Marie
écrit à

Harpagon
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Bonjour, Dame Marie, Vous voilà bien impertinente! J’enrage de lire les missives des précieuses qui font de l’esprit avec le peu de lettres qu’elles possèdent! Votre place n’est-elle point aux côtés des chevaux ou des domestiques en livrée? Qui êtes-vous donc pour parler de la sorte? Quelles sont ces sornettes que vous contez et qui absorbent mon temps précieux? Dame, vous osez affirmer que «l’ argent ne fait pas le bonheur»? Voilà les mots d’une jeune demoiselle qui dépense sans compter et fait fi de l’autorité de son père! Impudente! L’or est ma raison de vivre, ma consolation, ma joie, mon enfant! Connaissez-vous un seul fils qui ne tienne tête ni ne dilapide son pauvre père? Eh bien, pendarde, l’argent possède toutes ces qualités! Mais, ne seriez-vous point femme à dévoiler que j’ai chez moi de l’argent caché? Quels sont donc ces propos mielleux? Ils dévoilent sans nul doute quelque fourberie dissimulée! Ah! Maraude! Je vous rosserai si vous touchez à mes louis et mes pistoles! J’ignore ce que vous nommez «film» et même «star», mais je devine sous vos propos outrageux une impertinence qui ne me sied guère! Traîtresse! Rendez-moi ce que vous m’avez volé, car mon bâton que voilà saura vous faire parler et vous faire avouer tous les maux que vous avez commis! Vos propos ne sont que de sottes balivernes! Comment diantre voulez-vous que Mariane soit la fille du Seigneur Anselme, puisque assurément tous deux arriveront céans afin de signer les contrats de mariage? Vous n’êtes qu’une impertinente qui tente de conduire au trépas un vieux barbon désargenté! La peste soit de vos discours! Ne tentez plus de me chercher querelle, car ce ne sont pas de douces caresses mais de violents coups que vous tâterez! À bon entendeur! Harpagon |