Stéphanie
écrit à

   


Frida Kahlo

   


Viva la vida

 
Bonjour Frida,

J'espère que je peux vous appeler par votre prénom: Frida, quel joli prénom.

Je vous ai découverte dans ce film sur votre vie et j’ai adoré votre envie de vivre coûte que coûte, je vois cela avec beaucoup d'admiration et vous devriez être un exemple pour les personnes dépressives qui ont envie d'en finir avec la vie...

Si ce film est vrai, vous avez eu un accident et vous êtes restée très longtemps clouée au lit et dans un corset. Vous avez dû beaucoup souffrir. Comment avez-vous fait pour tenir le coup?

Ensuite, dans une scène du film, votre mari Diego vous trompait aux États-Unis et vous avez flirté avec sa maîtresse dans un restaurant, est ce vrai? Racontez-moi pourquoi vous avez fait ça, si cela ne vous gêne pas bien sûr?

Ensuite, je trouve que vos peintures sont magnifiques, mais j'aime particulièrement votre auto-portrait. Pourriez-vous m'expliquer pourquoi vous l'avez peint?

Avec toute mon admiration, à très bientôt, Stéphanie


Chère Stéphanie,

Pardonne mon retard, ma santé, ma vie...

Tout le monde m'appelle Frida... ou Niña... Alors, oui, tu peux.

Il y a un film sur ma vie? Tiens donc!

Je n'ai pu tenir le coup qu'avec cette volonté que je tiens de ma famille, l'amour de mes sœurs et leur aide constante. Puis est venue la peinture. Il fut question de gros sacrifices, de douleurs plus exacerbées encore. Mais je me suis recentrée sur moi-même, dans un travail laborieux et coloré. J'ai beaucoup appris de cette période. Tout le monde aurait à y gagner en humilité.

Tu parles de moi et d'une femme dans un restaurant. Une femme avec qui j'aurais trompé mon mari? J'aimerais te répondre que de toutes mes amantes, je garde un certain souvenir! Cela a certainement dû se produire. Alors, mes raisons? Diego et moi sommes un couple tantôt harmonieux et uni, tantôt éclaté et déchiré. C'est ce qui nous renforce. Mais nous sommes libres. Libres, communistes, révolutionnaires, et amoureux de la vie. As-tu jamais lu les écrits de Léon Trotski? Cet homme est un génie.

Tu parles en dernier lieu de ma peinture... Et d'un auto-portrait en particulier visiblement! J'en ai fait des centaines! C'est de la confiance, je suppose. Je suis mon meilleur modèle... Je me connais par cœur. J'ai besoin d'ancrer mes sentiments sur les pigments pour oublier un peu.

Muchos Besos,

Frieda Kahlo y Rivera.

[Note de la rédaction: la scène du film citée entre Frida et Gracie en train de déjeûner dans un dîner américain est fictive. Il n'a jamais été fait mention d'une telle entrevue, ou d'une Gracie quelconque. Il était ici question de souligner la bisexualité effective de l'artiste, ainsi que la liberté qu'elle exaltait déjà à l'époque, tout comme son époux.]