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Henri IV

     
   

Vos premières favorites

    Sire,

Quelle vie amoureuse avez-vous! Tant de passions pour vos maîtresses! On parle beaucoup de Corisande, de la belle Gabrielle et de Henriette d'Entragues qui ont accompagné vos années de gloire.

Je m'interesse quant à moi à celles qui furent vos premières favorites. J'ai ouï-dire que vous aviez connu une certaine Fleurette. Pouvez-vous me dire qui elle était, où vous l'avez rencontrée et ce qu'elle est devenue? J'aimerais aussi que vous parliez de Madame de Sauve. A-t-elle vraiment été assassinée? Si je ne me trompe pas, elle vous a également donné une fille, Jeanne-Huguette de la Beaune Sanblancay née en 1672. Avez-vous marié cette enfant ou est-elle entrée dans les ordres?

J'ai ouï-dire également Sire que votre union avec Marie de Médicis ne vous satisfait pas et que vous avez en tête de répudier votre femme pour épouser la charmante Charlotte de Montmorency, princesse de Condé. Ne renoncez pas Sire à ce bel amour qui s'offre à vous, vous avez bien raison de songer à votre bonheur.

Respectueusement,
Jocelyne



Paris, château de Saint-Germain

C'est incroyable! On ne cesse de me parler de mes maîtresses continuellement. Pour ce qui est de Corisande, Henriette et la jeune Charlotte je vous prie de consulter mes archives puisque j'ai déjà répondu à ces questions.

Un point peut être clarifié avec vous, c'est ma liaison avec Fleurette fille d'un jardinier que j'ai rencontré lors d'une de mes nombreuses passades quelque part dans mes terres du Béarn. Il est évident que j'ai eu une fille qui a pour prénom Jeanne mais elle est née aux environs de 1572 et non 1672!

Rien de particulier à signaler puisque l'année 1572 représente à mes yeux une année de misère et de deuil ; la perte de ma mère la très généreuse Jeanne d'Albret et la sinistre nuit de la Saint-Barthélémy le 24 août 1572. Pour Mme de Sauvé je l'ai rencontrée mais notre liaison fut infertile et mon coeur fut rempli de chagrin lorsque mes gardes m'ont appris la nouvelle de son assassinat, certains ont soupçonné Henri le «balafré» duc de Guise comme étant le responsable de ce vil crime.

Mais bien que Guise fut un ennemi de ma cause, je ne crois pas en sa culpabilité puisque malgré ses calomnies et ses bassesses surtout envers les réformés, il était un homme respectueux envers les dames d'honneur.

Voyez-vous notre siècle est parsemée de mystères.

Je vous invite à consulter mes correspondances antérieures il y a un passage intéressant concernant Charlotte de Montmorency et mon neveu le duc de Condé.

Henry IV roi de France et de Navarre