| | | Bonjour Madame Kahlo y Rivera,
J'admire profondément votre art. Mais je suis plus profondément touchée par le tableau intitulé Ma robe est suspendue là-bas,
c'est je pense à cause d'une interprétation personnelle
de ce titre, ajoutée à la beauté de l'image. Pour
moi, il traduit le regret d'un lieu chéri et perdu d'où
l'on n'a pu détacher quelque chose de soi. C'est New York,
pourtant, que vous n'avez guère dû regretter, mais
peut-être y avez-vous perdu quelque chose de vous?
Mille pensées,
Selen
Chère Selen,
Je vous remercie de votre touchant message qui me va droit au coeur.
C'est un tableau auquel je tiens beaucoup que celui auquel vous faites
allusion.
Ma robe est comme dans le tableau Les deux Frida une partie de
moi, qui me représente bien. Mes robes et mes pensées
étaient au Mexique. À New York, la vie était
industrielle et j'ai racheté bon nombre d'entre elles. Ce qui
m'a fait réaliser que je n'étais pas chez moi
était le fait que je ne puisse m'adapter à ce rythme
effréné et déroutant. Je n'ai rien perdu de moi
à New York, au contraire je me suis enrichie et je suis devenue,
ou restée, plus mexicaine que jamais. Mes oeuvres s'en sont sans
doute ressenties.
Merci encore pour tous ces jolis mots.
Viva la vida !
Carmen Rivera |