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Laëtitia |
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| Chère Frida, Ce n'est pas sans émotion que je vous adresse cette lettre par-delà l'espace et le temps. Votre oeuvre est sans doute l'une des plus originales, des plus frappantes et des plus bouleversantes de la peinture du XXe siècle. Je crois savoir que vous avez payé très cher ce don, ce talent. Mieux que quiconque, vous connaissez le sort de l'artiste en proie à une souffance morale (et surtout physique dans votre cas), mais qui sans cette souffrance ne saurait se réaliser... Combien vous avez dû vous battre contre les satanées conventions, les hommes et leur stupidité, et contre vos propres maux! Voilà ma question: quelle a été votre "recette" de vie, votre façon de résister face à l'adversité, la médiocrité et tout autre ingrédient trop souvent présent dans notre existence? J'accepterai aussi volontiers celle de votre fameux " Molé"! Avec toute mon admiration et ma sympathie, Laëtitia Querida tú, Ma recette de vie ? Dios ! Je n'en sais fichtrement rien. J'aime cette vie, simplement, cassée, brisée, faites de tort et de ronces car elle rend plus fort chaque jour. J’ai payé cher oui, mais le résultat n'en vaut-il pas la peine? Ma souffrance comme tu le dis si bien, m'aide à me réaliser même si parfois j'aimerais respirer à pleins poumons ou savoir que ma grossesse va aboutir à un merveilleux petit garçon potelé. Mon molé ? ah ! Les recettes ça ne se délivre pas comme ça. passe me voir à la Casa azúl, nous en ferons un ensemble, ma belle. Merci pour tous tes compliments, ils me vont droit au coeur. Frieda |
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