Christelle
écrit à

   

John F. Kennedy
John F. Kennedy

     
   

Monsieur Barack Obama  est le nouveau président des USA

    Monsieur,

Notre monde actuel connaît une grave crise financière. Pour ma part, je vis en Belgique, un petit pays dont vous n'avez peut-être jamais entendu parler. Mais sachez qu'à plusieurs reprises, les bourses se sont effondrées. Les banques américaines ont accordé des prêts hypothécaires à vos concitoyens sans vérifier leur solvabilité. Résultat: les marchés se sont cassé la figure, faute de liquidités. En Europe, beaucoup de gouvernements se sont vu obligés d'injecter des milliards dans des banques qui menaçaient de tomber en faillite.

Aujourd'hui, l'espoir renaît pour les États-Unis, monsieur. Le rêve de Martin Luther King est réalité, Barak Obama a été élu pour quatre ans. Avec l'espoir d'un retrait progressif de vos troupes en Irak, qui est une guerre qui coûte cent vingt milliards de dollars par jour à votre pays. Monsieur Obama veut réformer le système de soins de santé. Il veut une politique plus sociale pour la classe moyenne.

Il veut faire aboutir la traque de Oussama Ben Laden, qui est responsable de l'attentat du World Trade Center de New York.

Mais avant, il redonne espoir à tout un monde divisé par des différences de races et de religions.

Monsieur, je pense qu'il est votre digne successeur, nous espérons tous secrètement qu'il offrira à l'Amérique et au monde entier un règne de paix et de diplomatie, ce que son prédécesseur Georges W. Bush fut incapable de faire. Sachez que ce dernier a terni plus d'une fois l'image des États-Unis. C'est pourquoi l'élection de Monsieur Obama est aussi merveilleuse.

Pour finir, voici ce que mon petit garçon de quatre ans et demi m'a dit le matin où nous avons appris la victoire de monsieur Obama: «Maman, quand je serai grand, je voudrais être un Président noir comme Barak Obama». J'ai bien sûr dû expliquer à mon fils qu'il pourrait être Président si un jour la Belgique devenait une république, mais que jamais il ne pourrait être noir. Il m'a dit que ce n'est pas grave, il se maquillerait la figure en noir. Je suis émue par cette spontanéité. Oui, cette élection est un réel progrès. Et vous, qu'en pensez-vous?

Respectueusement,

Christelle

Chère Christelle,

Veuillez excusez cette réponse tardive, d'autant que votre lettre est très intéressante. Il m'a fallu néanmoins digérer ce que j'ai lu et vous le comprendrez, j'en suis certain. J'ai plusieurs fois fait appel à l'irremplaçable monsieur Dumontais pour m'expliquer notamment la crise dont vous parlez ainsi que les attentats du World Trace Center. Comme d'habitude, il ne m'a raconté que le strict minimum pour vous répondre, c'est pourquoi je ne peux pas vous prodiguer exactement mes conseils quant à cette crise. De mon point de vue, elle ressemble à celle que j'ai connu en 1929, enfin connu c'est beaucoup dire, j'avais douze ans et mon père avait réussi à nous protéger, je dirais même qu'il s'était enrichi avec…  sacré père. Comme vous le savez peut-être, mon père a subi une attaque cérébrale grave il y a déjà deux ans, ce n'est plus le même homme, pardon c'est assez douloureux mais, vous savez, nous les Kennedy, nous sommes comme ça, nous faisons face dans l'adversité avec notre bonne humeur d'Irlandais!

Pour revenir à cette crise financière, elle est difficilement comparable avec celle de 1929 car elle s'inscrivait dans un contexte bien précis, le PIB a été durement touché en 1932, le chômage a explosé, la misère était partout. Je me souviens de ces longues files d'attente à la soupe populaire que je voyais en passant, c'est un souvenir très dur, mais je vous l'ai dit, j'étais jeune et j'ai été très protégé par mes parents. Sachez néanmoins  que ces années noires ont vu la victoire en 1933 d'un démocrate, Franklin Delano Roosevelt et Barack Obama à votre époque.

Je me dois d'être sincère, nous savons tous que la politique du New Deal de Roosevelt a beaucoup fait mais n'a pas réussi à redresser la situation en un claquement de doigt, il faudra beaucoup de temps encore avant de sortir de cette crise, chère Christelle, même avec tous les milliards réinjectés dans les banques et je vous souhaite bon courage. Comme je l'ai déjà dit, l'élection d'Obama est un espoir merveilleux, un renouveau qui dépasse les limites de ce pays. Pourtant, gardez à l'esprit qu'Obama est avant tout le Président des États-Unis et qu'il fera tout pour son pays d'abord. Monsieur Dumontais m'a parlé de la guerre en Irak, des mensonges de Bush, je ne peux pas vous dire véritablement mon sentiment et ce n'est pas votre question mais je pense qu'il s'est embourbé là-bas.

Je tiens à vous dire qu'en tant que Président des États-Unis, je connais bien sûr la Belgique! Voyons, Christelle, vous me prenez pour un idiot? Vous savez ce que je vais vous dire, ce pays est petit par la superficie mais grand de par son rayonnement culturel admirable, par exemple, dans le domaine de la bande dessinée. Ah, ah, peut-être bien qu'un jour on fera aussi une bande dessinée sur moi, qui sait? Je suis sûr que votre petit bonhomme en lira aussi, il est formidable, merci pour cette belle histoire, je vois quel impact extraordinaire a eu cette élection. Vous allez me donner le sourire pour toute cette journée, je pense à mon petit John John qui va bientôt fêter ses trois ans.

Très Cordialement,

John F. Kennedy, President of the United States of America