Enatha
écrit à

Hadès et Perséphone
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Bien le bonjour, chers Hadès et Perséphone, Salutations Énatha! Bien le bonsoir, souverain du royaume souterrain, Comme dit précédemment, effectivement, je suis une de tes nièces, bien que j'aie essayé de me présenter en tant que mortelle. Et si Père est effectivement friand des femmes, ce qui m'inquiète sérieusement parfois, je ne suis pas le fruit d'une de ses conquêtes mortelles. Je suis bien sa fille mais je ne suis pas née d'une femme, je crois que ça t'aidera. Je sais que tu fais partie des trois plus puissants dieux (le chiffre trois revient souvent avec nos aïeuls Gaia, Pontos et Ouranos) vu qu'il y a trois royaumes: les cieux, les enfers et les océans. Alors comme ça, vous vous réunissez tous les trois à l'insu de tous? Ah, Père est vraiment cachottier! Quant à Perséphone, l'éternelle belle jeune femme à la chevelure de sang (ce qui je crois te fascine), je ne doute pas qu'elle soit puissante, mais je connais un petit mortel qui a d'autres visions des choses. Il pense que dans un autre contexte, il serait possible qu'elle te bouleverse en étant mortelle sans que tu ne l'enlèves, je n'en dis pas plus. Ne t'en fais pas, elle te reviendra bientôt, tante Déméter aura du mal à se séparer de sa fille pour la énième fois mais il faudra bien, tant qu'elle ne verra pas l'amour que son frère porte à sa fille. Il me vient une question: est-ce que vous aurez d'autres enfants que la petite Macaria? Une de tes nièces, Énatha Chère Énatha, Je ne mets pas ta parole en doute, loin de là. Il est fort possible que tu sois la fille de mon frère et d'une immortelle. Nous sommes si nombreux de par ce monde! Et ce n'est pas parce que ton existence m'est inconnue que tu n'es pas celle que tu prétends être. Je rencontre régulièrement des immortels que je ne connaissais absolument pas, alors ce fait ne m'étonne guère. Donc, je ne nierai pas que tu puisses être de ma famille, mais pour que je t'appelle «Nièce», tu devras te présenter à ma Cour. Viens à moi, Énatha, et prouve tes dires plutôt que de jouer aux devinettes. Pour ce qui est de Macaria, ce n'est pas ma fille. Je n'ai pas d'enfant, et de plus Macaria n'est pas une déesse, c'est une action. Macaria, c'est ce qui se produit lorsque, comme à l'époque primordiale, Thanatos et Hypnos travaillent de concert. Tu joues un jeu dangereux, Énatha. Tu joues à celle qui sait et qui ne veut pas trop en révéler. Prends garde, tu pourrais être blessée lorsque tombera le voile et que sera révélé tout ce que tu ne sais pas. Ne prends pas mal ce petit conseil, prend-le comme celui d'un oncle. Hadès, Souverain Incontesté des Terres Infernales Cher Hadès, Je ne mets pas ta parole en doute en ce qui concerne Macaria (que je croyais la déesse de la mort douce et également ton enfant) et je te prie d'excuser cette erreur, si vous êtes tous les deux heureux, toi et Perséphone, comme ça, je n'ai rien à y redire, les enfants ne sont pas obligés dans le bonheur d'un couple. Je crains ne pas pouvoir venir à ta Cour, le monde a beau avoir changé, je suis sollicitée pratiquement partout, ça prend beaucoup sur mon temps. Quand à mon existence, elle ne t'est pas étrangère. Je dirais même que tu me connais, certes pas énormément, mais un peu. Je sais que je joue aux devinettes mais tu ne devrais pas avoir trop de mal à reconnaître parmi les filles de Zeus une qui n'est pas née d'une femme, qu'elle soit déesse ou mortelle, qui refuse qu'un homme la touche et qui se déguise souvent. Mon nom ne serait-il pas le plus formidable des indices pour que tu perces mon identité? Avec mon affection, ta nièce qui ne se vante jamais, É N A T H A Chère Énatha, Je ne mets pas ta parole en doute, loin de là. Il est fort possible que tu sois la fille de mon frère et d'une immortelle. Nous sommes si nombreux de par ce monde! Et ce n'est pas parce que ton existence m'est inconnue que tu n'es pas celle que tu prétends être. Je rencontre régulièrement des immortels que je ne connaissais absolument pas, alors ce fait ne m'étonne guère. Donc, je ne nierai pas que tu puisses être de ma famille, mais pour que je t'appelle «Nièce», tu devras te présenter à ma Cour. Viens à moi, Énatha, et prouve tes dires plutôt que de jouer aux devinettes. Pour ce qui est de Macaria, ce n'est pas ma fille. Je n'ai pas d'enfant, et de plus Macaria n'est pas une déesse, c'est une action. Macaria, c'est ce qui se produit lorsque, comme à l'époque primordiale, Thanatos et Hypnos travaillent de concert. Tu joues un jeu dangereux, Énatha. Tu joues à celle qui sait et qui ne veut pas trop en révéler. Prends garde, tu pourrais être blessée lorsque tombera le voile et que sera révélé tout ce que tu ne sais pas. Ne prends pas mal ce petit conseil, prend-le comme celui d'un oncle. Hadès, Souverain Incontesté des Terres Infernales Cher Hadès, Ce que je veux? Mais te parler bien sûr! Ce jeu? Pour que tu me parles plus librement en tant qu'étrangère plutôt qu'en tant qu'Athéna. Si je ne puis venir chez toi pour que l'on se parle directement c'est à cause des conflits qui persistent dans des endroits que je ne nommerai pas. Les hommes d'aujourd'hui réclament tellement la justice... Si tu veux aller au Mont Olympe pour venir me voir, il y a des chances que je ne m'y trouve pas, désolée. Si tu penses que je ne suis pas la déesse chaste de la guerre, mais quelqu'un de mieux, je suis flattée. J'aurais plusieurs choses à te demander, ne t'en fais pas, libre à toi de penser que je ne suis pas ta nièce, mais je rêve que l'on s'entende bien tous les deux. J'aurais tellement de choses à te demander, même si ça pourrait te déranger. Alors si tu n'es pas sûr que je sois cette déesse, nomme-moi tout simplement Énatha. Toujours heureuse de communiquer avec toi, Énatha. P. S.: Peux-tu me dire ce que tu penses de ces quelques lignes, si cela ne te dérange pas? Œdipe et Andromède se faufilaient entre les gens tandis que Thésée jouait du coude pour se frayer un chemin. Quand ils furent devant, ils virent un homme faisant craquer ses doigts avec un sourire sadique d'un côté et, à la grande surprise du trio, une jeune fille rousse de leur âge aux yeux bleus, les bras croisés. -Eh! Elle n'est pas mal, celle-là. Inutile de préciser que ce commentaire désobligeant venait de Thésée. -Oh, vous ne la connaissez pas, leur dit un homme à côté d'eux. -Ils vont se battre? demanda Œdipe. -Oui, cette fois, c'est un type qui a voulu toucher ses... enfin je vous passe les détails. -Cette fois? Ça lui arrive souvent ce genre d'accrochage? -Pas tant que ça, mais ici, il y a beaucoup d'hommes très obscènes dans cette région, si vous voyez ce que je veux dire. -Oui... -Tu fais une drôle de tête, Œdipe, fit remarquer Andromède. -C'est bizarre, j'ai comme l'impression que je la connais, répondit-il, fixant cette inconnue. La jeune fille rousse s'avança vers l'homme. Celui-ci tendit la main pour l'attraper mais elle s'en saisit puis se retrouva derrière lui, lui tordant le bras. -Et bien! Elle sait se défendre, commenta Thésée. Avec son bras valide, son adversaire attrapa ses cheveux et les tira très fort. Furieuse, la jeune fille leva sa jambe et frappa entre celles de son agresseur; un craquement sinistre retentit et ce dernier s'agenouilla, contenant un cri de douleur (crois-moi, là ça fait vraiment mal, précisa Thésée à Andromède). La rousse passa une main dans ses cheveux avant de donner un coup de pied sur le visage de son adversaire qui tomba à la renverse. Durant le mouvement, Œdipe vit briller une chose au niveau du cou de cette dernière. -Il n'y a plus rien à voir, circulez, dit-elle poliment à la foule. À moins qu'un autre vicieux ne veuille tenter sa chance? Œdipe en était convaincu maintenant. Il sourit et s'avança vers elle. -Œdipe? Qu'est-ce que tu fais? Tu ne veux tout de même pas... -Que veux-tu, Andro, c'est un homme. Et les hommes normalement constitués sont... -Je ne veux même pas savoir la suite. Je ne crois pas une seule seconde qu'Œdipe soit comme ça. Ou devrais-je dire comme toi. Œdipe, une fois de plus, trouvait que ces deux-là allaient bien ensemble. Mais il n'eut pas le temps d'y réfléchir davantage, car il vit un poing s'arrêter devant son visage. -Alors? demanda la jeune rousse. Vous voulez aussi vous battre? -À vrai dire, j'aimerai plutôt parler du bon vieux temps, fit Œdipe en prenant sous son haut, attaché à son cou par une chaîne en or, la moitié d'un médaillon. La jeune fille écarquilla les yeux et plongea la main dans sa poitrine pour y sortir l'autre qui était l'autre moitié du même médaillon. -Alors c'est vraiment toi, Œdipe! -Eh oui, ça fait plaisir de te revoir après tout ce temps, Perséphone. Chère Athéna, Si tu dis que c'est ton nom, ainsi je m'adresserai à toi: cela ne me cause aucun problème. J'ai parlé de l'Olympe, mais tout autre lieu serait acceptable. Mais si tu préfères ce mode de communication, je ne m'y oppose pas et suis tout prêt à répondre à tes questions. Je n'ai aucun sentiment de haine à ton égard. Hadès, Souverain Incontesté des Terres Infernales Cher oncle, Apparemment tu n'as pas lu le petit P.S. que je t'ai envoyé à la fin de mon avant-dernière lettre, tu n'as peut être pas reçu ma dernière lettre alors voici le message qu'elle contenait: Je suis heureuse de te parler «directement», cher oncle, malgré tout ce temps où l'on ne s'est plus parlé. Je ne t'en voulais pas spécialement mais avec ma pudeur insistante... Enfin... Et -si je puis me permettre- pourquoi est-ce que toi tu proposes à tous les mortels de pouvoir vous parler à toi et à Perséphone? Ta nièce qui t'apprécie, Athéna. Salut à toi, Athéna! J'ai lu le texte que tu m'as envoyé. J'ai oublié de commenter. C'était pour le moins divertissant. L'idée de communiquer avec les mortels via Dialogus vient de Perséphone, mais l'idée n'est pas nouvelle. Les Enfers ont toujours été en «communication» avec l'espèce humaine. Pourquoi, c'est bien cela que tu veux savoir? La réponse me semble évidente: les hommes représentent beaucoup pour nous, ils sont une grande part de nous, leur ouvrir la porte m'apparaît approprié. Je ne sais combien de temps durera cet effort, puisque comme tu le sais, mes temples n'ont jamais eu la cote. Avec Perséphone près de moi, peut-être les choses seront-elles différentes. Les humains ont le droit de se faire leur propre opinion et s'ils en viennent à la conclusion que je suis un monstre, eh bien, au moins ce ne sera pas par simple préjugé. C'est déjà ça de gagné, n'est-ce pas? Es-tu sur terre présentement? Hadès, Souverain Incontesté des Terres Infernales Cher Hadès, Je tiens à te remercier pour ce commentaire. Un petit mortel de ma connaissance sera ravi de l'apprendre, j'apparaîtrai moi aussi -d'après ce qu'il m'a dit- mais il reste discret sur une éventuelle apparition de ta personne. J'en sais quelque chose pour ce qui est de notre lien avec eux, Prométhée en a fait des statues d'argile mais c'est moi qui leur ai insufflé un souffle de vie (à la génération d'airain et de fer bien sûr). Quand je pense qu'aujourd'hui ils banalisent la beauté du cœur pour la beauté physique... C'était un peu le cas il y a longtemps mais aujourd'hui c'est bien différent, Aphrodite se moque souvent de moi à ce sujet d'ailleurs. Si je m'en donnais la peine, je pourrais être aussi belle qu'elle! Mais passons... Ne t'en fais pas, même si les mortels sont élevés avec des préjugés et te représentent toujours comme le mal personnifié, mais pour beaucoup je pense qu'il n'en est rien. Je suis en effet sur Terre maintenant. La grande déesse de la sagesse, Athéna. P. S.: Minerva ma chouette va bien. Chère Athéna, Que les mortels, ou les immortels, pensent que je suis un monstre ne m'indispose pas. Ce qui m'importe, c'est qu'ils pensent par eux-mêmes. Cela seulement a de l'importance. Tu éviteras de parler d'Aphrodite à mon épouse. Elle se met dans une colère terrible quand on aborde le sujet devant elle. Je sais que des mortels la questionnent et qu'elle assure le coup, mais si tu viens nous visiter aux Enfers, assure-toi d'être discrète. Si tu es sur terre, tu dois ressentir les changements qui se produisent. N'est-ce pas merveilleux? Comme tous les ans, nous célébrerons le retour de Perséphone par un grand banquet le soir de l'équinoxe. Viens te joindre à nous si le cœur t'en dit; il y aura toujours une place pour toi à notre table. Hadès, Souverain Incontesté des Terres Infernales Cher Hadès, Tu as raison: les mortels doivent penser par eux-mêmes, bien que ce ne soit pas le cas dans certains endroits de notre chère terre, alors que je m’efforce de faire quelque chose pour aider ces gens. N’aie crainte, loin de moi l’intention d’inviter qui tu sais pour faire enrager ma chère demi-sœur/tante/cousine! En parlant de Perséphone, a-t-elle raconté la fois où je passais aux enfers il y a quelques années, et où j’ai parlé avec des enfants? Elle a dit quelque chose qui m’a touchée par rapport à ces enfants et, depuis, nous sommes un peu brouillées. Je suis heureuse pour vous: votre amour continue malgré ces quatre mois très courts qui vous sont accordés. Je crois que je viendrai, je me sens prête à excuser les propos maladroits de Perséphone. Minerve (ma chouette) m’accompagnera peut-être. À bientôt, oncle Hadès, Athéna Bien le bonjour chère cousine, Je confirme que tu as eu des paroles qui m’ont blessée, mais tu ne t’en souviens peut-être pas? J’étais auprès d'un petit groupe d'enfants qui avaient peur et tandis que je les quittais, tu m’as demandé si leur sort m'intéressait tant que cela alors que je n’aurai jamais d’enfant. Évidemment tu ne pouvais peut-être pas savoir que cela m’aurait fait du mal mais tu ignores beaucoup de choses me concernant. J’espère que Hadès t’a bien accueillie, mais même si tu avais eu un mauvais accueil cela ne te dispense pas de me saluer poliment. Athéna la plus sage des déesses Mes propos maladroits? Mais de quoi parles-tu exactement? Eh oui, je suis de retour chez moi et laisse-moi te dire que si Hadès se plaît à jouer le jeu, ce n’est pas mon cas. Perséphone, Souveraine Incontestée des Terres Infernales Chère Perséphone, J'ai mes raisons de ne pas être venue vous voir quand tu es revenue aux Enfers; si tu penses que je ne suis qu'une mortelle qui ment à ton époux, libre à toi. Cela prouverait juste que tu as peur des conversations entre mon oncle et moi. Que penses-tu donc? Serais-tu jalouse? Je te signale, ma chère cousine, que je ne m'appelle pas Menthé, tu ne peux pas me transformer à ta guise en plante pour me piétiner juste parce que tu penses que je veux séduire ton mari, ce qui n'est pas le cas étant donné que je serai chaste toute ma vie. Je fuis l'amour et parfois je le regrette mais toi, tu as la chance de l'avoir alors ne perds pas vainement ton temps à me jalouser, ton mari t'a longtemps attendue, aime-le. Athéna, la plus sage des déesses. Et pourquoi je te saluerais? Si tu es réellement Athéna, viens me saluer chez moi. Et comme tu n’es pas Athéna, tu n’es qu'une mortelle qui ment à mon époux et ça, ça m’agace. Perséphone, Souveraine Incontestée des Terres Infernales Chère inconnue, Mais n’était-ce pas un jeu depuis le début? N’es-tu pas toi-même une mortelle? Si tu fais semblant d’être ce que tu n’es pas, pourquoi pas moi, chère «Perséphone»? Non, je ne suis pas la déesse de la Sagesse, tout comme toi tu n’es sûrement pas la reine des Enfers, sinon tu saurais qui je suis vraiment. Cependant, si à ton tour tu me confirmais que tu n’étais pas immortelle, nous pourrions discuter plus amplement l’une avec l’autre, mais si tu es la vraie Perséphone, alors sache que j’aimerais beaucoup avoir ton avis et discuter avec toi d’un roman en construction où tu apparaîtras: je suis sûre que ça pourrait être intéressant. En espérant ta réponse, Énatha Chère Enatha, Ainsi, nous revoilà au début de cette correspondance. Toi, l’inconnue venue me questionner, moi, Perséphone, reine de Enfers. Je suis immortelle, mais je ne connais pas tous les humains qui vivent sur terre. Ils sont si nombreux et changent de génération si rapidement! Je ne te connais pas, Enatha, je ne prononcerai jamais ton véritable nom à moins que tu ne me le confies; les secrets que tu chéris, je n’y ai pas accès. Sur toi, je n’ai aucun pouvoir et ne souhaite pas en avoir. Mon amour pour l’humanité est plus grand que tu ne pourrais l’imaginer. Tu voudrais avoir mon avis sur une œuvre humaine, peut-être de ta main, et je suis touchée. Cependant, mon emploi du temps est trop chargé pour que je me prête à un tel exercice. Ayant pleinement assumé ton identité, préfères-tu poursuivre cette correspondance avec Hadès ou moi? À toi de choisir. Perséphone, Souveraine Incontestée des Terres Infernales Chère Perséphone, Je ne veux pas t’ennuyer avec une analyse, rassure-toi, je veux juste savoir une chose: cela te dérangerait-il d’apparaître comme une simple mortelle qui a fui sa ville natale parce qu’on voulait la forcer à se marier? Elle est la meilleure amie du héros, gentille, douce, passionnée et très sûre d’elle. Sa mère est morte en la mettant au monde et elle n’a pas revu son père depuis deux longues années. Elle est rousse et a de jolis yeux bleus. Elle tombe amoureuse d’un jeune homme froid et distant qui ne se confie pas facilement aux autres. J’espère que ce portrait ne te choque pas trop, mais tu sais, l’auteur a pris aussi un malin plaisir à faire de Zeus un jeune homme très beau mais très naïf. En espérant ton avis, Enatha Chère Enatha, Je ne suis pas dérangée, au contraire. Dis à ton ami de ne pas abandonner et d’écrire jusqu’au bout cette histoire qui ne le quitte jamais et qui parfois lui semble un monde plus réel que sa vie elle-même. Le jeune homme froid et distant est clairement mon Hadès. Pour ce qui est de Zeus, il est en effet très séduisant et un peu naïf parfois dans les détails, mais il ne faut surtout pas le sous-estimer. Il voit loin, très loin, et très clairement. Perséphone, Souveraine Incontestée des Terres Infernales Chère Perséphone, Je suis heureuse que tu approuves la vision que mon ami a de toi. Le jeune homme froid et distant se nomme Néo. Je ne pense pas qu’il abandonnera, il a écrit presque la moitié et il a beaucoup de courage, mais plus je le lis, plus je sens qu’en effet il préfère ce monde qu’il crée au réel. Je voudrais te demander: as-tu songé à avoir un enfant? En espérant que tu es heureuse avec ton mari, Enatha Chère inconnue, Je ne crains pas tes conversations avec ton oncle. Seulement, je crois que tu fabules en t'adressant à mon époux. De toi, je ne suis pas jalouse, et pour ce qui est de ma jalousie en général, elle ne te concerne absolument pas. Si tu étais vraiment celle que tu prétends être, tu ne méconnaîtrais pas à ce point la nature du lien qui nous unit, Hadès et moi. Tu n'es qu'une mortelle et chacun de tes mots respire la mortalité. Je n'ai rien contre les mortels, au contraire, je suis une grande partisane de l'espèce humaine. Je recevrais tes lettres favorablement si tu assumais pleinement ta condition au lieu de te cacher derrière ce masque d'immortelle. Toi et moi, nous avons beaucoup à nous dire, Énatha. Laisse tomber les jeux d'enfant, embrasse la vérité et reviens-moi. N'es-tu pas prête à abandonner les poupées et les costumes et à entreprendre la descente? N'es-tu pas une femme? Ne me réécris pas si c'est pour me jurer que tu es la déesse Athéna. À ce refrain-là, je ne répondrai plus. Perséphone, Souveraine Incontestée des Terres Infernales Chère Enatha, J'ai eu un fils autrefois. Pour ce qui est d'Hadès et moi, nous en avons souvent discuté et nous préférons ne pas concevoir d'enfant. Notre progéniture, c'est toutes les divinités infernales qui nous ont juré allégeance et toutes les âmes des mortels que nous chérissons. Je suis très heureuse avec mon époux. Mon seul chagrin, c'est que l'automne passe trop vite; c'est ma saison préférée. La répétition de mes encouragements les plus sincères à ton ami, Perséphone, Souveraine Incontestée des Terres Infernales Chère Reine des Enfers, Je reconnais que vos histoires de famille sont loin d'être simples, Zeus est à la fois ton père et ton oncle ainsi que ton beau-frère et parfois il se comporte aussi mal que son père. En fait je crois qu'il a peur de la descendance de ses filles. Artémis et Athéna sont chastes mais toi tu es sa fille et tu es mariée... À vrai dire je ne l'aime pas, mais au moins avec lui, il y a plus un sentiment de liberté, peut-être illusoire, alors que Cronos régnait par la terreur ouvertement. Mon ami est un peu triste: son histoire était à deux doigts d'être publiée mais malheureusement, on lui a demandé une somme trop importante en retour. Il devra chercher un autre éditeur; en plus demain c'est son anniversaire et cette nouvelle n'a pas vraiment été un bon cadeau. Je ferai de mon mieux pour le soutenir. Je suis triste pour ton fils même si, à l'instar de Gaïa avec Erichtonios, tu l'as laissé tomber. À toi, Enatha Très chère, Avec mon oncle Zeus, j'ai effectivement eu un fils, nommé Zagreus. Je n'ai pas voulu de lui; Zeus m'avait trompeusement séduite: je lui ai abandonné le soin de l'élever et ne l'ai plus revu depuis. Je sais que Zeus avait confié Zagreus à Apollon, mais Héra, par jalousie, le fit découper en morceaux et dévorer. Apollon sauva son cœur que Zeus avala, afin de lui donner naissance à nouveau, et lui donna le nom d'Iacchos. C'est une bien triste histoire pour ce petit être qui n'avait pas demandé à naître et qui, finalement, naquit deux fois plutôt qu'une. Le mode de communication que tu me proposes est hors de ma portée. N'y vois pas un manque d'intérêt de ma part. Perséphone, Souveraine Incontestée des Terres Infernales |