Source d'inspiration |
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| Cher Citoyen, Qu'admiriez-vous le plus en Plutarque? Est-ce le fait qu'il ait dit que «l'histoire est un matériau pour l'enseignement moral» et que donc le fait historique est moins important que son analyse et les conséquences morales qu'il faut en retirer? Vous vous êtes également intéressé aux théories de Claude de Saint-Martin, quel concept gnostique vous a le plus attiré? Merci de votre réponse. Sylvy |
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| Citoyen, Cela fait longtemps maintenant que je t'ai demandé quelles étaient tes sources d'inspiration (voir message plus haut) et tu ne m'as point répondu... Peut-être as-tu peur de dire que tu as énormément copié les autres (cf.: la constitution de Sparte qui t'a servi de modèle pour tes «institutions»... Un éclaircissement s'imposerait! s.M |
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| Chère Sylvy! Il ne me reste donc qu'à vous présenter mes excuses de ce malheureux retard, et c'est ce que je m'empresse de faire. Il est vrai que j'ai laissé de côté votre question sur le bouquin de Saint-Martin, car il est très loin maintenant, le temps où je pouvais lire juste pour le plaisir de lire. J'ai eu probablement tort, mais je dois avouer avoir presque oublié ce livre. Il m'est, certes, tombé sous la main, mais savez-vous, la vie à la campagne, est une triste vie et on est avide de toutes sortes de lecture pour peu qu'elle apporte de la nourriture à l'âme et à l'esprit, et surtout qu'elle fait passer le temps. Quant à Plutarque, j'ai découvert ses oeuvres sur les bancs du collège et jusqu'à aujourd'hui, je garde dans ma mémoire les images des héros des temps anciens qu'il dépeint. Sa lecture nous offre de très beaux spectacles du courage, du patriotisme, des moeurs généreuses et de la vertu qui ont fait le bonheur et la gloire d'Athènes et de Rome. Quoique mes lectures ne se réduisent, comme vous semblez le penser, à celle de l'histoire de la Grèce, je ne veux point nier avoir été inspiré par ces exemples de la vertu, et avoir admiré la sagesse des anciens. Je n'y vois rien de honteux; on n'a jamais assez d'honneur d'imiter des grands hommes de bien du passé. Montaigne, un autre grand philosophe, avait soutenu dans son ouvrage, ce me semble, qu'il n'est point nécessaire que les hommes se souviennent de la source où ils avaient puisé de bonnes idées, pourvu qu'ils les gardent intactes dans leurs coeurs. Accordez-moi donc une grâce, Chère Sylvy, ne me jugez point par quelques phrases, par quelques similitudes volontaires, mais jugez, je vous prie, mon coeur par mes desseins. Je reste votre sincère et dévoué concitoyen, Louis-Antoine Saint-Just |