|
niniss59@club-internet.fr |
||
|
Jaqueline de Bueil |
||
| Votre Majesté, Pouvez-vous me parler de Jaqueline de Bueil dont vous avez été un temps amoureux et eu un fils avec elle il me semble. Hélas, je ne sais rien de plus sur cette jeune femme et j'espérais que votre Majesté aurait des renseignements à me fournir. Vous êtes actuellement très amoureux de Charlotte de Montmorency que vous avez fait princesse de Condé par son mariage avec Henri II de Condé. Cette jeune femme semble bien avoir pris votre coeur et me paraît être une personne des plus agréables. Songez-vous Sire à répudier Marie de Médicis pour épouser la princesse de Condé après avoir fait annuler son union? Avec tous mes respects Anaïs Paris, au matin du 14 mai 1610. Chère dame Anaïs, En 1604, je fus informé par le roi d'Angleterre d'un complot contre ma personne et celle du dauphin, je tombai des nues en apprenant que la famille de ma maîtresse, la charmante Henriette d'Entragues, y était impliquée. Bien que clamant son innocence, je répudiai Henriette, cette arrogante conspiratrice et cela, bien qu'elle eût été nommée marquise de Verneuil. De plus, elle était très hostile envers la reine Marie. Cette rupture ne m'émut guère car je côtoyais une jeune orpheline sans fortune, une blonde de seize ans dont le corsage, «laissait entrevoir le beau modèle de poitrine». Surnommée la «ruffiane» par la reine, cette Jacqueline de Bueil monnaya sa vertu en demandant un mari et une dot. Elle reçut trente mille écus et un gentilhomme prénommé Champvallon. Le jour de ses noces, je franchis le seuil de la chambre nuptiale et le Champvallon accepta de s'éclipser de bonne grâce. J'ai dès lors pu savourer les douceurs du déduit. En l'an 1605, pour ses bons et loyaux services, la petite Jacqueline reçut le titre de comtesse de Monet et une bourse de neuf mille livres. La comtesse donna naissance à un garçon nommé Antoine de Bourbon en 1607 qui fut légitimé en 1608. Pour ce qui est de Charlotte de Montmorency, c'est la reine Marie qui l'invita à une répétition de ballet. C'est là que je la vis. Le diable s'éveilla en moi! Cette nymphe possédait des grâces incomparables. Elle était la fille du connétable Henri issu de la prestigieuse famille de Montmorency. Elle était promise au gentilhomme François de Bassompierre, un dangereux séducteur, plus courtisan qu'amoureux. Je m'opposais à ce mariage et je me résolus à marier Charlotte avec mon neveu le prince de Condé, un jeune homme qui aimait mieux la chasse que les femmes. D'ailleurs, je n'ignorais pas non plus que le neveu Henri passait pour préférer la fréquentation des éphèbes à celles des nymphes! L'amour violent pour cette jeune femme m'entraîna dans une «brouille» avec le jeune Condé, au point de songer à répudier la Florentine. Mais Marie bien qu'affaiblie n'était pas disposée à abdiquer et à abandonner son «os aux chiens» et il en fut ainsi, la raison d'État prima sur mes élans amoureux et la reine fut sacrée à Saint-Denis tandis que mille pressentiments sournois vinrent hanter mon esprit dont celui de ma mort. Mes respects Votre Roy Henry |
|
|