Citation
       
       
         
         

Diegojfr@aol.com

      Pourrais-je avoir des quelques explications sur une de vos citations: «La littérature veut instruire ou plaire; parfois son objet est de plaire et d'instruire en même temps».

 

       
         

Horace

      Ave, ami Diego!

Tu voudrais des explications sur cette phrase que tu m'attribues.

En vérité, si la forme est de ma composition, je ne suis pas le premier à en évoquer le sens: c'est l'une des meilleures choses que l'on a pu m'enseigner à Athènes, au temps où mon père m'y avait envoyé étudier...

Quelques explications? «La littérature veut instruire»: la littérature, en vers bien entendu (quoique notre ami commun, Sinclair Dumontais, m'ait appris que la plupart des ouvrages littéraires de votre temps sont en prose! Que cela soit être difficile à apprendre...), se compose de divers traités, de philosophie, de physique, de stratégie, de politique, et caetera, ayant pour but d'enseigner aux jeunes gens les principes importants de ce monde. Combien d'auteurs grecs n'ont pas écrit d'oeuvres remarquables, tel le maitre Epicure, et ses nombreux écrits traitant de la justice, de la nature ou de l'amour? Et d'auteurs romains comme son disciple Lucrèce, qui réalisa le très connu «De rerum natura»...

La littérature veut plaire. Ceci me concerne un peu plus! En effet, mon rôle est essentiellement d'écrire de jolies choses, de décrire avec le plus de saveur la vie et les hommes et les évènements qui nous entourent. Ainsi, bien sûr, que de chanter la gloire de César Auguste, notre admirable prince. Cependant, mon ami et collègue Virgile me semble plus compétent que moi pour cette manière... Il paraitrait qu'il est en train de composer une longue ode retraçant l'histoire de la Ville, depuis Enée jusqu'au dernier descendant de Vénus à notre tête: le princeps senatus, imperator, pontifex maximus et Caesar, Auguste. Une belle légitimation pour notre empereur, qui lui permettra de mener à bien ses réformes et de ramener l'ordre chez les fils de la Louve.

Mais si mon rôle reste plutôt d'écrire de la littérature qui veut plaire, cela ne m'empèche pas d'insérer parfois, de manière implicite, des observations et des pensées destinées à faire réfléchir mes lecteurs. Ainsi ma littérature peut parfois vouloir à la fois plaire et, modestement, instruire.

En espérant t'avoir aidé en expliquant le fond de ma pensée,

Porte-toi bien, mon ami,

Q. Horatius Flaccus

CARPE DIEM