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Paris, le 17 décembre 2007
Cher JFK,
Je m'appelle Mourad Benayad, je suis en 4e
D au collège Michelet. Je vous écris cette lettre car je voudrais en
savoir plus sur vous. Pourquoi avez-vous des ennemis? N'avez-vous pas
peur de vous faire assassiner? J'ai fait des recherches sur vous, qui
m'ont permis d'apprendre que vous aviez une liaison avec Marilyn Monroe
alors que vous étiez marié avec Jacqueline Kennedy.
Quand vous gouverniez, tout le monde disait que vous étiez sévère.
Mourad
Cher Mourad,
Voilà bien une question originale! Pourquoi ai-je
des ennemis? Je vous répondrai d’abord que je suis un homme politique!
Et tout homme politique a des ennemis, d’abord ceux de l’opposition, à
savoir les Républicains, puis ceux qui se trouvent dans votre propre
camp et qui sont jaloux. Il y a ceux qui ne sont pas d’accord avec
vous, qui vous accusent de tous les maux, vous êtes responsable de leur
malheur ou de leur bonheur… Ils ne s’imaginent pas quelle place
difficile j’occupe. Je suis à l’heure du bilan et je pense que je ne
m’en suis pas trop mal sorti compte tenu de toutes ces crises dans ce
contexte tendu. Il n’y a pas eu la guerre pendant mon mandat, mais
j’ignore de quoi sera fait le prochain...
Vous me parlez encore
de mon assassinat. Je n’y crois pas… Vous savez, je suis bien protégé
et il y a eu tellement d’occasions depuis le début de ma présidence...
Je reçois mon lot de menaces de mort mais le chef de ma sécurité
m’assure qu’elles sont «normales», il n’y en a pas plus que d’habitude;
je ne m’inquiète pas. Comme je dis toujours, celui qui veut tuer le
Président des États-Unis devra le payer de sa vie. Je ne sais pas s’il
y en a beaucoup qui sont prêts à ce sacrifice, ces enfants de cœur
tiennent trop à leur vie! Je pense par contre qu’ils rêvent de me voir
chuter aux prochaines élections… On verra ça, je leur donne rendez-vous
l’année prochaine!
En ce qui concerne Miss Monroe, nous nous
sommes vus, c’est vrai, mais quelques fois seulement, cela n’avait rien
d’une liaison durable. Je sais par plusieurs personnes qui m’ont écrit
que Marilyn a cru à cette histoire et je le déplore. Je n’oublierai
jamais sa manière de me souhaiter bon anniversaire…
Je m’arrête
un peu sur votre dernière phrase; tout le monde disait que j’étais
sévère? Va-t-on me reprocher d’avoir été sévère avec les Soviétiques
qui voulaient nous menacer depuis Cuba? On me reproche d’avoir
abandonné les anti-castristes lors du désastre de la Baie des Cochons,
je le sais. Mais vous devez savoir que la CIA m’a menti, elle m’avait
assuré que l’opération marcherait. Je devais débarrasser les États-Unis
de cette menace. Non seulement je me suis rendu compte que l’opération
était un échec et que l’implication des États-Unis allait être
découverte, mais aussi que Castro s’était encore plus rapproché de
l’URSS. Si j’avais donné l’ordre d’attaquer, où serions-nous? Nous
aurions dû faire la guerre à une grande puissance nucléaire comme
l’URSS, nous aurions entraîné avec nous les membres de l’OTAN, le monde
serait à feu et à sang. Je ne pouvais pas risquer d’être responsable de
ça.
Après, en 1962, les chefs d’état-major m’ont détesté, ils
voulaient tout prendre en main et faire la guerre, mais le seul
responsable aurait été moi.
Heureusement, nous avons pu empêcher
encore une fois une guerre malgré la mort d’un de nos pilotes. Je sais
qu’en face j’ai trouvé en Khrouchtchev un homme raisonnable.
D’ailleurs, ça ne m’étonnerait pas que la branche dure du parti ne le
fasse tomber pour ça.
Retenez qu’actuellement, je veux dire à
mon époque, nous sommes dans une période beaucoup plus tranquille, les
tensions avec nos ennemis se sont apaisées. Je dois maintenant penser à
ma réélection. Avant de partir pour le Texas, on m’a dit que les gens
me détestaient là-bas. Je suis allé à Houston hier et je peux vous
assurer que moi et ma femme avons été ovationnés! Ne vous inquiétez pas
et continuez vos études! Je vous y encourage!
Très Cordialement,
John F. Kennedy, President of the United States of America
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