Alexandre 
écrit à

   


Frida Kahlo

   


Au sujet de l'époque de «la Preparatoria»

 

Frida Kahlo,

Je vous ai rencontrée au détour d'une bibliothèque voilà quelques années. Je passais ma main sur la tranche des livres neufs, regardant les noms défiler et attendant de trouver celui qui attiserait ma curiosité. En un instant, je vous ai vue apparaître: c'était votre biographie. Après en avoir lu l'intégralité, j'ai été fasciné par une période de votre vie (car c'est probablement celle qui se rapproche le plus de ma vie actuellement): c'est celle où vous alliez aux cours de «la Preparatoria». Je me suis posé la question du souvenir que vous en gardiez. Dans ce livre, cette période semblait largement idéalisée. Était-ce vraiment une époque dont on ne se remémore que les doux mois de mai, les débats passionnés, les premieres amours et la gaieté d'une jeunesse révolutionnaire?

En espérant vous lire bientôt et en vous remerciant,

Alexandre.



¡Hola Cariño!

Je suis profondément touchée par ta lettre. Que de souvenirs tu apportes avec toi!

Je suppose que tu es actuellement étudiant, d'où ta phrase «c'est probablement celle qui se rapproche le plus de ma vie actuellement». Et qu'étudies-tu donc? Je suis curieuse de nature, décidément...

Tu sais que longtemps, pour moi, cette école a été un but, et puis, ensuite une fierté, lorsque j'ai pu y entrer. Il y a eu de très beaux jours. Oui. J'étais jeune et amoureuse, alors, d'un Alexandre, dont tu honores le prénom. Ah, j'étais très fière. Et effrontée. Et insouciante, tout en restant lucide et pleine de rêves à la fois. Je lisais beaucoup et restais focalisée sur mon envie de me lancer dans la médecine. Cette époque m'a construite socialement et mes premières opinions se sont forgées en ses murs bien que le Parti Communiste mexicain ne m'ait fondamentalement intéressée que quelques années plus tard.

Il y a eu du bon. Et du secret. Des soupirs. Et des fresques.

Je n'ai pas envie de me souvenir des mauvais moments qui ont pu suivre. Comme l'accident, ou tant d'autres choses.
Je n'ai pas lu ce livre dont tu parles, mais je comprends ce que tu en dis.

Cette époque reste cristallisée dans ma mémoire, avec ses idées, ses couleurs, ses mois de mai et ses personnes aussi hédonistes que novatrices.

Un corazón y una ventana.

VIVA LA VIDA


Frieda