Parti pris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tdi755@wanadoo.fr

 

 

 

Bonjour Sacha,

Le parti pris est moins commode que celui d'en rire parce qu'il est pris justement, et donc il faut d'abord se battre pour le prendre et lorsqu'enfin tu accèdes à sa propriété, il n'est plus pris gros malin, puisqu'il est à toi justement, et donc il faut te le faire reprendre immédiatement si tu veux le garder pris, et c'est là que ça s'imbrique plus comme y faut puisque ça se peut pas de le garder pris. C'est un drôle de truc le parti pris. Faut que je réfléchisse à y voir plus près. Mais toi Sacha t'as pris le parti d'en rire, alors forcément t'as moins de soucis que moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sacha Guitry

 

 

 

Monsieur,

Je ne voudrais pas jouer le rôle ô combien ingrat de rabat-joie, mais, malheureusement, je vais devoir le faire. En premier lieu, sachez que des gens plus illustres que vous, Monsieur, m'ont appelé Maître, pendant des années. Puis, sachez une chose, c'est que le tutoiement, ô combien familier, impose un minimum de connaissance entre les utilisateurs, que ce mot est laid mais il épargne la peine d'utiliser usagers, je ne dirai pas, comme un certain Pierre Desproges, que je le réserve aux gens avec qui j'entretiens des rapports sexuels mais presque. Quant à l'usage du prénom, comme il est doux de l'entendre murmuré à son oreille par une belle femme alanguie, mais comme il est désagréable qu'il serve d'apostrophe à un inconnu. Et enfin, je vais devoir vous apprendre une chose, si vous voulez vous livrer à un exercice de style, c'est à Raymond Queneau qu'il faut écrire et pas à Sacha Guitry, quant au parti d'en rire, je crois que Pierre Dac peut vous renseigner. En ce qui me concerne, j'estime effectivement avoir moins de soucis que vous, car vous semblez en avoir un, celui de la reconnaissance, j'ai connu cela aussi, mais moi, j'étais en prison pour y réfléchir, à chacun ses soucis.

Avec tout le respect que j'aurais été en droit d'attendre, souffrez, Monsieur, que je ne vous salue pas.

Sacha Guitry.