Lettre d'acceptation
de John F. Kennedy
à l'Éditeur
       

       
         
         

John F. Kennedy

      22 novembre 1963

Cher monsieur Dumontais,

Je ne sais vraiment pas comment vous avez fait pour me joindre avant que je ne m’en aille. Monsieur Salinger m’a remis votre lettre au tout dernier moment avec les papiers concernant le Texas. Vous n’allez pas le croire mais je vous écris d’Air Force One, j’ai envie de partager avec vous les derniers moments de mon voyage avant d’arriver à Dallas. Je suis parti de Houston où le temps était très ensoleillé; le vol devrait bien se passer. Dans ma vie, je n’ai écrit que quelques livres, j’ai instauré les enregistrements dans le bureau ovale, mais c’est surtout mon frère Bobby qui a rendu compte de ces terribles treize jours pendant lesquels nous avons eu chaud! Mon style va vous paraître étrange mais en ce moment j’ai envie de revenir sur mes succès en politique car je suis en pleine campagne et j’espère être bientôt réélu. Ce voyage a quelque chose de très stressant, déjà on m’avait dit que le Texas m’était hostile et Houston m’a réservé une telle fête, peut être la présence de ce fils de p… de Johnson, comme se plaît à l’appeler Bobby, y est-elle pour quelque chose!

Votre lettre m’a touché monsieur Dumontais, c’est vrai que je me suis peu exprimé sur mes trois ans de présidence, ce bourbier de Cuba, Khrouchtchev… des années bien remplies qui j’espère resteront dans l’histoire. En tout cas, j’ai un scoop pour vous: dès que je rentre, j’arrête l’envoi de contingents au Viêt-Nam… Comme je l’ai dit dans une précédente interview, je trouve qu’on s’enlise là-bas.

Je serais heureux de partager ces moments avec vous, de revenir sur les principaux événements de ma présidence et de vous parler de mes projets.

Je me sens comme apaisé, je me faisais une montagne de ce voyage, c’est pour cela que j’ai demandé à Jackie de venir avec moi, vous la verriez, elle porte un magnifique tailleur rose. Pour tout vous dire, j’ai mis du temps à reconnaître ma femme comme telle. Maintenant je l’admire tellement, elle est si intelligente et si bonne mère. Ce n’est pas comme la mienne. Rose Fitzgerald restera la femme de ma vie à tous points de vue, j’espère que nous développerons tout cela ensemble. Au fait, vous pouvez m’appeler Jack.

À bientôt

J.F. KENNEDY,
President of the United States of America