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Frieda,
J'admire
votre œuvre et j'aime à penser que celle-ci est le reflet de
votre âme. Est-ce que la souffrance physique et celle d'avoir
été trompée par Diego n'ont pas biaisé les
thèmes exploités dans vos toiles? Il est évident
que oui, mais j'aimerais tout de même vous entendre à ce
sujet.
Avec toute mon admiration,
Hélène
¡Hola Elena!
Ta façon de penser est tout à fait logique, et tes compliments me vont droit au cœur.
Il est vrai que ma peinture reste un moyen d'expression qui m'est cher, très personnel, voire intime, oui.
Le reflet de mon âme je ne sais pas, mais le reflet de mes
rêves, jamais! Les rêves sont bons pour les dormeurs, et il
n'y a rien à exorciser dans tout cela, alors que je vis mon art
comme un exutoire. J'ai également un journal, que je tiens, et
où il est bon de transcrire des choses qu'un moment passé
à peindre ne capturera pas aussi bien.
Je ne pense pas que mes maux ont altéré mon travail. Ils
l'ont exacerbé, certainement. M'ont donné une raison de
vivre. Il y a une forme de catharsis dans mes toiles et dans mes
petites gravures, mais parfois il est question d'amour et d'hommage.
Lorsque je ne me peins pas, j'aime peindre des gens que j'aime, mon
perroquet ou un membre de ma famille. Un ami ou une amante. Plus jeune,
j'avais peint une sorte d'arbre généalogique flottant
au-dessus de ma maison; j'ai bien ri en retrouvant ces photos de mes
grands-parents. J'aurais aimé qu'ils voient cette peinture
là... Qui n'avait rien de fracturé ni de saignant! Je
suis même persuadée qu'à travers elle ils auraient
pu sentir l'odeur des enchiladas et des melons mûrs que je
dégustais durant mes croquis.
¡VIVA LA VIDA!
Frieda Carmen
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