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Monsieur Le Président,
Ne souhaitant en aucun
cas parler de certaines affaires et autres, je souhaite juste avoir vos
pensées et sentiments vis-à-vis d'un tel sujet qu'est l'Amour.
Avez-vous
dû faire une distinction entre vos devoirs et vos sentiments lors de
votre mandat, pensez-vous qu'il faut être un Super-Héros pour porter un
tel statut et laisser ses sentiments de côté?
Merci de votre réponse, Monsieur,
Bien à vous,
Alexandra
Chère Alexandra,
Voilà un sujet bien complexe pour moi. Je ne
sais pas si je vais pouvoir vous répondre comme je le voudrais, tant
cette notion évoque chez moi à la fois souffrance et joie.
Je
n'ai jamais connu l'amour d'une mère et je pense que cela a déterminé
pour beaucoup mes relations avec les autres. Mon père est obsédé par la
réussite de ses enfants et ses démonstrations d'affection sont rares;
il était de plus relativement absent quand j'étais jeune. J'ai remarqué
quand même à plusieurs reprises son comportement aimant à l'égard de ma
sœur Rosemary, qui est handicapée mentale, et son déchirement quand
elle a été lobotomisée.
Aujourd'hui je porte énormément d'amour
à ma famille sans forcément utiliser le mot «amour» et faire de grandes
déclarations! Comprenez-moi, nous avons été élevés un peu sévèrement
mais nous nous portons une affection éternelle. Je ne puis pas vous
décrire ma tristesse à la mort de mon grand-frère Joe et de ma sœur
Kick avec qui j'avais des relations privilégiées. Sachez que le clan
Kennedy se soutient !
Je souffre également de la mort de mon
petit Patrick. Je pense que jamais je ne m'en remettrai, je l'ai veillé
jusqu'au bout… Pardon, je ne souhaite pas aller plus loin sur ce sujet
pour le moment mais John et Carolyn sont de véritables rayons de
soleil!
Là nous nous retrouvons sur votre question: par
rapport à ma fonction, il a fallu assumer et passer très vite -trop
vite- sur la mort de mon fils. Mais l'amour n'est pas incompatible avec
la vision du devoir; il l'enrichit et vous ouvre sur un monde meilleur.
Hahaha, bravo! C'était une question piège parce que je pense
véritablement être incapable d'aimer une femme -enfin ce n'est pas tout
à fait vrai. Vous faites sûrement allusion à l'amour que je porte à
Jackie. Elle me séduit de plus en plus, je l'admire et je regrette
beaucoup de l'avoir abandonnée souvent dans des moments difficiles. Je
peux vous dire cela maintenant, parce que dans mes campagnes, elle
n'était pas ma priorité, c'est vrai. J'ai aimé aussi une femme quand
j'étais plus jeune, une danoise, Inga Arvad, ma Binga… Mon père a mis
fin à notre relation car le FBI la soupçonnait d'être une ex-nazie. On
se voyait quand même, cachés… Et puis Jackie s'est vite imposée comme
la femme parfaite aux yeux de mon père, ils s'adorent!
J'aime
les jolies femmes et je n'ai pas l'intention de nier mes aventures. Je
suis un peu inconscient, même parfois quand Judith vient à la Maison
Blanche mais il ne s'agit jamais d'amour, juste de sexe, et cela
n'influence pas mon devoir.
John F. Kennedy, President of the United States of America
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