| |
|
Monsieur
Kennedy,
Mon pays, le Canada, commence à être de plus en plus
secoué par des problèmes intérieurs, à
propos du fait que certains québécois veulent que le
Québec soit indépendant. Personnellement, je suis
partisan de cette idée. Le Canada ne nous soutient pas,
évidemment, mais la France nous soutient, et je voudrais savoir
votre opinion là-dessus: car si nous devenions
indépendants, cela nous plairait bien de savoir que nous avons
le soutien du président le plus admiré et le plus
populaire de notre temps.
Cher Pierre,
«Le président le
plus admiré et le plus populaire
de notre temps»… Que de compliments… Je vous remercie mais je ne
suis
pas sûr d’être aussi populaire au Texas où je me
rends actuellement!
Enfin, nous verrons, ce cher Johnson prétend que les Texans
m’aiment…
Par
tradition, les États-Unis s’associent à toute entreprise
d’indépendance. Néanmoins, je ne puis m’engager
auprès de vous pour le
moment: nous essayons de préserver nos liens avec le Canada, et
vous
savez comme moi que ce n’est pas chose facile. Nous avons réussi
à nous
lier avec le Royaume-Uni et la RFA mais le Canada reste un échec
pour
l’instant… Je ne pouvais pas supporter cet abruti de
John Diefenbaker,
mais Pearson et moi nous entendons très bien et,
récemment, il a
accepté l’installation de bases nucléaires
américaines au Canada.
M.
Dumontais m’a parlé de la célèbre phrase du
Général… Ahahahahaha! Quel
scandale…! Décidément, ce Général se permet
toutes les audaces… Quel
grand homme… Et quel dommage que nos relations soient si faibles… Je
sais néanmoins que nous avons l’un pour l’autre un grand
respect. Je
reviens de France et son peuple m’est très amical.
Je sais que
le Général se préoccupe du Québec et qu’il
connaît très bien son
histoire. C’est évidemment un grand soutien pour vous, et je
regrette
de ne pas pouvoir vous apporter mon concours actuellement, mais notre
situation ne nous le permet pas.
Je repense aux paroles de De
Gaulle… Au moins le monde sait-il que le Québec existe, à
présent! Et
de Gaulle s’est fait un nouvel ennemi, cela va sûrement
refroidir les
relations Paris-Ottawa… Tout cela est passionnant!
Merci Pierre.
Cordialement,
John F. Kennedy,
President of the United States
of America
|