Donatienne
écrit à

   


Henri IV

     
   

Encore elle

   

Sire,
 
L'une de vos réponses, justement à propos de Corisande, évoque vos archives. Lesquelles sont-elles? Où sont-elles? Au risque de vous importuner, c'est bien Corisande qui m'intéresse et, outre vos archives, je ne vois pas où elle pourrait bien se cacher. Qu'il a-t-il d'écrit sur Corisande?

En ce qui la concerne, mes préoccupations vont bien moins à son tempérament maternel et enfants -morts ou vifs- qu'à son tempérament amoureux et élans de coeur ou de corps. J'aimerais suivre un instant Corisande car j'écris sur les libertins que l'histoire fait s'extasier au XVIIIe. Pourtant, le XVIe et le XVIIe étaient-ils si sobres? Si prudes? Si ennuyeux du point de vue des amours légères?
J'en doute! On voit bien que votre Majesté ...

La prochaine fois, je vous promets de parler de guerre et de politique, quoi qu'il me semble que l'on en meure plus vite et plus facilement!
 
En vous remerciant gracieusement,
Donatienne



Paris au tournant de l'an chrétien 1610.
 
Madame Donatienne,
 
Vous mentionnez le nom de la belle Corisande -nom emprunté au célèbre roman chevaleresque L'Amadis des Gaules- de son vrai nom Diane d'Andoins. Vous pourrez apercevoir dans mes archives «enfants illégitimes» un passage intéressant sur cette belle dame inspirée par la poésie et les beaux-arts. Tout ce que je peux vous dire, c'est que j'en étais follement amoureux depuis ma plus tendre enfance. En effet ma mère, la très pieuse Jeanne d'Albret, l'avait éduquée et nous passâmes notre jeunesse ensemble. Elle épousa le Gascon Phillipe d'Armont mais le décès soudain de ce dernier a fait en sorte que nous avons pu nous retrouver. Cette dame aura toujours une place de choix dans mon coeur.
 
Oui Madame ne doutez point des amours légères de votre roi, elles sont très intéressantes.
 
Henry, Roi de France et de Navarre