Encore et toujours décrié!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pascal.van.autryve@wanadoo.fr

 

 

 

Très cher Monsieur Guitry,

Je me dois de vous avouer que ces dernières décennies ont été, pour moi, axées essentiellement sur vous, sur votre oeuvre et sur votre vie en général.

C'est captivant! Et j'apprends encore! Je vous lis... je lis les autres, mêmes vos détracteurs les plus virulents... que je n'arrive toujours pas à comprendre... mais je dois bien admettre que ce sont des médiocres... de la plus triste espèce. Comme ils doivent se sentir mal, tous ces gens-là! Comment avez-vous fait pour leur tenir tête d'aussi magistrale manière? Où alliez-vous chercher toute cette éloquence à leur égard? Il faut avouer que vous avez de qui tenir!

J'ai lu votre père ainsi que votre grand-père... mais aussi tous ceux qui ont fait partie de votre entourage: Alphonse Allais, Tristant Bernard, Jules Renard... et je me suis mis à avoir pour eux l'admiration et le respect que vous leur portiez.

Cette époque qui vous a fait, la regrettez-vous?

C'est une question «instantanée» - pardon - mais j'en ai tant d'autres à vous poser que je reviendrai - si vous m'y autorisez, bien entendu. Je reste dans l'attente extrêmement plaisante de vous lire.

Pascal V. de Lille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sacha Guitry

 

 

 

Monsieur,

Vous me dites que mes détracteurs sont médiocres et je ne peux y souscrire, en effet, ils ont une réelle qualité, celle d'avoir été à l'origine de certains de ce que d'autres ont appelé mes pensées. Sans eux, vers qui aurais-je pu tourner ces mots qui ont fait ce que, pour certains, je suis?

Bien sûr, être identifié juste par ces mots est un peu réducteur mais qu'y faire, il est trop tard maintenant. Leur ai-je tenu tête? Je ne le crois pas car l'opposition, verbale s'entend, ne fut pas si féroce.

Est-ce que je regrette cette époque? Je ne suis pas un passéiste mais je ne suis pas un moderniste non plus, je crois que chaque époque a son lot de génie et de bêtise navrante mais de là à vivre pour et par le passé, je n'y crois pas. Mon admiration pour les anciens est certaine, d'ailleurs, «Quoi de neuf? Molière». Cette question, à l'emporte pièce comme vous l'avez souligné, méritait une réponse un peu rapide mais votre retour prochain devrait pallier cette rapidité.

En espérant que ma suffisance habituelle, je crois que c'est ce que l'on me reproche, n'a pas trop transparu, mais je vous rassure, cela ne saurait tarder.

Sacha Guitry