants de sens pour moi. J'ai connu le Bouddhisme par Allen - toujours lui, ce vénérable myope - qui m'a fait rencontrer le fameux poète américain Japhy Snyder... Un type bien qui vivait en esthète japonais des temps anciens. On s'est promené comme lui, toujours avec Allen - dont la barbe apparaissait maintenant, calamité - dans les montagnes rocheuses et on a fait un séjour dans le passé, en revenant aux temps féodaux du japon Impérial. ce qui me plaisait dans le Bouddhisme, c'est cette ouverture au monde de l'esprit, ce même esprit qui m'a tant manqué pour obtenir la tranquillité de l'âme... J'ai quitté les USA de nombreuses fois, j'ai été à Tanger, chez Burroughs, à Paris, en France, au Mexique... Enfin voyons!! faut lire mes bouquins p'tite Nathalie! J'ai toujours voulu être écrivain, et le rêve de tout écrivain est d'être lu non? Oui, j'ai espéré un tel lectorat. Ce que je n'ai jamais espéré, c'est le comportement immonde de ce même lectorat, grossier, agressif, violent, méchant, mauvais même, ne comprenant pas mon livre, les critiques qui n'ont jamais aimé mes bouquins... Bref... Mes objectifs étaient toujours les mêmes, rendre compte des sensations, écrire dans la littérature de l'instant et coller à l'esprit de ce que j'ai baptisé la «beat génération»... Pas de cinéma pour moi. Il paraît qu'un film a été tiré de mon épopée de rédaction de «Sur La Route», mais je n'en ai jamais eu plus de nouvelles... A un de ces jours, Amicalement, Jack. |
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| Bonsoir Jack! Je suis désolée d'avoir dit que vous n'étiez jamais sorti des USA! C'est bien sûr tout à fait faux! Je me suis dit que cela provoquerait peut-être un peu d'indignation en vous de vous dire de telles inepties, mais je vois que vous êtes vraiment zen! Vous prenez les choses tels les antiques bouddhistes japonais, avec calme et philosophie... C'est merveilleux, j'envie votre sérénité vraiment proche du nirvana... J'aimerais que vous me parliez un peu plus de vos charmants petits poèmes à trois vers inspirés des poètes japonais, dont j'oublie le nom (vous en avez écrit des centaines, voire des milliers je crois)... Parlez-moi aussi un peu plus d'Allen Grinsberg... Où l'avez-vous rencontré et quels voyages avez-vous effectués ensemble? Des souvenirs de ces voyages? Pourquoi le surnommez-vous le vénérable myope? Puisque vous aimez tant le Japon, que pensez-vous des gravures d'Hokusaï? En avez-vous en votre possession (des originaux ou des copies?)? Merci de vos réponses, toujours sympathiques et appréciées... Nathalie |
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| Chère Nathalie, Je ne reçois qu'aujourd'hui votre gentille lettre, où je sens, comme toujours cette flamme qui brille en vous, telle une merveilleuse allégorie de nos espoirs à tous... Vous parlez de mes poèmes... Ce sont des poèmes inspirés de ceux rédigés par les maîtres Zen du Japon, comme vous le savez, qui ont pour fonction de se baser sur les choses les plus banales de la vie et de les transcender par un rythme ternaire fort poétique, à mon sens... On appelle ces poèmes des Haïkus, prononcer Haïkous... J'en ai écrit un certain nombre je l'avoue. Mais en voilà un cher à mon coeur, que j'ai improvisé un soir de pluie à New York. «Inutile, inutile La Pluie coule Sur la vitre» Je sais bien que tout cela peut paraître très sommaire, mais ça n'est pas moins profond que n'importe quelle autre oeuvre... Il faut juste, non pas comprendre, mais ressentir... Allen... Je l'ai rencontré en 1944, alors que je faisais mes études à l'université, en même temps, d'ailleurs, que Burroughs... Allen est un génie, c'est évident, même si je désapprouve parfois ses constants engagements politiques pour toute cause qui lui semble opprimée. Cela n'ôte rien à son charme (car c'est un garçon charmant et charmeur) ni à ses nombreuses, très nombreuses qualités... Nous avons effectué de nombreuses virées dans le pays ensembles, allant même jusqu'à Tanger together, chez Burroughs justement... Comme disait Victor Hugo, «tout se tient, se mêle et se confond» n'est ce pas? Je l'appelle le vénérable myope pour des raisons fort simples, chère Nathalie: Allen est un des premiers de mes amis à s'être adonné au Bouddhisme et il est myope et binoclard à souhait... Voilà tout. Hokusaï est indéniablement un grand artiste... Si je ne m'abuse, ses oeuvres ont été découvertes par les Impressionnistes français qui lui vouent un culte... Quand j'imagine Monet découvrant dans sa poubelle des oeuvres d'Hokusaï, dont il se servait pour enrober ses objets précieux, j'en ris... Mais, malgré les qualités évidentes de son oeuvre, je n'ai jamais voulu en posséder. Ce qui ne m'empêche pas d'apprécier... Bien amicalement, Jack. |
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| Bonjour Jack Kerouac! Je n'avais jamais entendu, lu, ni même imaginé, que Monet avait utilisé des gravures d'Hokusai (qu'il aurait préalablement jetées à la poubelle!) pour emballer des objets, car si précieux ces derniers eussent-ils été, il me semble en effet être le comble de l'ignorance que de se servir de chefs-d'oeuvre telles les gravures d'Hokusai (fussent-elles des copies) comme papier d'emballage! Cela m'étonne d'autant plus fort que Monet lui-même se targuait d'être un grand connaisseur en matière de gravures japonaises dont il faisait collection de façon passionnée. Ce fait que vous évoquez ressemble donc pour moi à ce que nous appelons de nos jours une «légende urbaine», ou tout au plus à de l'ironie face à Monet lui-même, qu'aurait fait un des détracteurs de cet artiste de génie (et qui était probablement un détracteur d'Hokusai en même temps.) Avec amitié d'une compatriote de votre maman, Nathalie |
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| Chère Nathalie, Je ne peux assurer que Monet et son utilisation légère des oeuvres d'Hokusai ait eu réellement lieu, je n'y étais pas... Mais son goût pour l'art nippon a très bien pu se développer après l'anecdote dont je vous ai fait part. Excusez-moi d'avoir tardé à vous répondre, j'errais dans les environs de St Francisco. Je transmettrai vos amitiés à votre compatriote qu'est ma mère. Bien amicalement, Jack. |