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marie.trommer@wanadoo.fr |
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Votre cerveau |
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| Bonjour Ma question peut sembler quelque peu indiscrète ou maladroite mais j'aimerais que vous y répondiez, quitte à blesser votre ego: avez-vous déjà connu des revers dans vos enquêtes? Des solutions que vous n'avez pu trouver, des criminels impossibles à arrêter? Et avez-vous déjà trouvé quelqu'un qui vous ressemble, c'est-à-dire avec des facultés intellectuelles pareilles aux vôtres? Je me rappelle que vous considérez Irène Adler comme la plus merveilleuse des femmes, mais quelle est votre opinion au sujet des autres membres de la gent féminine? Pouvez-vous m'expliquer comment fonctionne votre cerveau, ou tout du moins quelle est votre théorie sur ce fonctionnement? Comment faites-vous pour le formater à n'enregistrer que les données indispensables? Ne croyez pas que j'ai voulu vous offenser, je suis depuis toujours une de vos ferventes admiratrices Dans l'attente d'une réponse Cordiales salutations Marie Marie, Voilà beaucoup de questions; je tenterai d'y répondre de la façon la plus efficace possible. Oui, il m'est arrivé de faire fausse route lors d'une enquête ou d'être carrément déjoué par un criminel que j'avais sous-estimé. Les récits de Watson ont présenté au grand public quatre de ces «échecs», si ma mémoire est bonne. Le plus célèbre est sûrement celui que mon vieil ami a intitulé «A Scandal in Bohemia» et au coeur duquel figurait Miss Irene Adler, à laquelle vous faites référence dans votre missive. Ceci étant dit, sur le grand nombre de cas qui ont meublé ma carrière, il m'est arrivé très rarement de ne pas parvenir à mes fins. On m'a souvent comparé à bien d'autres individus (pour le meilleur et pour le pire), mais je tombe rarement sur quelqu'un que je juge me ressembler. Dans le monde criminel, il n'y a guère que le professeur Moriarty que je considère comme mon égal. Et il y a bien sûr mon frère, Mycroft, dont les facultés intellectuelles surpassent les miennes. Je ne me rappelle pas avoir dit d'Irene Adler qu'elle était la plus merveilleuse des femmes. Elle s'est montrée très perspicace et a su me devancer, certes; mais je ne m'avancerai pas davantage sur ce terrain. Quant aux femmes en général, celles que j'ai pu observer se sont révélées comme de puissants aphrodisiaques, des êtres dont les charmes sont capables de faire tourner la tête du plus persévérant des hommes. Tout en elles nuit à mon art, et par conséquent je ne recherche en rien leur compagnie. Quant au fonctionnement de mon cerveau, je ne suis pas médecin. Vous auriez peut-être davantage de succès en posant la question à Watson. Yours, Holmes |
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