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Toi, le pseudo misogyne, marié cinq fois, que t’a enseignée ton expérience en
matière d’amour perdu? Doit-on rire de celle qui nous quitte ou au contraire se
moquer de soi-même face à l’échec?
Monsieur,
Qu'est-ce qu'un pseudo misogyne? Un homme que l'on a taxé de
misogynie alors qu'il n'était en rien misogyne? Si tel est le cas, je veux bien
endosser ce qualificatif barbare. Oscar Wilde disait: «quand une femme se
remarie, c'est qu'elle détestait son premier mari; quand un homme se remarie,
c'est qu'il adorait sa première femme». C'est vous dire à quel point j'ai aimé
mes femmes.
N'oublions jamais que l'on dit du bien de la femme au
singulier et du mal au pluriel, car si elle vous fait souffrir, cela déclenche
en vous une vague de souvenirs, et vous vous remémorez tout ce que vous avez
souffert, dans votre vie, à cause d'elles!
Peut-on rire de celle qui
nous quitte? Si c'est elle qui nous quitte et qu'on est amoureux, ce rire sera
jaune, de mauvaise qualité; il ne sera qu'aigreur, bile un rien habillée.
Se moquer de soi-même? Cela dépend de l'image que l'on a de soi.
Personnellement, je ne me suis jamais moqué de moi! J'ai joué de mon image, de
ce que les gens pensaient de moi, de ce qu'ils croyaient savoir de moi. Mais se
moquer de soi, ce n'est pas une preuve de prise de distance. Il faut accepter la
critique mais de là à battre sa coulpe sans relâche, il y a un monde.
Aussi faut-il savoir si elle est partie à cause de soi ou pour un autre
que soi. A l'égard d'un homme qui prend votre femme, il n'est de pire vengeance
que de la lui laisser.
Il faut savoir si jusqu'au bout elle est restée
fidèle, car il serait gênant qu'un homme que vous ne connaissez pas soit au
courant de votre disgrâce avant vous et, qui plus est, sache maintenant de quoi
vous vous contentiez.
Chaque situation est différente. Étiez-vous,
vous-même, amoureux? Auriez-vous donné votre vie pour elle? Faisiez-vous passer
votre bonheur à deux avant votre bonheur personnel? Tant de questions qui font
qu'un couple n'est jamais le même qu'un autre et jamais le même que la veille ou
que le lendemain.
Voilà ce que je pouvais dire mais permettez-moi de
finir sur ce message d'espoir: je vais donc enfin vivre seul! Et déjà, je me
demande avec qui.
Sacha Guitry
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