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Déborah Vaissac |
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Vos méthodes |
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| Cher Monsieur Holmes, Je vous prie d'excuser ma première missive qui, comme vous me l'avez fait si gentiment remarquer, était assez nébuleuse, je vais donc essayer de vous éclairer du mieux que je le peux sur certains points que j'ai évoqués dans mon précédent courrier. À notre époque au XXIème siècle vous êtes le détective le plus connu et un symbole du Londres de l'époque victorienne à vous seul, à mon époque, donc, on attribue vos aventures à Sir Arthur Conan Doyle, d'où ce terme de «création» car pour nous vous êtes un personnage de romans, de ses romans au même titre qu'Hercule Poirot l'est pour Agatha Christie, ne vous méprenez pas mais c'est ainsi! Pour nous Conan Doyle se serait alors inspiré des méthodes d'un médecin de l'époque, Joseph Bell, pour vous donner ces incroyables dons que sont les vôtres. Vous allez me dire qu'il aurait menti pour s'attirer un peu de prestige et qu'étant, comme vous me l'avez dit, l'agent littéraire de Watson, que je salue, il aurait voulu s'attirer la paternité de ses récits, c'est peut-être un raisonnement absurde, me direz-vous, mais c'est le seul encore fiable que je puisse vous proposer. De plus, vous êtes un des rares détectives à avoir été interprété au cinéma depuis ses débuts et jusqu'à aujourd'hui encore, chaque acteur vous interprétant selon la vision qu'il se faisait de vous, mais pour moi le meilleur qui y est vraiment réussi c'est feu Jeremy Brett: il montrait un côté de votre personnalité que l'on ne connaissait pas ou très peu jusqu'alors, je veux bien sûr parler de l'utilisation de vos stimulants, je ne vous juge pas mais à notre époque et vus les incroyables progrès qui ont été réalisés par la médecine, je me permets quelques réserves, l'utilisation à fortes doses et surtout si l'on ne stérilise pas les seringues font qu'on risque de très graves infections mais je suis sûre que vous le savez déjà. Votre frère et vous avez -me semble t-il- des personnalités différentes, s'en accommode-t-il? Je me permets de vous poser une question et je ne vous force en aucun cas à y répondre: j'aimerais que vous me parliez de votre famille, je sais que le sujet est personnel mais comment peut-on saisir la personnalité d'une personne si l'on ne connaît pas quelques épisodes de sa vie? J'espère avoir réussi à vous apporter les lumières Bien à vous, Déborah Vaissac Miss Vaissac, Chacun est libre de croire qu'il agit selon sa propre volonté, comme de croire qu'un «destin» écrit par un être supérieur -à la manière d'un roman- ne permettra aucune flexibilité quant aux bifurcations de son existence. Arthur Conan Doyle prétend-il véritablement avoir créé le personnage de Sherlock Holmes? Suis-je la simple invention d'un médecin en manque de clientèle? Ces questions sont d'une telle absurdité qu'elles ne méritent guère qu'on s'y arrête. Et puis de toute façon, je laisse les disputes littéraires entre les mains de Watson. Vous n'êtes par ailleurs pas la première à me faire des remontrances quant à l'usage que je fais de certaines drogues. Et vous ne serez sans doute pas la dernière. Mon frère n'est pas si différent de moi. Je ne bénéficie que d'un surplus d'énergie, qualité (si elle en est bien une) largement compensée chez Mycroft sous la forme d'un intellect plus raffiné que le mien. Il n'aime tout simplement pas se lancer physiquement sur une piste et préfère la réflexion pure une fois les faits rassemblés, alors que je ne me passerais pas du travail de terrain nécessaire au démarrage de toute entreprise d'observation et de déduction. Quant à ma famille, le sujet ne me paraît pas intéressant. Mon silence sur le sujet n'est rien d'autre qu'un choix logique. Yours, Holmes |
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