Monya
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Carlo Gesualdo
Carlo Gesualdo

     
   

Prendre contact avec un prince...de la musique

   

Votre Altesse,

Premièrement, je me présente: Monya, musicienne de 13 ans, qui n'a jamais écrit à un prince, et qui vous admire beaucoup. Donc, si je fais des fautes impardonnables, excusez-moi, c'est la 1ère fois que je le fais.

D'abord, j'aimerais vous dire qu'en tant que cantatrice, j'aime beaucoup vos madrigaux, mais, en tant qu'instrumentiste, je vous demanderai de me dire si vous avez écrit des oeuves instrumentales?

Secundo, je compatis infiniment à votre peine concernant votre épouse. Mais ressaisissez-vous! Il vous reste certainement tellement à offrir aux gens comme moi, comme mes amies, comme mes collègues musiciens, comme au grand public du 21ème siècle!

Maintenant, je vous dirai simplement: «au plaisir de vous lire».
 
Monya


Très chère Monya,

Vos compliments et votre soutien me vont droit au coeur. Je vous remercie de m'envoyer de si gentils mots, mais la maladie prend de plus en plus le pas sur moi, je suis de plus en plus fatigué et peu motivé pour continuer à écrire... Ma Maria me manque terriblement et je regrette de plus en plus mes actes meurtriers.

Pour vous répondre, j'ai composé énormément d'oeuvres instrumentales, surtout des petites pièces destinées au luth. Malheureusement, je ne les ai jamais présentées à aucun éditeur, préférant faire reconnaître mes madrigaux, mes motets et les répons de l'office des ténèbres.

Il reste peut-être une gaillarde que j'avais égarée chez mon éditeur, peut-être l'a-t-il imprimée? Merci pour vos compliments qui me permettent de voir que ma musique est jouée au 21ème siècle, c'est ce à quoi j'aspirais en faisant éditer mes madrigaux.
 
En ôtant la vie de ma bien-aimée, je me suis condamné à attendre la mort avec dégoût.
 
Cordialement,

Carlo Gesualdo