Auguste |
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| Mon très cher Horace, ne connaissant que brièvement
ta vie j'aimerais que tu m'éclaircisses sur ce point: tu dis notamment dans
tes Odes que le destin des Romains est «écrit». En regardant ton
idéologie on se rend compte que tu n'es pas vraiment fervent de tout ce culte
des divinités instauré par Auguste, j'en conclus que celui-ci t'a comme
Virgile utilisé dans son projet. N'as-tu pas honte d'utiliser ton talent littéraire
à des fins politiques? L'art véritable n'est-il pas création
et expression de sentiments personnels? Cordialement., Un ami |
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| Cher ami, Vale! Je suis très surpris par le contenu de ton message. Tout d'abord, j'aimerais que tu me précises dans laquelle de mes Odes (j'en ai écrit tant!) je m'exprime à propos des destins... Peut-être pourrais-je t'éclairer sur la formulation, que tu as sans doute mal comprise... ou traduite: dans tous les cas, cela m'étonne. Ensuite, pourrais-tu m'expliquer comment un poète peut survivre et briller sans exécuter quelques commandes? Peut-être a-t-on résolu le problème, à votre époque? Je demanderai des compléments d'information à Philibert. Il est vrai que j'ai appartenu, à une certaine période de ma vie, au courant épicurien, qui affirme l'impuissance des dieux par rapport aux affaires terrestres. Mais je me suis quelque peu écarté des disciples d'Epicure, ne gardant d'eux que la sagesse de savourer pleinement chaque jour de notre vie... Et si j'invoque souvent Apollon dans mes oeuvres, c'est que j'y crois, non? Au plaisir de t'écrire, Quintius Horatius Flaccus, dit Horace. CARPE DIEM |