Yann
écrit à

Harpagon
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Cher Harpagon! Pendard! Comment diantre avez-vous eu vent de ma fortune? La pauvreté est mon unique demeure et je ne sais par quel moyen fallacieux vous fîtes courir le bruit que j’avais chez moi de l’argent caché! Quel impertinent voyez-vous donc là! Si les écus étaient amassés chez moi, pourquoi irais-je vêtu d’une collerette et d’un pourpoint usé depuis des décennies? Ma pauvre fille Élise ne dispose pas même d’une dot pour sceller des épousailles et il me faut quérir le Seigneur Anselme, dont la générosité est sans pareille, pour lui assurer une descendance digne de son statut! Croyez bien, impudent que voilà, que l’or ne se récolte guère dans les ruisseaux, et que ma probité m’empêche toute malversation! J’enrage! Traître! De voir dans ma maisonnée pareille injure! Aussi je vous prie de ne plus y pénétrer, sans quoi mon courroux serait bien plus démesuré que tout ce que vous pourriez imaginer! Quant à vos langages hiéroglyphiques, «parano.be», je vous prierai de les emporter avec vous! Infâme! Vos sorcelleries et autres recettes démoniaques ne régiront pas mon foyer! Allez au Diable! Harpagon |