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Eirka
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Le comédien |
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Bonsoir Monsieur, Je viens de visionner l'une de vos oeuvres, Le Comédien. Je ne vous parlerai pas de son contenu cinématographico-théâtral, mais de votre désir d'incarner votre père, Lucien Guitry. Sans tomber dans la psychologie de comptoir à trois francs six sous, n'y a-t-il pas ici, peut-être inconsciemment, une volonté de votre part d'exorciser -ce qui peut-être vous a manqué dans cette relation fils-père? En somme, incarner votre propre père -alors que vous auriez pu très bien engager un autre comédien et vous-même interpréter un autre rôle- n'est-ce pas là un remède visant à vivre, via la comédie, ce que vous auriez aimé effectivement vivre dans la réalité? Cordialement EirKa Monsieur, Non, je suis désolé de vous contredire et ma réponse sera brève. Je n'ai incarné mon père que pour une seule raison. Je ne voyais personne capable de le faire et je crois que lui-même n'aurait pas supporté qu'on l'incarnât, il y aurait vu une caricature. Moi seul, génétiquement, pouvais entrer dans son costume sans avoir l'air d'être déguisé. Quant à ma relation avec mon père, même si elle a connu une parenthèse, elle a gagné en intensité ce qu'elle avait perdu en durée. J'ai incarné cet homme qui m'avait vu naître et par là même, je suis devenu, un peu, le père de mon père. Si Freud y retrouve ses petits, on pourra à ce moment-là parler de psychologie de comptoir. Sacha Guitry |
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