A.K.
écrit à

   

John F. Kennedy
John F. Kennedy

     
   

Larmes

   

 
l
Il est vrai que je n'ai aucune envie de vous saluer mais, pour des raisons de bienséance et de politesse, je vais le faire quand même. Je vous salue (je m'y efforce du moins). Quel dommage!

Invoquez votre  enfance soit-disant malheureuse! Vous ne pouvez la comparer à celle de votre amante (vous pourrez sans peine deviner de qui je parle -prononcer son nom m'est trop dur- même s'il est fort probable que vous en ayez eu plusieurs!) ou encore à celle de millions de personnes qui souffrent.

Elle avait un dossier au FBI, à la CIA... Comme par hasard, juste avant sa mort, vous vouliez rompre et, furieuse et désespérée, elle menaçait de révéler ces si chers secrets d'états qu'elle connaissait de par votre liaison!

Qui plus est, il est prouvé que, le jour de sa mort, Robert K. (ce cher Bobby, votre frère) est entré par effraction chez elle, suivi de Peter Lawford et de son psychiatre Ralph Greenson (qui avait infiltré des espions dans son entourage et se comportait d'une façon impardonnable envers elle, derrière son dos), et que votre frère l'a brutalisée pour savoir où se trouvait le carnet où elle avait noté ces secrets d'états (on connaît cette scène grâce aux enregistrements de micros placés chez elle).

Quelle bizarrerie, aussi: des traces de coups ont été retrouvées sur son corps; une dose de somnifère (du Nembutal je crois) pouvant tuer vingt-cinq personnes (!) a été obligatoirement injectée par une seringue (dont on ne retrouva pas la trace car elle était trop récente) qu'on n'a finalement pas retrouvée! De plus, son dossier, contenant au départ environ cinq cents pages, fut subitement réduit à un nombre variant entre vingt et cinquante!

Vous pouvez ne pas me répondre, ou alors me dire que je ne raconte que mensonges! Cependant, vous ne pourrez jamais nier qu'une partie au moins de son malheur provient de votre seule faute et de la façon honteuse dont vous l'avez traitée!

Mal à vous,

A.K.

P.S.: je reste dans l'attente d'une réponse, avec un infime espoir. Si vous me répondez, du moins, dite-moi qui lui a injecté cette dose mortelle, car vous le savez évidemment!
Cher ami,

Vous n’êtes pas le premier à me parler de la célèbre actrice Marilyn Monroe. Je constate une nouvelle fois quel attachement vous éprouvez pour elle… et je puis vous assurer que cela me touche. Je n’ai jamais nié avoir eu une liaison avec miss Monroe et, pour cette raison, je peux vous dire que je la connais bien. Elle m’a beaucoup surpris d’ailleurs et, sans vous offenser, je voudrais vous dire que vous ne la connaissiez pas.

Là où vous avez raison, c’est qu’elle a eu une enfance malheureuse; sa mère était très malade psychologiquement et elle ne connaissait pas son père. Elle m’avait d’ailleurs raconté qu’elle pensait qu’il s’agissait de Clark Gable. Miss Monroe a comparé tous les hommes de sa vie à son père, elle appelait Arthur Miller «papa». Elle avait besoin d’être protégée à un point tel… je vous assure qu’elle était malade et qu’elle a accepté de nombreuses choses dégradantes, surtout au début de sa carrière.

En ce qui concerne nos relations, elles ont été brèves. Après l’amour, je parle… je lui ai donc confié certaines choses comme j’ai pu le faire à d’autres maîtresses, mais aucune ne les a écrites dans un carnet. Miss Monroe n’était pas si fragile, elle était très intelligente et savait s’y prendre pour parvenir à ses fins. J’ai voulu rompre, c’est vrai, et j’ai envoyé mon frère le lui dire. Je ne pense pas qu’envoyer mon frère était irrespectueux de ma part, je vous rappelle que je suis le Président! Je n’ai confiance qu’en Bobby. Je sais que miss Monroe s’est ensuite très vite entichée de mon p’tit frère et qu’elle m’a rapidement oublié. Après, cela ne me regarde plus… Le Président des États-Unis a un emploi du temps chargé.

Vous pouvez me reprocher mes infidélités si vous voulez, je m’en fiche, vous ne me connaissez pas et vous osez parler de mon enfance «soi-disant malheureuse»… J’estime que l’amour d’une mère est une chose essentielle dans la vie et moi je ne l’ai pas eu. J’ai passé mon enfance à être rejeté dans des écoles où je devais être le meilleur! J’ai déjà parlé de mon enfance, et c’est douloureux, cher ami.

Ce qui se dégage de votre lettre, c’est l’ignorance totale de la situation. Votre manière de parler du «soi-disant» assassinat de miss Monroe prouve que vous n’en avez eu que des ouï-dire, rien de plus, vous n’avez rien de probant. Si vous l’aviez connue, vous sauriez qu’elle était très dépressive et frustrée de ne pas avoir pu détruire mon mariage. Puisque nous en sommes aux anecdotes, sachez que miss Monroe s’est présentée devant ma femme et mes enfants en prétendant que j’allais les quitter pour elle. Jackie, avec son sang froid habituel, a su la remettre à sa place. Vous pourrez penser que c’est un acte désespéré, qu’elle n’avait pas vu Carolyn (que l’on prononce à l’américaine, je rectifie une erreur que j’ai commise dans une autre lettre), ni John Jr. Néanmoins, c’était injuste.

Les injections et micros ne m’intéressent pas, je sais qu’elle était capable de commettre cet acte irréparable. Quant à son dossier au FBI, sachez que c’est très probable et que cela n’engageait à rien. J’en ai moi-même un depuis bien longtemps, depuis mon histoire avec Inga. Beaucoup d’acteurs ont un dossier, c’est normal, nous sommes en guerre. Je comprends votre émoi, mais sachez que vous ignorez beaucoup de traits de caractère de miss Monroe.

Cordialement,

John F. Kennedy
President of the United States of America

Désolée de la méprise, je suis une femme (la faute est, pour la plus grande partie, mienne, je ne l’avais pas clairement indiqué).

Vous êtes d’accord avec moi sur son enfance malheureuse, vous dites vous-même que sa mère était folle... Ensuite, vous commencez à me dire: «Vous pouvez me reprocher mes infidélités si vous voulez, je m’en fiche, vous ne me connaissez pas et vous osez parler de mon enfance “soi-disant malheureuse”… j’estime que l’amour d’une mère est une chose essentielle dans la vie et moi je ne l’ai pas eue, j’ai passé mon enfance à être rejeté dans des écoles où je devais être le meilleur… J’ai déjà parlé de mon enfance et c’est douloureux, cher ami.» L’amour d’une mère! Me direz-vous, la main sur le cœur, que la mère de votre amante l’aimait? Ne connaissez-vous point l’anecdote qui dit que, ayant été agressée par son colocataire, Norma Jean, âgée alors de sept ou huit ans, est allée voir en pleurant sa chère mère pour tout lui raconter et que celle-ci, ne voulant pas la croire (perdre le colocataire équivalant à perdre la maison), la gifla? (Incise: «…j’ai passé mon enfance à être rejeté dans des écoles où je devais être le meilleur…» Et pourquoi étiez-vous censé y être le meilleur?)

Elle ne pensait pas que Clark Gable était son père, car elle avait elle-même effectué des recherches sur son père biologique, l’avait trouvé… Et n’avait pu le rencontrer car, même au plus fort de sa célébrité, celui-ci ne voulut pas!

L’affaire du carnet a aussi été prouvée, je ne m’étendrai pas là-dessus.

«Si vous l’aviez connue, vous sauriez qu’elle était très dépressive et frustrée de ne pas avoir pu détruire mon mariage». Que de grands mots pour un «grand» président! En premier lieu, je pense que, étant donné votre attitude, elle était tout à fait en son droit de vouloir détruire votre mariage, alors que vous-même ne la traitiez que comme cette image de blonde idiote que, toute sa vie, les médias ont voulu lui coller sur le front. Ensuite, expliquez-moi, si vous le voulez bien, le rapport avec: «Vous pourrez penser que c’est un acte désespéré, qu’elle n’avait pas vu Carolyn».

«Les injections et micros ne m’intéressent pas, je sais qu’elle était capable de commettre cet acte irréparable». Justement! Monsieur le Président, ce président admiré dans le monde entier (et non pas «par»), moi je vous parle de preuves! Lisez le rapport de sa mort, documentez-vous! Expliquez-moi donc, monsieur l’érudit, comment elle aurait pu cacher cette seringue tant cherchée en étant morte, et tant d’autres choses pour lesquelles on n’a jamais trouvé la réponse! Cet acte irréparable…

«Ce qui se dégage de votre lettre, c’est l’ignorance totale de la situation». Je vous retourne ces mots, tout en espérant que votre pauvre femme (légitime) n’a pas trop souffert de VOTRE attitude irréparable…

Attendant impatiemment (c’est bien dommage mais vrai) une réponse de votre part, je reste attentive.

A. K.

Chère A. K,

Je vous prie d'accepter mes excuses pour ce si long temps d'attente, je suis très occupé ces temps-ci, je dois préparer ma réélection prochaine. J'espère que vous voterez pour moi! ahahaha!

Écoutez, je regrette qu'on ne me parle pas plus de ma politique et que l'on revienne sans cesse sur Marilyn Monroe. Je ne nie pas avoir eu une relation avec elle mais elle fut courte. Je peux très bien comprendre que vous n'acceptiez pas sa disparition parce qu'elle est partie jeune, belle et au sommet de sa carrière. C'était une star internationale incroyable et forcément sa mort nous laisse tous perplexes, on cherche un coupable et pourquoi pas le président des États-Unis en personne? Apparemment de là où vous vous trouvez, vous êtes au courant de ma relation avec elle mais vous ignorez tous les détails.

Je suis d'accord avec vous sur son enfance difficile, son affreuse mère et ses multiples expériences malheureuses, tout ceci l'a beaucoup fragilisée au lieu de la renforcer. Voilà le problème, chère Madame. Elle se laissait tellement faire, pourquoi? Elle donnait vraiment l'impression de ne pas avoir de cervelle, pourtant je sais que c'est faux, elle avait vraiment de gros problèmes psychologiques.

Les producteurs la traitaient mal dans les soirées et elle subissait d'autres choses infâmantes sans jamais rien dire. La honte sans doute et le questionnement, pourquoi ne pas réagir? J'ajoute simplement une anecdote en ma défaveur, l'actrice Shirley Mac Laine ne s'est pas gênée pour me repousser vertement!

Vraiment, Madame, je n'avais pas besoin de la faire tuer comme vous le sous-entendez, j'aurai pu l'empêcher de parler de bien d'autres manières. Ses insinuations, s'il y en avait, auraient mis fin à sa carrière. La presse a construit notre image à moi et à Jackie, ils en sont prisonniers aux yeux de l'opinion, ils ne peuvent nous changer maintenant, personne ne le croirait et ils le savent.

Durant sa vie, elle a fait des choses répréhensibles aussi, elle a pas mal trompé son mari Joe Di Maggio, elle a brisé le couple d'Arthur Miller, elle lui a fait vivre un enfer avec ses problèmes, elle ne voulait pas arrêter les médicaments, elle l'appelait «papa», elle était aussi violente pendant ses crises d'angoisse.

Venons-en à mon mariage et à celui de mon petit frère puisque cela semble plus vous intéresser que les frasques de miss Monroe. Elle a sciemment et égoïstement accepté d'avoir une relation avec moi puis avec mon frère. Je ne parle pas de moi et de mon obsession des femmes et spécialement des actrices, mais miss Monroe n'a pas eu de remords, elle en a eu encore moins quand elle a voulu briser mon mariage, Jackie lui a dit qu'elle lui cédait la place volontiers ainsi que les obligations d'une première dame. Bien sûr je ne le voulais pas, j'aime ma femme malgré tout ce que vous pouvez penser.
Elle m'aime aussi, bien qu'elle ne se gêne pas elle non plus de son côté. Je ne dirais rien là-dessus. Miss Monroe a menacé ma femme verbalement devant ma fille, voilà ce que je voulais vous dire. Elle ne recherchait là dedans que son propre intérêt, ne pouvait-elle pas comprendre qui j'étais? Elle a battu en retraite et elle est allée dans les bras de Bobby qui souffre du même problème que moi. Mon frère a une grande famille, je sais qu'il a des torts mais miss Monroe aussi.

En ce qui concerne les écoles, oui je devais être le meilleur, mon frère Joe jr est mort à la guerre pendant une mission suicide, j'ai dû assurer la relève alors que moi-même j'étais malade; la relève pour faire une carrière politique et devenir le premier président catholique des États-Unis. Je ne l'ai pas demandé, j'ai été élevé comme ça. J'ai dû faire des sacrifices, ma place n'est pas enviable mais elle est extraordinaire et j'entends bien exercer ma fonction jusqu'au bout si le Seigneur le permet.

Cordialement,

John F. Kennedy, President of the United States of America

Votre réponse, que je pensais ne jamais arriver, m'a extrêmement déçue. Il est vrai que j'ai toujours douté de la capacité à dialoguer directement avec le genre d'individu que vous représentez, mais je pensais que vous étiez tout de même capable de poursuivre une discussion sans, toujours, tourner autour du pot (pardonnez-moi l'expression) et dévier sur un autre sujet.
 
Elle trompait Joe Di Maggio? Celui-ci, qui, je l'espère, l'a rendue heureuse au moins quelques instants dans sa vie (quand il l'aimait), était jaloux de sa carrière et la frappait.

Elle a fait vivre un enfer à Arthur Miller? Quel genre d'homme était-il, lui, pour oser publier une pièce racontant sa relation avec elle alors qu'ils étaient toujours ensemble? («Elle l'appelait «papa»«: je voudrais seulement vous faire remarquer qu'il était, bien entendu, d'accord).

Pourquoi rejeter toujours la faute sur elle alors que ses maris y étaient tout autant pour quelque chose? (De plus, je ne vois pas le rapport).
 
Elle avait vraiment de gros problèmes psychologiques? Sans doute moins que vous alors, qui souffrez apparemment du syndrome de «Ce n'est pas de ma faute c'est de la leur, laissez-moi tranquille: Je suis «The president of the United States quand même».

Bien sûr que si, vous aviez besoin de la tuer, sinon vous ne l'auriez pas fait! Je ne vous parle pas d'ouï-dire, mais de preuves! Et ses insinuations auraient mis fin à votre carrière, et non à la sienne!
 
«Elle a sciemment et égoïstement accepté d'avoir une relation avec moi puis avec mon frère.» Pourquoi «égoïstement»? Ne venez pas me raconter, s'il vous plaît «Monsieur le Président», qu'elle vous a violés, vous et votre frère?

«Elle ne recherchait là dedans que son propre intérêt, ne pouvait-elle pas comprendre qui j'étais.» Quel intérêt avait-elle, idole du cinéma, à devenir la femme du président?
 
«En ce qui concerne les écoles, oui je devais être le meilleur». Excusez-moi, mais je ne vois vraiment pas en quoi cela est une réponse à ma question, qui était, je vous le rappelle: Pourquoi étiez-vous censé être le meilleur?
 
«Vous n'acceptiez pas sa disparition»: je vous rappelle, «Monsieur le Président» que si je n'acceptais pas sa disparition nous n'aurions pas cette discussion.
 
«Elle donnait vraiment l'impression de ne pas avoir de cervelle»? Pourtant, dans votre précédente lettre, vous disiez «miss Monroe n'était pas si fragile, elle était très intelligente».
 
«J'ajoute simplement une anecdote en ma défaveur, l'actrice Shirley Mac Laine ne s'est pas gênée pour me repousser vertement!» (Toujours aucun rapport...)
 
«Vraiment madame, je n'avais pas besoin de la faire tuer comme vous le sous-entendez, j'aurai pu l'empêcher de parler de bien d'autres manières.» Ah Bon? Je suis curieuse de savoir comment... Ah mais oui, je me souviens de cette histoire où Frank Sinatra (un ami à vous notoire) l'avait invitée à une soirée, l'avait droguée, et avait fait prendre des photographies d'elle en train de se faire violer par lui-même et un autre homme, pour soi-disant avoir des objets pour faire, le cas échéant, pression sur elle.

Je ne dirais rien de plus sur votre «amour» envers Jackie.

Cependant, si vous voulez parler de politique, j'aimerais savoir si vous savez que vous allez être tué? Peut-être en raison de vos liaisons si... Avec Frank Sinatra, qui est un grand ami du Parrain de la mafia (je ne me souviens plus de son nom), qui vous a si bien «aidé» à gagner les élections...
 
Priez, Monsieur, et si Votre Seigneur le veut (et dans ce cas je ne me remettrais jamais à son jugement, ce serait trop dangereux), vous serez réélu... Priez peut-être aussi la Mafia, ce sera sans aucun doute encore plus rapide et efficace...
 
Dans l'attente d'une réponse qui, j'espère, ne me décevra pas autant que celle-ci,
 
A.K
 
PS: Je vous prierais de m'appeler «mademoiselle», si cela ne vous pose pas de problèmes. Je suis désolée, la méprise est encore due, en partie cependant, à ma vague présentation...

«Votre réponse, que je pensais ne jamais arriver, m'a extrêmement déçue. Il est vrai que j'ai toujours douté de la capacité à dialoguer directement avec le genre d'individu que vous représentez, mais je pensais que vous êtiez tout de même capable de poursuivre une discussion sans, toujours, tourner autour du pot (pardonnez-moi l'expression) et dévier sur un autre sujet.»

Je dois rendre cela intéressant parce qu'on parle toujours du même sujet mademoiselle et je dois toujours vous redire les mêmes choses, si cela ne vous satisfaisait pas dans les années 60, pourquoi cela vous irait maintenant? C'est peine perdue, Mademoiselle.

Vous seriez heureuse si je vous disais ce que vous voulez entendre rien de plus.

De plus comme je l'ai dit dans ma lettre, je suis à l'heure du bilan, j'ai envie de vous parler de moi aussi, si c'est possible mademoiselle. Si je ne vous intéresse pas mademoiselle, je ne sais pas pourquoi vous m'écrivez, Mademoiselle.

«Elle trompait Joe Di Maggio? Celui-ci, qui je l'espère l'a rendue heureuse au moins quelques instants dans sa vie (quand il l'aimait), était jaloux de sa carrière et la frappait.»
Elle n'avait qu'à le quitter sans le tromper, Mademoiselle, toujours ce refus d'agir chez mademoiselle Monroe.

«Elle a fait vivre un enfer à Arthur Miller? Quel genre d'homme était-il, lui, pour oser publier une pièce racontant sa relation avec elle alors qu'ils étaient toujours ensembles?»
Miller s'est expliqué là-dessus, Mademoiselle, ce n'était pas méchant, elle a tout exagéré comme d'habitude. Miller l'aimait sincèrement, il a subi beaucoup de crises, de violence de sa part. Elle a tout gâché. Pourtant le bonheur était là.

«Elle l'appelait «papa»
Je voudrais seulement vous faire remarquer qu'il était, bien entendu, d'accord. Il était d'accord mais avouez que ce n'est pas très normal, c'est ça que vous deviez comprendre mademoiselle.

«Pourquoi rejeter toujours la faute sur elle alors que ses maris y étaient tout autant pour quelque chose? (De plus, je ne vois pas le rapport)»
Vous ne voyez pas le rapport mademoiselle? Quand on se suicide, quand on a une telle vie remplie de drames, je pense qu'étudier la psychologie de la personne peut aider et regarder dans sa vie ce qui a été ou pas… c'est révélateur. Beaucoup de choses n'ont pas été dans sa vie, son attitude est aussi à mettre en cause. Je passe sur le couple d'Yves Montant qu'elle a brisé, son idylle avec Tony Curtis. Souvent des hommes déjà pris mademoiselle.

«Elle avait vraiment de gros problèmes psychologiques?»
Sans doute moins que vous alors, qui souffrez apparemment du syndrome de «Ce n'est pas de ma faute c'est de la leur laissez moi tranquille Je suis «The president of the United States quand même». Vous ne vous doutez alors pas de ce qu'est la charge de président des États-Unis, un poste où vous êtes seul responsable, vous croyez vraiment que j'ai le temps de m'occuper de préparer l'assassinat d'une starlette, Mademoiselle?

«Bien sûr que si, vous aviez besoin de la tuer, sinon vous ne l'auriez pas fait! Je ne vous parle pas d'ouïs dires, mais de preuves! Et ses insinuations auraient mis fin à votre carrière, et non à la sienne!»
Vous parlez de preuves, mais quelles preuves, Mademoiselle?… je vous parle du carnet, et vous vous contentez de dire «toute la lumière a été faite là-dessus» ou quelque chose dans ce genre, pardon, mais pourriez vous alors être plus précise «mademoiselle»? Si vous avez toutes ces preuves, pourquoi la police ou la presse ne les ont-elles pas révélées? Je crois que vos preuves ne sont pas officielles mademoiselle…on sait ce que cela veut dire… Êtes-vous allée enquêter vous-même? Ou bien avez-vous lu un livre traduit dans votre langue qui vous donne ces preuves? C'est tout à fait différent mademoiselle, dites-moi ce que la police en pense.

Je pense que si elle avait commencé à raconter notre liaison, elle aurait peut-être fait remuer les choses mais le contexte, Mademoiselle, est que nous sommes en guerre, les missiles de Cuba vous disent quelque chose, ou bien préférez vous voir la mauvaise partie de moi qui vous arrange? Je pense que j'aurai entravé sa carrière en faisant pression sur les producteurs, mon père a encore certaines relations dans le milieu… je lui aurait donc enlevé son métier ce qui revenait à la tuer, non? Je suis cynique n'est ce pas, Mademoiselle?

Mademoiselle, je n'ai pas réfléchi aux façons de la faire taire, mais miss Monroe n'était pas un réel danger, je me méfie plus de Castro, de Khrouchtchev et sa clique. Et puis je dois vous dire une chose, je ne suis pas un homme très discret dans mes conquêtes, il est très facile de tout deviner pour chacune des personnes habitant à la Maison Blanche. Hoover est au courant de mes liaisons et compte certainement s'en servir un jour, dites-moi, Mademoiselle, cet homme est-il mort mystérieusement? Je ne sais pas du tout. Voyez-vous je compte le renvoyer si je suis réélu mademoiselle.
De plus il n'est pas dans l'intérêt de la presse de révéler ce qu'ils savent depuis toujours, ils le savent bien sûr, miss Monroe n'est pas discrète non plus. Ils ne veulent pas casser mon image ni celle de Jackie, Mademoiselle.

«Elle a sciemment et égoïstement accepté d'avoir une relation avec moi puis avec mon frère.»
Pourquoi égoïstement? Ne venez pas me raconter, s'il vous plaît «Monsieur le Président», qu'elle vous a violés, vous et votre frère? Elle ne recherchait là dedans que son propre intérêt, ne pouvait-elle pas comprendre qui j'étais.

«Quel intérêt avait-elle, idole du cinéma, à devenir la femme du président?»
Dans un adultère, Mademoiselle, nous sommes deux. Je suis coupable je le sais bien, mais miss Monroe savait également que j'avais une femme qu'elle détestait d'ailleurs, et 2 enfants. Si je n'arrive pas à garder le contrôle là-dessus, miss Monroe ne le peut non plus mademoiselle. Je vous répète qu'elle ne m'aimait pas, sinon elle n'aurait pas sauté dans les bras de mon frère si rapidement, pour quelle genre de femme passe-t-elle?

Vous demandez quel intérêt miss Monroe avait à être la femme du président des États-Unis, là n'est pas le problème! Voyons, elle voulait être ma femme tout court et c'était impossible. Si cela avait été le cas, elle aurait trouvé un problème de toute façon. C'était un caprice. Je ne l'aimais pas, elle était trop instable. Je suis désolé mais contrairement à vous je ne l'admirais pas. J'admire Jackie et jamais je n'ai regretté d'avoir épousé une femme comme elle.

«En ce qui concerne les écoles, oui je devais être le meilleur»
Excusez-moi, mais je ne vois vraiment pas en quoi cela est une réponse à ma question, qui était, je vous le rappelle: Pourquoi étiez-vous sensé être le meilleur? Ahahaha des lunettes s'imposent mademoiselle, je vous ai déjà expliqué que je devais prendre la relève de mon frère, je devais être homme politique et à terme être président. Vous n'ignorez pas que le président ne doit pas être stupide. Néanmoins mon père me pardonnait mes mauvaises notes en latin. Bien sûr c'était momentané, je devais me reprendre.

«Vous n'acceptiez pas sa disparition.» Je vous rappelle, «Monsieur le Président» que si je n'acceptais pas sa disparition nous n'aurions pas cette discussion.»
C'est-à-dire? Vous n'acceptez pas sa mort, vous n'acceptez pas qu'un jour sous le coup de l'impulsivité une femme qui, sous le voile de la gloire, a eu une vie misérable, puisse se suicider? Vous voulez à tout prix m'accuser et attendez que je vous dise, aha aha oui c'est moi, vous êtes la plus forte! Non, Mademoiselle, je crois qu'il serait mal vu que le président ou l'attorney général puissent commanditer un meurtre. Ce serait entre autre prendre trop de risques en cas de découverte.

Vous lancez de telles accusations depuis votre petit fauteuil, allez-y ,étonnez moi, enlevez vos oeillères qui vous font voir miss Monroe d'une telle façon, la connaissiez vous? Hors de ses films? Avez-vous parlé à un de ses proches? Vous avez lu un livre qui rapporte ce que quelqu'un rapporte déjà d'une autre personne. Quelles investigations mademoiselle! Ne vous contentez pas des apparences, recherchez la vérité par vous-même.

«Elle donnait vraiment l'impression de ne pas avoir de cervelle»? Pourtant, dans votre précédente lettre, vous disiez «miss Monroe n'était pas si fragile, elle était très intelligente».
Savez-vous ce que veut dire «impression», Mademoiselle? J'ajoute d'ailleurs dans ma réponse que c'est faux (relisez)

«J'ajoute simplement une anecdote en ma défaveur, l'actrice Shirley Mac Laine ne s'est pas gênée pour me repousser vertement! (Toujours aucun rapport...)»
Pourquoi miss Monroe ne m'a-t-elle pas repoussé, Mademoiselle? Elle a couché avec des producteurs et les scénaristes au début de sa carrière pour avoir des rôles… si c'était répréhensible, pourquoi ne les a-t-elle pas repoussé? Le besoin d'amour? S'il vous plaît, elle savait quand même faire la différence.

«Vraiment madame, je n'avais pas besoin de la faire tuer comme vous le sous-entendez, j'aurai pu l'empêcher de parler de bien d'autres manières.» Ah Bon? Je suis curieuse de savoir comment... Ah mais oui, je me souviens de cette histoire où Frank Sinatra (un ami à vous notoire) l'avait invitée à une soirée, l'avait droguée, et avait fait prendre des photographies d'elle en train de se faire violer par lui-même et un autre homme, pour soi-disant avoir des objets pour faire, le cas échéant, pression sur elle.»
Vous y étiez, Mademoiselle? Je doute que ce soit Franck ou d'autres qui aient raconté cela. Vous avez vu les photos? Je puis vous assurer que miss Monroe était bien consciente, Mademoiselle.

«Je ne dirais rien de plus sur votre «amour» envers Jackie.»
Oui, Mademoiselle, je vous en remercie, on ne parle pas de ce qu'on ne connaît pas. Nous avons eu deux enfants je vous le rappelle. Je l'ai trompée, certes, mais cela ne m'a jamais empêché de l'aimer. Ce n'est pas incompatible. Vous qui savez tout, Mademoiselle, dites-moi comment moi et Jackie nous nous sommes rencontrés? Comment nos relations ont peu a peu évolué? Vous ne savez rien, vous portez un jugement contemporain sur des faits passés avec votre jugement et les valeurs de votre temps. N'oubliez pas cela mademoiselle. Vous ne savez rien.

«Cependant, si vous voulez parler de politique, j'aimerais savoir si vous savez que vous allez être tué? Peut-être en raison de vos liaisons si... Avec Frank Sinatra, qui est un grand ami du Parrain de la mafia (je ne me souviens plus de son nom), qui vous a si bien «aidé» à gagner les élections...»
Je ne pensais pas que votre agressivité vous pousserait à proférer de telles insultes, alors on va me tuer à cause de Sinatra…. vous me faites rire mademoiselle…. Sachez néanmoins que mon frère et moi, Mademoiselle, avons activement lutté contre la mafia bien avant mon élection. Je ne nie pas les relations de mon père avec Giancana, je ne nie pas les relations de miss Monroe avec Giancana (tiens tiens)…

Bob en tant qu'attorney livre un combat contre la mafia. Renseignez vous.

«Priez, Monsieur, et si Votre Seigneur le veut (et dans ce cas je ne me remettrais jamais à son jugement, ce serait trop dangereux), vous serez réélu... Vous vous en prenez même à Dieu, Mademoiselle….quelle violence!  Dommage j'aurais beaucoup aimé vous rencontrer.

«Priez peut-être aussi la Mafia, ce sera sans aucun doute encore plus rapide et efficace..»
Je vous le dis entre nous, mais la mafia n'a pas assez de moyens pour tuer le président des États-Unis… tournez-vous plutôt vers nos chers amis soviétiques. Si cela devait arriver, je pense que Johnson essaierait de cacher les preuves de leur implication pour éviter une guerre ouverte. Je suis d'accord avec lui… voilà bien une chose sur laquelle nous nous entendons, assurer la paix.

Avez-vous eu assez de «Mademoiselle», Mademoiselle?

John F. Kennedy, president of the United States of America


Premièrement, si vous tenez tellement à me parler d'autre chose, pourquoi ne pas le faire, tout simplement?

Quand ai-je dit que vous ne m'intéressiez pas? Ce qui me surprend, plutôt, c'est votre ardeur à vous défendre contre mes «minables» accusations, alors que vous ne devez pas avoir tout votre temps, monsieur le président!

«Elle n'avait qu'à le quitter?» Elle pensait qu'il l'aimait, et l'a quitté peu après une violente dispute, où il l'aurait beaucoup frappée, tellement qu'elle avait dû mettre un foulard pour se cacher le visage!

«Ce n'était pas méchant»: bien sûr que si, «monsieur le président»! Mais il est vrai que ce genre de choses ne peuvent atteindre un amateur de femmes comme vous, préférant sans doute les formes à l'esprit!

Ne venez pas me dire, «monsieur le président», que vous ne donnez pas de surnom à vos... amantes? (Jackie, je ne sais pas) Combien d'hommes aiment les poitrines plantureuses, pensant se retrouver contre le corps maternel?

«Je passe sur le couple d’Yves Montand qu’elle a brisé, son idylle avec Tony Curtis. Souvent des hommes déjà pris, mademoiselle». Pourquoi vous tuez-vous à me donner les noms de certains de ses amants en accentuant le fait qu'ils aient été mariés? Ne venez pas me dire qu'ils n'étaient pas d'accord; c'était dans ce cas à eux de refuser! Ou alors peut-être êtes-vous tous esclaves de vos pulsions?

Ce que pense la police? Ai-je même besoin de vous rappeler que le président peut cacher ce qu'il veut, et qu'il est intouchable? Dois-je vous dire que la police a tellement bien étouffé l'affaire, allant même à arrêter ceux qui la continuait à leur compte? Car, bien sûr, il eût été inconcevable que «The President» y soit pour quelque chose! C'eût été une tâche sur son honneur! Et tout le monde vous adore, n'est-ce pas?

Oui, j'ai enquêté. Oui, j'ai cherché. Mais de part votre position, vous pouvez me raconter ce que vous voulez... C'est votre problème après tout!

Que savez-vous de ses sentiments? Avez-vous même pensé à essayer de les comprendre, vous dont les innombrables liaisons sont tout autant connues que les siennes? Pourquoi continuez-vous à dire que c'était seulement dans son intérêt qu'elle voulait vous épouser? Vous n'en savez rien, apparemment, et je tire mes conclusions de votre compréhension des femmes, qui me paraît assez limitée.

«En ce qui concerne les écoles, oui je devais être le meilleur»: excusez-moi, mais je ne vois vraiment pas en quoi cela est une réponse à ma question, qui était, je vous le rappelle, «pourquoi étiez-vous censé être le meilleur?», «Ahahaha, des lunettes s’imposent mademoiselle, je vous ai déjà expliqué que je devais prendre la relève de mon frère, je devais être homme politique et à terme être président. Vous n’ignorez pas que le président ne doit pas être stupide! Néanmoins mon père me pardonnait mes mauvaises notes en latin. Bien sûr c’était momentané, je devais me reprendre.» Ce n'est pas l'homme qui décide s'il va être stupide, «monsieur le président». Vous devriez le savoir! Donc votre argument ne tient pas. À moins que, peut-être, vous ayez payé l'école pour qu'elle falsifie vos bulletins...

«Vous n’acceptiez pas sa disparition»: je vous rappelle, «monsieur le président» que si je n'acceptais pas sa disparition nous n'aurions pas cette discussion». C'est-à-dire? «Vous n’acceptez pas sa mort, vous n’acceptez pas qu’un jour sous le coup de l’impulsivité une femme qui sous le voile de la gloire, a eu une vie misérable, puisse se suicider? Vous voulez à tout prix m’accuser et attendez que je vous dise, aha aha oui c’est moi, vous êtes la plus forte! Non, mademoiselle, je crois qu’il serait mal vu que le président ou l’attorney général puissent commanditer un meurtre. Ce serait entre autre prendre trop de risques en cas de découverte. Vous lancez de telles accusations depuis votre petit fauteuil, allez y étonnez moi, enlevez vos œillères qui vous font voir miss Monroe d’une telle façon, la connaissiez vous? Hors de ses films? Avez-vous parlé à un de ses proches? Vous avez lu un livre qui rapporte ce que quelqu’un rapporte déjà d’une autre personne. Quelles investigations mademoiselle! Ne vous contentez pas des apparences, recherchez la vérité par vous-même».

Bien. Une petite chose, déjà: Je lance mes accusations de mon petit fauteuil. Si vous voulez. Seulement, je voudrez vous faire remarquer que vous en faites de même, peut-être juste dans un fauteuil plus grand. Il est vrai que vous pouvez tout à fait, si cela vous chante, m'expliquer que vous la connaissiez bien mieux que moi. Je vais donc jouer à votre jeu, et vous expliquer que je la connaissais extrêmement bien, tout en taisant mon identité. Et je peux vous assurer, plus que tout au monde, que le moment où elle s'est suicidée était le moment où elle s'était reprise; grâce à mon aide et d'autres proches à elle. Elle prenait un tournant nouveau, comptait changer...

«Elle a couché avec des producteurs, scénaristes au début de sa carrière pour avoir des rôles…» C'est faux!

«Vous y étiez, mademoiselle? Je doute que ce soit Franck ou d’autres qui ont raconté cela. Vous avez vu les photos? Je puis vous assurer que miss Monroe était bien consciente, mademoiselle.» Ce n'est pas Franck qui me l'a raconté, mais je l'ai entendu en parler à un autre. Et j'ai vu les photos. Vous, sans doute, avez apparemment besoin de lunettes. Ou alors vous n'avez pas vu ces photos!

«Je ne pensais pas que votre agressivité vous pousserait à proférer de telles insultes, alors on va me tuer à cause de Sinatra… Vous me faites rire, mademoiselle». Ceci n'était pas une insulte, Monsieur! C'était seulement un avertissement, et je ne voulais pas du tout vous faire rire. Cela doit bien être la seule parole «gentille» que j'aie bien pu vous adresser!

«Sachez néanmoins que mon frère et moi, mademoiselle, avons activement lutté contre la mafia bien avant mon élection. Je ne nie pas les relations de mon père avec Giancana, je ne nie pas les relations de miss Monrœ avec Giancana» (tiens tiens!). Je sais en toute connaissance de cause que Sam (Giancana) vous a aidé pour les élections! Toujours de Frank, qui revenait souvent dans les lieux où j'étais invitée.

Assurer la paix. C'est vrai que c'est un beau but. Dans ce cas, monsieur le président, si vous avez le temps de me répondre, profitez-en pour me donner votre avis sur les bombes atomiques sur Nagazaki et Hiroshima, je serais très curieuse de le lire!

Avec mes salutations, et dans l'attente d'une réponse,

A.K

AK,

Tout d’abord, veuillez m’excuser pour le délai de réponse, en tant que président, je ne maîtrise pas souvent mon temps. J’ai des questions à vous poser, chère demoiselle, mais il faut d’abord me prouver que vous étiez une amie de miss Monroe. Vous devez être, comment dire, âgée, n’est-ce pas? Expliquez-moi ça. Donnez-moi des détails. Au fait, ne devrais-je pas vous faire tuer? Ne devrais-je pas vous envoyer la CIA? Ahahahaha!

En ce qui concerne les bombes atomiques, je ne sais pas si on peut avoir un avis; nous étions en guerre contre un peuple plus que déterminé à vaincre. Ils seraient morts jusqu’au dernier, anéantissant leur chance de se relever et tuant beaucoup de nos soldats. Trop… En cela, nous devions le faire, arrêter la guerre à tout prix. Il s’agissait surtout, mademoiselle, de circonstances vraiment particulières. Peut-être aurions-nous dû être jugés pour ça, c’est difficile! Nous avons tué des civils, mais eux aussi, et de façon honteuse. J’attends toute votre agressivité sur ce sujet; je suis sûr que je n’ai pas répondu comme il faut, n’est ce pas? Je vais un peu vous parler de moi mais justement j’ai vécu une année 1962 assez terrible. J’ai absolument tout fait pour éviter une guerre nucléaire, mes généraux me désavouaient sur ce point. Bob, Kenny et moi avons dû utiliser des ruses de sioux. Nos fusées en Turquie étaient obsolètes et nous avons échangé leur retrait contre celui des fusées de Cuba. Comme Roosevelt à la place de Truman, un autre que moi aurait-il agi de la sorte? Nous avons échappé à un cataclysme, chère demoiselle, vous cernez mieux ce que je pense de la bombe atomique?

En ce qui concerne votre message, je pensais avoir été clair et c’est moi qui ne comprends plus vos arguments. Par exemple : «"En ce qui concerne les écoles, oui je devais être le meilleur" Excusez-moi, mais je ne vois vraiment pas en quoi cela est une réponse à ma question, qui était, je vous le rappelle: pourquoi étiez-vous censé être le meilleur?» Hahaha, des lunettes s’imposent, mademoiselle, je vous ai déjà expliqué que je devais prendre la relève de mon frère, je devais être homme politique et à terme être président. Vous n’ignorez pas que le président ne doit pas être stupide! Néanmoins, mon père me pardonnait mes mauvaises notes en latin. Bien sûr, c’était momentané, je devais me reprendre.

«Ce n'est pas l'homme qui décide s'il va être stupide, monsieur le président. Vous devriez le savoir... Donc votre argument ne tient pas. À moins que, peut-être, vous ayez payé l'école pour qu'elle falsifie vos bulletins...» Premièrement, je n’ai pas fait falsifié mes bulletins! Quelle méchanceté, mademoiselle, c’est incroyable! Je ne comprends pas le rapport entre ce que je vous ai dit et «ce n’est pas l’homme qui décide s’il va être stupide». Rappelez-vous que je ne suis pas idiot, mademoiselle, ne l’oubliez pas. Si j’avais fait tuer miss Monrœ, vous n’auriez rien retrouvé. Vous le dites vous-même, un président à couvrir et bien couvrir non? Pourtant vous avez trouvé des preuves.

Vous êtes drôle, mademoiselle, vous croyez les histoires de personnes voulant se donner de l’importance. Quand une star meurt comme ça, subitement, c’est certain qu’il y a des rumeurs et ça en constitue le mythe, non? Je suis sûr que sa mort «superbe» lui a donné une dimension éternelle qu’elle n’aurait jamais espéré. Je dois vous choquer, mais avouez que c’est la vérité.

Je crois m’être assez expliqué là-dessus, mademoiselle, alors si vous n’avez pas d’éléments tangibles à me soumettre, je vous suggère d’arrêter de me parler comme ça. Votre précédent message ne faisait que réfuter assez naïvement ce que je disais.

Cordialement,

John.F. KENNEDY, President of the United States of America


Il est hélas de mon intérêt d'arrêter une conversation ridicule sur ce sujet d'école, puisque vous vous obstinez à tourner autour du pot sans me répondre. Je vais donc passer à autre chose, bien que vos prétextes (on ne peut que les nommer ainsi), me semblent vraiment tirés par les cheveux.

«Vous le dites vous-même, un président à couvrir et bien couvrir non?» Excusez-moi, mais je ne suis pas sûre de comprendre le sens de votre phrase. Vous serait-il possible de bien vouloir m'en expliquer le sens? En outre, si vous êtes le président des États-Unis, je suis -du moins j'étais- une amie intime de Marilyn Monroe. N'ayant pas demandé de preuves de votre identité, je réponds donc négativement à votre demande de preuve.

Concernant la bombe atomique, je vous en prie, vu ce que vous avez commis comme autres actes au Japon... Il est vrai que les Japonais ont commis des horreurs, mais ils n'ont pas fait ce que vous avez fait, et là est la différence!

Votre naïveté serait à remettre en cause. Sous prétexte d'être le président, vous voulez me faire croire que vous ne l'avez pas tuée; pourquoi casser votre mythe? Je possède des éléments de preuves, que pour la plupart vous paraissez ne pas accepter.

Dans l'attente (vaine?) d'une réponse,

A.K

Je réponds clairement, par contre j'attends vos précieuses preuves, je vous les demande depuis le début. Vos messages sont calomnieux tandis que je vous explique patiemment avec des détails nombreux.

Si j'avais fait tuer miss Monroe et si je bénéficiais d'une couverture comme vous semblez le penser, vous n'auriez donc pas trouvé de preuves; et puis pourquoi ne pas les avoir donné à la police et fait ouvrir un procès si elles sont si accablantes? Vous avez des éléments contre moi et pourtant vous êtes toujours en vie… alors? Pourquoi j'aurais fait tuer miss Monroe? Quel serait mon mobile? nous venions de deux mondes bien différents.

Si vous m'écrivez, c'est que vous savez qui je suis, non? Je suis John Fitzgerald Kennedy, le président des États-Unis qui a falsifié ses bulletins…! Au secours, vite, appelez la police, le président est en fait un imbécile!

Je vous préviens, Mademoiselle, vous n'êtes pas crédible: tant que je n'aurai pas des éléments qui prouvent votre amitié avec Marilyn Monroe, je ne pourrais continuer sur ce terrain… comprenez-moi ,mais vous devez être une dame âgée, non?

Vous vous adressez à moi ou aux États-Unis pendant la guerre? Personnellement je n'ai pas à vous expliquer ce qu'est une guerre, je vous rappelle néanmoins que les Japonais ont coulé mon navire et que j'ai échappé à la mort miraculeusement. J'ai quand même beaucoup souffert et je pense que cette satanée maladie vient de là.

En ce qui concerne les États-Unis, sachez que sans nous et l'URSS (il faut bien le reconnaître), vous seriez japonaise ou allemande. Les Japonais ont attaqué par surprise Pearl Harbor, un dimanche, ils ont massacré tous les civils. Ils ont massacré tous les civils de Mandchourie en 1931, ils ont massacré tous les civils des îles du Pacifique, et combien de nos jeunes gars sont morts horriblement pour sauver la paix! Cela a duré jusqu'en 1945 alors que l'Allemagne était vaincue: les Japonais seraient morts jusqu'au dernier, les populations allaient subir des pertes irréversibles et un néant économique irréparable. Je ne discuterai pas de la bombe atomique que je condamne, vous le savez, mais je dis juste qu'elle a permis d'arrêter une guerre destructrice. Il était temps de pleurer nos morts et de reconstruire un monde libre et en paix. Il n'est pas possible de comparer les horreurs commises en temps de guerre, Mademoiselle, ne le faites pas.

Alors tuer miss Monroe fait partie de mon mythe? Vous en êtes sûre? Eh bien croyez-moi, je me passerais de cet élément, il n'est pas envisageable de ne retenir que ça de moi, vous vous trompez. Je suis le président, je fais de la politique, je ne suis pas un artiste, je ne vois pas pourquoi je serais un mythe!

Vous êtes tellement sûre de vous, prouvez-le et dites-moi tout, sinon je vous suggère de suivre ce conseil: le doute profite toujours à l'accusé.

John F. Kennedy, President of the United States of America

«Vous le dites vous-même, un président à couvrir et bien couvrir, non?» Eh bien, vous ne paraissez pas saisir que cette phrase est contraire à la grammaire française, et qu'en conséquence, elle ne veut rien dire. Cependant, étant donné votre origine, je vous propose (si vous trouvez encore quelque chose à redire sur ce sujet) de converser en anglais, votre langue maternelle.

Toute dame âgée que je suis, je suis curieuse de savoir comment je pourrais vous fournir des preuves attestant que je l'ai connue, par mail?

Je ne parlerais pas de ce que les Américains ont commis au Japon, et autre part... Ce sujet, je pense, est clos, à moins que vous n'ayez quelque chose à rajouter.

Apparemment, il faut que je m'exprime plus clairement (et je renouvelle ma proposition de passer du français à l'anglais, puisque vous paraissez avoir du mal): casser votre mythe serait casser votre image de président parfait, qui a eu une liaison avec une actrice dépressive, qui s'est suicidée... De même, pour toutes les preuves que vous souhaitez, je me vois dans l'obligation de vous faire remarquer que, par mail, je ne vois pas comment accéder à votre requête...

«Le doute profite toujours à l'accusé.» Que voulez-vous dire par là? Je ne comprends pas l'introduction de cette citation, peut-être vous êtes-vous trompé de contexte...

A.K

Chère mademoiselle A.K

Je réponds donc une énième fois à vos attaques… Vous m'avez demandé à deux reprises ce que signifiait la phrase «un président à couvrir et bien couvrir», vous m'aviez l'air épouvantée et finalement c'est juste pour me répondre que c'est une faute de grammaire! Eh bien si vous voulez chère mademoiselle, le latin n'a jamais été ma matière préférée mais vous auriez dû voir que c'était fait exprès. De plus, je parle déjà dans ma langue maternelle, c'est Monsieur Dumontais et son équipe qui traduisent. Vous ne semblez pas connaître ce fonctionnement?

J'attends de vous à présent des preuves irréfutables de mon implication personnelle dans la mort de miss Monroe. Je veux bien reconnaître que notre petite histoire a pu ajouter à son chagrin, mais elle était déjà bien fragile. Vous étiez proches? Que vous a-t-elle confié? Donc, mon mythe c'est d'être un président parfait qui a eu une histoire avec une actrice morte tragiquement?

Très sincèrement, je sais que je ne suis pas un président parfait, vous ne connaissez vraiment rien à la charge que j'occupe… je vous répète que mon histoire avec miss Monroe n'a pas duré, j'ai été un homme de plus dans sa vie.

Je ne vous demande pas des preuves écrites de ma pseudo-implication, je pense que vous êtes capable de me donner des noms, lieux,.. que sais-je? Dans le cas contraire, je vous demande de bien vouloir cesser ces accusations non fondées. Il ne suffit pas de dire : «vous l'avez tuée, je le sais, j'ai enquêté, j'ai mes preuves»! «Le doute profite toujours à l'accusé» n'est pas une citation chère mademoiselle, c'est une sorte de proverbe, voyez-vous. Je pense que vous m'accusez sans la moindre preuve. Vous me dites «Oh oui j'ai des preuves, mais oh non, je ne peux pas vous les montrer… mais avouez quand même!» Vous plaisantez?

A une prochaine fois donc pour une nouvelle discussion inutile dont vous avez le secret.

John F. KENNEDY, President of the United States of America


Il est très regrettable que votre/s traducteur(s) ait/ent des problèmes dans l'utilisation de la langue qu'il(s) se devrait/ent de connaître...
Mais, passons.

Quel intérêt à répéter je ne sais combien de fois des choses dont vous ne paraissez pas comprendre le sens? Un conseil, Monsieur le président, changez de traducteur(s)!

Des preuves, noms de lieux, dates, que vous êtes mêlé à sa mort:

(Témoignage de Norman Jefferies), disant qu'entre 15 et 16 heures, votre frère Robert Kennedy est arrivé à la maison de Marilyn, accompagné de Peter Lawford. Il a demandé à Jefferies et à Eunice Murray de quitter les lieux, d'aller dans un supermarché pour acheter des cocas.

À leur retour, les visiteurs étaient partis, laissant Marilyn en pleine crise d'hystérie. Jefferies: «Je ne l'oublierai jamais. Marilyn était complètement hystérique. Je n'avais jamais vu ça. Elle avait une trouille noire et, en même temps, elle était absolument furieuse».

Les révélations de Jefferies ont été corroborées par Sidney Guilaroff. Il avait parlé à Marilyn ce samedi, deux fois. Elle paraissait «bouleversée et déprimée». Guilaroff: «Quand Marilyn a appelé, elle était complètement hors d'elle. Elle était en larmes et j'avais du mal à la comprendre. Quand j'ai réussi à la raisonner et lui ai demandé quelque chose du genre «Mais qu'est-ce qui se passe, ma chérie?» elle m'a dit: «Bobby Kennedy est venu ici et il m'a menacée, il a crié après moi et m'a bousculée.» J'ai dû répondre plus ou moins «Qu'est-ce que Robert Kennedy fichait chez toi?» parce que je n'en croyais pas mes oreilles. Je ne savais strictement rien de son aventure avec Bobby, moi qui croyais être au courant de tout! Je savais pour Jack, mais elle m'a dit qu'elle avait eu une aventure avec Bobby en plus de Jack, et que tout était allé de travers. Maintenant, elle avait la trouille et se croyait terriblement en danger. Bobby avait l'impression qu'elle représentait un problème et lui avait dit: «Si tu me menaces, Marilyn, ON ne manque pas de moyens pour te faire taire.»

Ces révélations coïncident aussi avec les déclarations de Fred Otash. Celui-ci a déclaré que les écoutes avaient enregistré en continu une querelle entre Marilyn et Bobby Kennedy tandis qu'ils passaient d'une pièce à l'autre. «Marilyn et Bobby se disputaient violemment, et elle lui a dit: »J'ai l'impression d'avoir été jetée! J'ai l'impression d'avoir été utilisée!» Earl Jaycox, l'assistant de Bernard Spindel, a confirmé qu'ils se criaient après et que Marilyn hurlait, tandis que Kennedy essayait de la convaincre de lui donner son journal et les papiers, et vociférait: «Où est-il ? Où est-il?» Elle cria qu'on la traitait comme un «morceau de viande».

En 1958, Anthony Summers a été mis en contact par Mark Monsky avec quelqu'un du gouvernement qui avait écouté une quarantaine de minutes des bandes. Elles ont révélé deux visites de Robert Kennedy. Lors de la première, la discussion a viré à l'altercation, et ils se sont bagarrés. De plus, Kennedy paraissait chercher quelque chose car il n'arrêtait pas de répéter: «Où est-il? Où est ce putain de truc?»

Après la crise de Marilyn, Eunice Murray aurait appelé le Dr Greenson, qui est arrivé entre 16 heures 30 et 17 heures.

Guilaroff raconte qu'invité à une soirée de Peter Lawfod, il aurait parlé au téléphone avec Marilyn entre 20 heures et 20 h 30. Elle aurait terminé leur conversation en ajoutant: «Tu sais, Sidney, je sais un tas de secrets sur les Kennedy.» -«Quel genre de secrets?» a-t-il demandé. -«Des dangereux.»

Durant la nuit, une voisine de Marilyn (Elizabeth Pollard) qui avait invité ses amies à jouer aux cartes, a vu «Kennedy entrer dans la maison de Marilyn juste après le crépuscule.» «Bobby Kennedy est carrément passé par la fenêtre pour pénétrer chez Marilyn.» Les femmes dirent que le ministre était accompagné de deux hommes. La police qualifia ce témoignage d'aberrant.

La ligne directe de Marilyn sonna peu après 21 h 30. C'était José Bolanos, un ami. Il dit que Marilyn lui avait révélé quelque chose de scandaleux, qui serait un jour un choc pour le monde entier. Puis Marilyn posa l'écouteur. Il y avait eu un bruit à la porte, et elle était allée voir.

Jefferies raconte qu'entre 21 h 30 et 22 heures, Robert Kennedy apparut à la porte et lui dit, ainsi qu'à Eunice Murray, de déguerpir. Il se réfugièrent chez des voisins.

À 22 h 30, Peter Lawford reçut un appel alarmant de Marilyn, qui perdit connaissance. C'est aussi à ce moment là que Jefferies vit les trois hommes partir.

Il se précipita chez l'actrice, qui était dévêtue, allongée en travers du divan. Eunice Murray appela le Dr Greenson, qui arriva quelques instants après, et voulut lui injecter une piqûre d'adrénaline dans le cœur. La piqûre heurta une côte; quelques instants plus tard, Marilyn mourut.

Il est avéré que les deux hommes qui accompagnaient Kennedy étaient des détectives privés, chargés d'assurer sa sécurité. Robert Kennedy était en présence de Marilyn quand celle-ci reçut une dose de médicament, assez forte pour tuer quinze personnes.

Tous ces événements se sont produits au Fifth Helena Drive, la maison de Marilyn.

Maintenant, Monsieur le Président, je n'ai plus qu'une question:

Voulez-vous me faire croire que vous n'étiez pas au courant de ce qu'a fait votre frère?

Mademoiselle,

Je connais mon frère et je pense que miss Monroe a exagéré! Je tiens à vous redire que notre liaison fut brève, nous nous sommes vus deux ou trois fois. Ce qu'elle a fait avec Bobby ne me regarde pas; je suis président, je ne joue pas les entremetteuses, hahaha! Elle ne m'aimait pas et moi non plus; elle est allée avec Bobby libre et consentante et n'a eu aucun regret à briser une grande famille. Bobby non plus, je sais, mais nous parlons de la merveilleuse et parfaite Marylin, n'est-ce pas? Laissez-moi rire!

De plus, ce Sidney Guilaroff aurait dû venir chez Marilyn immédiatement si elle s'était sentie si mal que ça; c'est la moindre des choses quand on se dit son ami! Personne n'est venu cette nuit-là, personne n'est venu la réconforter, la calmer, la protéger l'empêcher de se tromper dans les doses peut-être…

Je sais que miss Monroe venait d'être renvoyée de la Fox à cause de ses retards, ses absences, ses trous de mémoire… N'oublions pas le mariage de «papa» alias Arthur Miller avec une plus jeune qui allait lui donner un enfant! Imaginons un peu l'état de Marilyn… Comment voulez-vous qu'elle aille bien en se souvenant de ses deux grossesses inachevées? Vous savez bien que Marilyn se droguait et buvait en même temps, cela avait souvent failli la tuer déjà!

Cette femme, qui était soi-disant manipulée, soi-disant innocente et «utilisée» tenait un journal où elle écrivait tous les secrets d'état que moi, ou les hommes influents avec qui elle a pu être, lui avons confié en toute confiance! Miss Monroe connaissait les enjeux de l'époque, un temps où les espions sont partout… Elle a joué avec le feu.

Ce carnet n'a pas été retrouvé. En effet, Bobby a dû le trouver… Pourquoi la tuer? Je pense qu'elle aurait provoqué un scandale qui aurait mis fin à sa carrière, nous aurions pu l'empêcher de tourner… Mais la tuer? Prendre un tel risque pour une simple actrice qui jouait les Mata-Hari! Je ne sais pas pourquoi elle écrivait ce que les hommes lui disaient en toute confiance. Le savez-vous?

Vous connaissez vraiment ce Fred Otash? C'était un proche de Jimmy Hoffa, la pire ordure! Il nous déteste, moi et Bobby! Facile de se venger sur mon frère et de couvrir peut-être le véritable meurtrier! Avec la mafia on peut s'attendre à tout et Marilyn était proche de ce milieu.

Des secrets dangereux? Ca ne m'étonne pas, elle aurait pu être recrutée par les communistes! Hahahah! Pendant la nuit, on voit ce qu'on veut! Pour se mettre en valeur on raconte ce qu'on croit avoir vu et entendu.

«La ligne directe de Marilyn sonna peu après 21 h 30. C'était José Bolanos, un ami. Il dit que Marilyn lui avait révélé quelque chose de scandaleux, qui serait un jour un choc pour le monde entier; puis Marilyn posa l'écouteur. Il y avait eu un bruit à la porte, et elle était allée voir». Est-elle revenue après? Donc je suppose que José Bolanos est mort aussi mystérieusement? Hahahaha!

«Jefferies raconte qu'entre 21 h 30 et 22 h, Robert Kennedy apparut à la porte et lui dit, ainsi qu'à Eunice Murray, de déguerpir. Il se réfugièrent chez des voisins».
Je n'arrive plus à vous suivre… Il serait venu combien de fois? Une fois par la porte pour dire à son personnel d'aller chercher des coca, une autre fois par la fenêtre... Et là, re-Bobby à la porte, Marilyn était au téléphone avec monsieur Bolanos, non? Elle lui a dit que mon frère était là, qu'elle avait peur? Elle aurait pu appeler à l'aide, non, dans l'intervalle? Bobby serait quand même venu la menacer trois fois?

«À 22 h 30, Peter Lawford reçut un appel alarmant de Marilyn, qui perdit connaissance. C'est aussi à ce moment là que Jefferies vit les trois hommes partir.» Peter est mon beau-frère ainsi que celui de Bobby… De mieux en mieux!

Norman Jefferies était à une soirée. Non, je ne saisis pas comment elle a pu le trouver, l'appeler, alors qu'il n'était pas chez lui. Si elle était si mal que ça, il aurait dû venir tout de suite! Bobby aurait donc pu se faire surprendre à tout moment! Voyons..

«Il se précipita chez l'actrice, qui était dévêtue, allongée en travers du divan. Eunice Murray appela le docteur Greenson, qui arriva quelques instants après, et voulut lui injecter une piqûre d'adrénaline dans le cœur. La piqûre heurta une côte; quelques instants plus tard, Marilyn mourut.» Parlons-en, d'Eunice Murray: son rôle n'était-il pas de surveiller Marilyn Monroe? Je suppose que cet échec doit être un lourd fardeau à porter. Il est plus facile de décharger sa conscience sur un autre.


«Il est avéré que les deux hommes qui accompagnaient Kennedy étaient des détectives privés, chargés d'assurer sa sécurité. Robert Kennedy était en présence de Marilyn quand celle-ci reçut une dose de médicament assez forte pour tuer quinze personnes».

Qu'en savez-vous? Miss Monroe était sur écoute et vous pensez vraiment que Bobby ne le savait pas? En tant qu'Attorney général? Que disent les bandes, alors? On entend Marilyn se débattre pendant que mon frère lui fait une injection? Absurde! Comment connaît-on l'identité de ces pseudo-détectives? Vous pensez vraiment que mon frère est assez stupide pour qu'on retrouve ses prétendus complices! Il aurait mis en cause deux personnes, deux personnes qui pourraient le trahir? C'est n'importe quoi. Et puis pourquoi mon frère serait-il resté en personne assister à la mort de Miss Monroe?

Toutes les personnes que vous me citez auraient pu parler ensemble  à la police ou aux journaux, non?

Vous avez l'avantage des années d'enquête personnelle (pas sûr!), mais vous avez l'inconvénient des légendes, des fausses rumeurs. C'est une mort tragique et inacceptable donc on veut se consoler; on refuse la réalité, on invente et ça forge un mythe. C'est une réaction typique chez l'être humain.

Les affaires de mon frère ne regardent que lui, je le connais et jamais il n'aurait pu faire cela.

Bien à vous,

John F. Kennedy, President of the Unided States

Bien!
 
Étant donné que, non content de vous contredire sans cesse, vous n'êtes pas en mesure de vous procurer un meilleur traducteur (j'ai noté une différence, mais des fautes persistent! De la part du personnel d'un président, tout de même!), je ne vois pas l'intérêt de continuer cette discussion! Vous pouvez tout aussi bien me répondre, mais vous me semblez très occupé (vu le nombre de mois qui s'écoulent pour obtenir une réponse), et je le suis également (bien que je puisse répondre bien plus rapidement, mais passons! Vous êtes «président des États-Unis»!)...
 
A.K
 
P.S.: Pourquoi les journaux n'en auraient pas parlé? Mais, voyons! Voulez-vous seulement tenter de me faire croire que la liberté de la presse est assez grande, dans votre pays, pour qu'on y révèle toutes les magouilles que traficote le président? Un peu de sérieux, s'il vous plaît! De plus, vous dites qu'elle appartenait au milieu de la mafia (Je ne me répèterai pas, regardez au début de notre correspondance ce que la mafia lui a fait)! Ne confondez pas Marilyn Monrœ et vous-même, monsieur le président!
 
Toutes les dates, tous les horaires, les lieux... Ce sont des témoignages, monsieur le président! Il est sûr que prendre des bouts de phrases et les mettre en contradiction est très simple! De plus, j'admire votre certitude concernant un moment auquel vous n'avez point assisté, mais que vous paraissez connaître mieux que quiconque!
 
Enfin, je vous rappelle que le carnet où elle notait les secrets d'états, etc. Je les évoquais au début de notre correspondance!

Chère A.K,

Lors de mes rares moments de liberté, c'est toujours un «plaisir» de vous retrouver.

En effet, le délai d'attente est élevé mais il n'excède jamais un mois (quand on affabule, on le fait jusqu'au bout, n'est-ce pas?) Néanmoins je vous prie de m'excuser.

Vous m'accusez de me contredire et pourtant vous le faites également. Vous affirmez que Miss Monroe n'était pas dans le milieu de la
mafia…. vous plaisantez? Ahahahaha! Mais elle y était, oui!

Malgré ce qu'ils ont pu lui faire éventuellement, je me souviens très bien de vos affirmations saugrenues de viol. Je sais simplement que
Franck ne l'aimait pas car elle avait trompé Joe et comptait s'enfuir avec son amant. Franck m'avait raconté l'histoire où il avait accompagné Joe chercher sa femme, voyant les deux fous furieux, le malheureux s'était enfui!

De plus, vous affirmiez avec le plus grand mépris que j'allais être assassiné par la mafia, et là vous dites que j'y appartiens… vous confondez avec mon père qui les a connus simplement au début de sa carrière comme pas mal d'hommes d'affairse dans les années trente, ils tenaient tout. Je vous rappelle encore une fois que mon frère et moi luttons contre la mafia aujourd'hui comme hier.

En ce qui concerne la question de la mort de miss Monroe, je n'ai fait que prendre quelques renseignements auprès de mes services, ceux de Monsieur Dumontais et…? ma logique.

Je doute par contre que VOUS ayez parlé à toutes ces personnes, vous avez simplement lu un livre à scandales. Je doute également de votre pseudo-intimité avec Marilyn Monroe. Car alors, dites-moi où vous étiez quand elle est morte? Est-ce vous qu'elle a appelée quand
elle a eu besoin d'aide? Elle a appelé beaucoup de monde cette nuit-là, mais personne n'est venu… ah si mais c'était trop tard! Elle a
juste oublié d'appeler la police, quand on se sent menacé, c'est ce qu'on fait, non? Vous allez me dire que, bien sûr, je contrôle la presse
donc je contrôle la police… sachez, ma chère, que la presse est libre: laissez-moi vous rappeler que les journaux ont largement parlé de mon échec sur la Baie des Cochons, de la menace nucléaire qui nous a secoué treize jours durant... je suis sûr que la presse se régale de scoops sur la vie du Président et s'ils n'ont pas parlé de mes aventures, c'est qu'ils connaissaient les enjeux, les conséquences en ces temps difficiles de la destruction de mon image et de celle de ma famille.

Je vous le redis, ce qui vous motive c'est que vous vous sentez coupable, elle s'est suicidée et vous n'avez rien pu faire. Allez voir
un psy! Conseil de président!

J'espère adieu, mais je suis ouvert à toutes vos questions, je précise «intelligentes et qui tiennent debout».

Laissez-moi vous dire que vous n'aurez jamais le dernier mot avec moi, je suis d'origine irlandaise, la tête dure comme du bois, je ne suis
pas à ma place par hasard, je vous répondrai toujours même si je dois répéter inlassablement les mêmes choses. Vous avez cru m'avoir? Vous vous trompez.

John F. Kennedy, President of the United States of America

Je me «réjouis» autant que vous de vous retrouver dans mes moments de temps libre. Il est vrai, après tout, qu'il n'y a qu«un» mois d'attente! Je devrais être heureuse de ne pas attendre toute l'année, si je comprends bien?

Je réaffirme que «Miss Monroe» n'était pas «dans» le milieu de la Mafia, sûre et certaine de la bonne foi de mes dires (contrairement à vous dans les deux cas).

De plus, elle n'a jamais voulu quitter Joe, et quant à mes affirmations «saugrenues» de viol... Monsieur le président, comment pouvez-vous me dire cela si vous n'êtes pas en contact avec la Mafia? Comment pouvez-vous savoir (contrairement à moi, qui ai plusieurs témoins, et une abondance de preuves)? Vous dites que je me contredis en disant que vous êtes en relation avec la Mafia, et que vous vous ferez assassiner par elle? Voyons, monsieur le président! Voulez-vous me faire croire que vous êtes naïf au point de penser que, parce que vous êtes en relation avec elle, la Mafia ne vous tuera pas? Un fait n'exclut pas l'autre (d'ailleurs, veuillez me rappeler d'où proviennent toutes les «richesses» de votre famille)!

«En ce qui concerne la question de la mort de Miss Monroe, je n'ai fait que prendre quelques renseignements auprès de mes services, ceux de monsieur Dumontais et…(?) ma logique». Bien. Et moi, je vous parle de renseignements de personnes sur place (et j'y suis allée moi aussi), de proches, de son dossier d'autopsie, de mes connaissances en médecine et... Moi, ma logique ne vient qu'affirmer plus encore mes dires. Si vous doutez de mes paroles, moi je doute de votre identité.

«Quant à l'endroit où je me trouvais à sa mort... Je me trouvais occupé par des affaires personnelles, et elle ne m'a pas appelé parce qu'il était impossible de me joindre là où je me trouvais». Elle a juste oublié d'appeler la police? Quand on craint le président, ne me dites pas que l'on appelle la police! J'aurais des doutes sur votre «logique», monsieur le président. Eh bien voilà, vous répondez vous-même à votre question! La presse ne voulait pas détruire votre «image»! Et puis, étant donné que vous avez trafiqué le rapport, la presse ne pouvait que parler de suicide vu que c'était ça qui était écrit. Conseil de président? Vu votre logique, je ne préfère pas, non. Par contre, je vous conseillerais d'aller entraîner votre «logique», conseil de médecin.

«J'espère, adieu, mais je suis ouvert à toutes vos questions, je précise intelligentes et qui tiennent debout» (Vous espérez quoi ?). Je vous demande de même, tout en me questionnant sur la possibilité de ce vœu! Est-il imaginable que vous y parveniez? «Laissez-moi vous dire que vous n'aurez jamais le dernier mot avec moi; je suis d'origine Irlandaise, la tête dure comme du bois, je ne suis pas à ma place par hasard, je vous répondrai toujours même si je dois répéter inlassablement les mêmes choses. Vous avez cru m'avoir? Vous vous trompez.» Je vous accorde aisément la qualité de «tête de bois» que vous revendiquez! L'intérieur est-il fait de la même matière? Vos origines m'intéressent assez peu, il faut dire! De plus, je n'ai pas cru vous «avoir», cela m'importe peu! Répéter inlassablement les mêmes choses? C'est ce que vous faites depuis le début, en nuançant un peu plus à chaque fois que vous êtes acculé!

Avoir le dernier mot avec vous? Vous espérez peut-être le contraire! En ce cas, je vous laisse «faire joujou» avec notre conversation, je dois m'occuper d'affaires de grandes personnes!

A.K.

Chère mademoiselle,

Bien que cela m'ennuie énormément de devoir prendre de mon précieux temps pour répondre à une personne aussi agressive que vous, je le fais. Sachez néanmoins que le temps d'attente sera toujours long pour vous parce que moi, contrairement à vous, je m'occupe véritablement d'affaires «de grandes personnes». Vous vous souvenez de ma fonction? En tout cas je suis bien aise pour mon pays que vous ne soyez pas à ma place. De plus, avoir une relation épistolaire avec vous ne m'intéresse pas du tout.

Je tiens à dire que je ne connais pas directement le milieu de la mafia, j'ai cependant des relations avec des personnes qui ont elles-mêmes des relations assez lointaines avec ce milieu, pas de quoi inquiéter le Président. (Je vous rappelle de temps en temps mon métier, au cas où, parce que vous semblez vous prendre pour le centre du monde).

En ce qui concerne les pseudo-menaces proférées à mon encontre par la mafia, elles sont infondées, vous voyez vraiment la mafia tuer un Président et s'en tirer? Vous plaisantez, vous surestimez vraiment les moyens de la mafia… Ah, allez, vous me faites rire quand même!

Comment ma famille s'est enrichie… Question assez privée, peut-être qu'avec une autre personne je pourrais répondre librement mais vous, non, je n'en ai pas envie, je peux simplement vous dire que cela remonte au XIXème siècle et que ce ne sont pas les petites affaires de mon père en 1929 qui ont fait notre fortune!

Vous m'avez apporté quelques «preuves» de vos dires que je vous réclamais depuis notre tout premier échange. Je les ai réfutées une par une, vous devriez bien vérifier, certaines personnes sont trop heureuses de me nuire, ma place n'est pas enviable vous savez, ah non, c'est vrai vous ne savez pas. Vous ne savez pas grand-chose de toute façon, moi par contre j'aimerais bien savoir comment vous avez fait pour avoir accès à des dossiers médicaux secrets, ça ne doit pas être très joli et puis des gens vous ont parlé, tiens donc, qui? Écrivez un bouquin bien diffamant et je vous le démonterai encore, c'est si facile avec vous. Au fait, quel âge aviez-vous en 1962? Personnellement, j'ai quarante-cinq ans, et vous? Oh, j'espère ne pas vous offenser avec cette question mais je pense qu'elle fera toute la lumière sur vos dires.

Sinon dommage que vous n'étiez pas joignable cette fameuse nuit où Miss Monroe avait tant besoin d'une amie, vous devez vous en vouloir… Non? C'est vrai que Miss Monroe ne pouvait pas appeler la police ou n'importe qui si elle se sentait menacée, je l'aurais directement interceptée! Non mais, vous êtes sérieuse?
 
1) c'était une très grande star, très connue, elle avait la presse à ses pieds, si elle avait si peur, je suis certain que tout le monde se serait déplacé!

2) comme vous l'avez dit, il me semble, à moins que ce ne soit ce cher Sinclair, elle a pu passer pas mal de coups de fil, notamment à son médecin, ses amis, pas un n'est venu. Ah si, quand c'était trop tard.

Je ne me sens pas acculé du tout, par contre vous devez vous sentir sacrément coupable pour reporter la faute sur les autres. Mais pour finir, je doute de votre identité, donnez-moi une preuve de votre pseudo-amitié avec Miss Monroe et je daignerai vous répondre plus rapidement.

John F. Kennedy, President of the United States of America

Oh! Oh ! Vous avez changé de traducteur, «Mister President». Personnellement, je vous conseillerais (mais je ne le fais pas) de changer encore une fois; un ton si agressif serait nocif à votre réputation, et vous fait paraître encore moins crédible.
 
Le temps d'attente sera toujours long pour moi? Je ne m'en soucie guère, et je l'ai d'ailleurs remarqué dès le début de notre «relation épistolaire». En tout cas, peu m'importe, occupez-vous de vos affaires de «grandes personnes», si vous souhaitez les appeler ainsi. Je suis bien triste, quant à moi, et je plains les États-Unis d'avoir un Président tel que vous. C'est extrêmement regrettable, vu votre système de réflexion et votre âge mental.
 
Je semble me prendre pour le centre du monde? Ouvrez-les yeux, «President», vous êtes le seul ici qui semble se prendre pour le nombril du monde, mais ce n'est pas si anormal, vu votre mentalité. De même, vu comment vous surestimez profondément la puissance de la Mafia, je m'attriste plus encore quant à la sécurité de votre pays.
 
Par contre, là, c'est vous qui commencez à me faire rire: vous avez réfuté une par une toutes mes preuves? Eh bien, j'attends encore. Vous n'avez rien réfuté du tout, au contraire; vous vous enfoncez à chaque lettre d'avantage, et cela finit par devenir risible. (Tout de même, pour un président!)
 
«Personnellement, j'ai quarante-cinq ans, et vous ?» On se calme, «Monsieur le Président»! Ou est-ce peut-être encore une erreur de traduction? Cela serait préférable, un Président ne connaissant pas les règles élémentaires de bienséance, c'est vraiment pitoyable... Mon âge ne vous intéresse en aucun cas, ou du moins autant que m'intéressent les provenances des richesses de votre famille.
 
Je ne me sens pas le moins du monde coupable. À la rigueur, je me demande comment Marilyn a pu avoir une relation avec un homme tel que vous, mais c'est tout...
 
Vous doutez de mon identité? Un peu normal, non, elle vous est inconnue! (Vous vous enfoncez, «Mister président»!)
 
Pour finir, je dirai que je ne vous fournirai en aucun cas des «preuves» de mon amitié avec Marilyn Monroe. Et puis quoi encore? Je n'ai nul besoin de preuves pour savoir que j'étais une de ses plus proches amies; si vous en voulez, vous pouvez toujours courir.
 
Raccourcir le temps de réponse? Non merci, j'ai autre chose à faire que de répondre à un adulte qui a un âge mental de douze ans; c'est épuisant et particulièrement déprimant, en sachant que vous êtes censé être «Président».
 
Vous ne daignerez rien du tout, allez chercher encore une fois la signification de ce mot dans le dictionnaire; et surtout, vous n'êtes pas obligé de revenir; mais cela serait (encore) une énième contradiction avec vos précédentes lettres!

A.K.