Flore
écrit à

   

John F. Kennedy
John F. Kennedy

     
   

Complot

   

Monsieur,

Je suis sujette française et non américaine; mais je tiens à vous avertir qu'un complot d'assassinat se trame contre vous. Mais je ne sais ni quand, ni par qui. Prenez garde.

Respectueusement,

Flore



Très chère Flore,

À première vue, votre message semble alarmant, mais savez-vous qu’il est somme toute banal? J’en reçois tant par jour des messages dans ce genre, et encore tellement plus quand je dois m’absenter. Il n’est, hélas, pas très difficile de tuer un président, il suffit de tirer d’une fenêtre avec une carabine. Mais il est difficile de me tuer.

Vous comprenez… toutes ces mesures de sécurité sont importantes, mais cela n’empêchera pas l’inévitable de se produire. Tenez, vous me faites penser que je dois demander à Jackie d’enlever ses lunettes quand nous serons dans la Lincoln, ces bouseux de Texans doivent pouvoir bien la voir.

Vous savez, dans ma famille, la mort est une cousine que nous connaissons bien. Je suis menacé de mort depuis ma naissance, avec cette saloperie de maladie qui m’empêche de vivre normalement.

Vous croyez qu’il est plaisant de recevoir les grands de ce monde en chaise à bascule… c’est comique!  J’ai failli mourir tant de fois, j’ai déjà entendu le prêtre dire les derniers sacrements.

Flore, pas d’inquiétude, je terminerai ce mandat et en ferai un plus beau dès l’année prochaine; si vous étiez américaine, je vous dirais de voter pour moi.

Je reviens de Paris, un très beau voyage, je vous raconterai.