Votre visite à Québec |
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| Cher Mr. Hitchcock, De nos jours, il n'est pas rare de rencontrer des productions cinématographiques un peu partout dans notre province de Québec. Mais vous, qu'est-ce qui vous a poussé à venir ici en précurseur au début des années cinquante, pour tourner les extérieurs du film I confess (La loi du silence)? Et comment avez-vous aimé le jeu d'Ovila Légaré et Gilles Pelletier? J. Hébert |
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| Cher Monsieur ou Madame Hébert, Je me réjouis de savoir que la province de Québec est le théâtre de nombreuses productions cinématographiques. J'en suis le premier surpris. En 1952, lorsque j'ai choisi la ville de Québec comme lieu de tournage de I Confess, je dois vous avouer que le Québec était bien tranquille. On y retrouvait peu de salles de cinéma et sans paraître prétentieux, je ne sais pas si j'y ai croisé en 3 mois de tournage une seule personne qui connaissait l'un de mes films. Je suis réalisateur, j'aurais pu être éboueur pour ces Canadiens francophones c'était du pareil au même, je ne crois pas que ces gens allaient beaucoup au cinéma. Cependant j'ai apprécié la tranquillité de cet immense territoire. Régulièrement après les journées de travail je suis allé me promener au pied de ces chutes non loin, magnifiques! Et que dire de ce fleuve qui s'ouvre devant nous, grandiose! Mais revenons à votre question, pour I Confess, je cherchais ce lieu où la religion occupait une prédominance à la hauteur du silence imposé aux prêtres par le confessionnal. Comme les prêtres, j'ai toujours souhaité connaître les gens dans leur intimité, être au coeur de leurs secrets, et au Québec, le gouvernement donnait un rôle de premier plan aux institutions religieuses et à leurs membres. Pour le jeu de messieurs Légaré et Pelletier, vous rappelez à ma mémoire deux acteurs que j'avais complètement oubliés. Que deviennent-ils au juste? J'ose croire que I Confess les a propulsés à l'avant-scène. Leur personnage respectif, Vilette et père Benoît, si je me souviens bien, étaient essentiels à l'histoire et ont été bien interprétés à mon souvenir, et celui des critiques. Mais soyons réalistes, pas question de leur faire signer un contrat à long terme pour de prochains films, on est loin des Grant, Stewart ou même Granger, ils ne m'ont pas fait le preuve qu'ils pouvaient supporter un film sur leurs seules épaules. Allons, un peu de sérieux! Mais pourquoi cet intérêt pour ces deux acteurs? Vous êtes bien le premier à me questionner sur l'un ou l'autre. Je me demande même si je les reconnaîtrais dans la rue. Enfin! Vive le Québec! A. Hitchcock |