| |
|
Ô grande reine d'Egypte,
Je t'envoie ce message depuis un futur très
lointain. Le peu que je sais de toi m'inspire le plus profond respect, toi qui à
ce jour reste la seule et unique femme Pharaon. Sache que si en ton temps tu as
dû lutter pour obtenir ce titre et le garder, d'autres après toi ont tout fait
pour en effacer les traces jusqu'à casser la pierre de tes édifices afin de
supprimer ton nom acollé au mot Pharaon.
Je sais qu'il n'est pas très bon
d'en connaître trop sur son avenir, mais je peux te dire que, malgré ces
atteintes portées contre toi, tu es parvenue à la postérité. Si certaines choses
ont évolué, l'ingratitude et la stupidité des hommes n'ont pas vraiment
bougé.
Salut à toi (bien le bonjour à Rà!)
Salut à toi Dame lointaine,
Ce que tu m'apprends me consterne et me prouve la puissance d'Amon.
Ainsi on a brisé la pierre de mes édifices. Je ne sais
quel inconscient a pu commettre un tel acte. Nul homme n'ignore que ce
que j'ai édifié, restauré, était un
présent fait aux dieux. Détruire la
propriété des dieux, c'est encourir leur colère.
Mais tu me dis que j'ai connu la
postérité, malgré les tentatives pour me faire disparaître. Mon divin père m'a
donc protégée, car je ne suis Per-a-â que par sa volonté et je n'ai érigé des
temples, pylônes et obélisques que par amour pour lui.
Retiens cela de
mon histoire. Les ingrats et les stupides ne peuvent, au moment de la pesée du
coeur, duper Osiris et l'équilibre selon Maât finit toujours par s'établir.
Marche sans les craindre, consciente que ton coeur ne pèse pas plus que la
plume, car tes actes sont justes.
Vie, santé et force !
Maâtkarê,
Khenemet-Amon-Hatchepsout
Roi de Haute et Basse Egypte |