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Monsieur le
Président,
Il me fait grand honneur de vous écrire.
Je suis Canadien, en banlieue de Montréal. Je dois vous dire que
notre
peuple vous admire particulièrement.
Nous vous avons soutenu jusqu'au bout durant la crise des missiles en
1962. Vous êtes pour nous un message d'espoir.
Mais
tous ne pensent pas comme moi. J'ai eu vent d'une conspiration de
certaines têtes de la C.I.A. avec le Vice-Président
Johnson, certains
chefs mafieux et divers gangs racistes du Sud pour vous abattre
à
Dallas. Plusieurs snipers seront postés en des
endroits-clés pour
vous prendre dans une embuscade et vous tuer dans un tir croisé
triangulaire. Un bouc émissaire sera choisi, puis
exécuté. Ils avaient
déjà élaboré des plans pour vous tuer lors
de visites précédentes à
Paris, Chicago et Miami.
Il semble que votre politique de
détente et d'intégration raciale les mécontente,
assez pour vous
abattre. Faites vite, Lyndon Johnson doit être viré, et la
C.I.A.
détruite.
Je sais que plusieurs lettres précédentes vous ont
informé d'un complot pour vous tuer à Dallas, mais vous
répondez
toujours que le destin en décidera.
Monsieur, je vous en prie,
pour faire une chose de plus pour votre pays, pour sauver la
liberté du
monde, n'allez pas à Dallas, faites arrêter Lyndon Johnson
et détruisez
la C.I.A. Et du même coup, renvoyez J.E. Hoover, ce bon à
rien va
également participer à la conspiration et va cacher des
infos
importantes.
Amicalement vôtre,
Pierre Norris
Cher Pierre,
Votre message est incroyable!
D’habitude, ce n’est pas moi qui gère les menaces de mort quotidiennes qui sont
malheureusement envoyées au Président des Etats-Unis. Je
l’ai déjà dit
mais vous savez, n’importe qui peut tuer un président et je n’y
peux rien. Je ne dis pas que je suis à la merci de mon destin
mais il y a des choses qu’on ne contrôle pas. Néanmoins je
vous assure que mes gardes du corps ne me quittent jamais.
En ce qui concerne vos
«conseils», virer Johnson… c’est intéressant mais
irréalisable pour l’instant: il m’assure le vote de ces
butés de Texans! Enfin, j’attends les prochaines
élections pour agir en ce qui concerne mon vice-président
et le chef du FBI. Entre nous, je pense qu’il va sauter! Ahahahah! De
toute façon cet homosexuel retombera sur ses pieds. Je sais
qu’il détient certains enregistrements de moi et de mon amour…
de jeunesse, dont peut-être je vous parlerai un jour. Mais entre
nous, je ne me gênerai pas et il le sait! Je ne tiens pas
à parler
de la CIA qui m’a menti lors de l’opération de la Baie des
Cochons; je m’en occuperai pendant mon prochain mandat.
Écoutez, vous avez l’air
sincère dans vos inquiétudes mais je suis surprotégé et il en faut
vraiment pour oser s’en prendre au Président des
États-Unis et s’en sortir. Vous savez, celui qui veut s’en
prendre au président
doit se préparer à donner sa vie.
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