| |
|
Bonjour,
Je voudrais d'abord vous dire que pour moi vous avez été l'un des meilleurs présidents des USA.
Je
voudrais savoir comment vous avez rencontré votre femme, Jackie.
Comment vos sentiments ont-ils évolué? L'aimez-vous encore aujourd'hui?
Je voudrais également savoir comment vous percevez
l'éducation des enfants. Comment voyez-vous une bonne
éducation?
Merci pour votre réponse.
Avec tout mon respect,
Marion
Chère Marion,
Tout d'abord je tenais à m'excuser pour le délai
d'attente de ma réponse. En tant que Président, je dois faire face à de
nombreux problèmes comme vous vous en doutez, mais je vous renouvelle
mes excuses car votre lettre avait particulièrement retenu mon
attention. Votre gentil compliment, au début, me touche et j'essaie de
faire mon job du mieux que je peux. Vous me demandez comment moi et
Jackie nous sommes rencontrés, et comment notre relation a évolué.
C'est une belle histoire, vous savez… qui commence de façon tout à fait
banale! En effet, nous nous sommes rencontrés au cours d'un dîner donné
par des amis communs. Jackie venait de quitter son fiancé, elle était
belle comme le jour, nous nous sommes retrouvés devant la porte en même
temps, le doigt sur la sonnette. Nous nous sommes ensuite revus dans
mon bureau, j'étais le plus jeune sénateur des États-Unis et elle
travaillait comme journaliste. Elle est venue m'interviewer, je l'ai
invitée à dîner, et puis nous ne nous sommes plus quittés... Je me
souviens d'une anecdote, peu flatteuse pour moi, je l'avoue, mais elle
était partie en voyage, je ne me rappelle plus, peut-être en
Angleterre, et je lui avais demandé de me rapporter quelques livres.
Elle a eu à payer un excédent de bagage à cause de moi! Ha! Ha! Ha! Et
le pire, c'est qu'étant retenu ce jour-là, je n'ai pas pu venir la
chercher à l'aéroport et l'aider à porter les valises! Elle m'a
incendié... J'ai dû ramer pour la récupérer! Mais finalement, je l'ai
emmenée chez moi, à Hyannis Port, où je l'ai présentée à ma famille...
Je me souviens de sa belle robe jaune... Ah ça, papa l'a adorée, et il
lui porte toujours une affection sans bornes. Ces deux-là se
comprennent, ils chuchotent… Bref, mes parents pensaient qu'elle ferait
une épouse parfaite... Papa pensait à tout, il me voyait Président...
Avant moi, c'est vrai. Encore une anecdote? Autour de la mémorable
partie de baseball où Jackie, bousculée par Bob, est tombée à la
renverse, sa robe complètement tachée! Ha! Ha! Ha!
Sur la
question très personnelle de mes sentiments pour elle, je puis vous
dire que je l'aime infiniment et que j'ai pour elle le plus grand
respect. Je n'ai pas toujours été un bon mari, je le sais, mais la mort
de notre petit Patrick nous a unis pour toujours par un lien plus fort
que le mariage.
En ce qui concerne l'éducation de nos enfants,
Jackie a créé une école, à la Maison-Blanche, pour eux et les enfants
du personnel. Elle prend cela très à cœur. Personnellement j'ai reçu
une éducation très stricte et des lignes étaient déjà tracées pour moi.
Mon père voulait que ses fils deviennent des personnes importantes et
nous a élevés en conséquence, mais il a toujours été là pour nous. Ma
mère ne nous témoignait aucune affection, mais malgré cela, elle compte
beaucoup pour moi, elle nous aime à sa façon. J'aurais peut-être aimé
qu'elle me prenne plus dans ses bras, mais je me rattrape avec John et
Carolyn! Je ne veux pas dire à mes enfants ce qu'ils doivent faire dans
la vie, je veux qu'ils soient libres de choisir, même si j'ai bien sûr
des ambitions pour eux! Je sais que Jackie ne va rien leur passer, par
contre. Elle veut à tout prix les protéger et quand John va grandir,
elle sera une vraie mère poule… Je l'imagine, coincé dans une fac de
droit, rêvant de théâtre… Ha! Ha! Ha! Je l'aiderai de mon mieux!
Encore merci pour votre intéressante lettre, et toutes mes excuses pour le retard,
Très amicalement,
John F. Kennedy
President of the United States of America
|