Ah ces belles années...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sweet_amy132@hotmail.com

 

 

 

Mon très cher Théophile,

je vous écris par la présente, Docteur Veron, pour discuter de ces belles années... Nous n'avons malheureusement jamais pu nous rencontrer bien que nous ayons vécu en même temps. Moi, de mon côté, docteur et amoureux des femmes, et vous écrivain... J'ai toujours apprécié les arts de quelque façon que ce soit. Celui que j'appréciais le plus était sans aucun doute la danse... ahhh la danse, la danse... De ce milieu, je me rappelle deux danseuses en particulier, qui m'avaient marqué, et je voulais avoir votre opinion là-dessus. Eh oui... la talentueuse Taglionie et la belle Esler! De mon existence j'ai toujours apprécié cette rivalité, et je me demandais si cela était de même pour vous. Aussi, je voulais savoir si vous pensiez qu'Esler avait bien fait de ne pas garder son enfant. Maintenant, vos oeuvres... Giselle, ballet que j'adorais et adorerai toujours. J'avais vu peu avant ma mort, une parodie qui avait été faite de votre ballet; le chorégraphe critiquait le ballet en général, disant que tout était trop...» balletique». Ils avaient ajouté des mouvements très modernes (je ne sais pas si vous connaissiez ce style de danse... c'était très nouveau et pas encore très apprécié) mais tout en gardant le côté classique et mélancolique, et tout de même un peu joyeux par moments... Comme l'original, j'ai adoré la parodie, et je voulais savoir si vous pensez, vous aussi, que le ballet est trop strict.

En attente de votre réponse

Docteur Veron

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Théophile Gautier

 

 

 

 Cher Docteur Véron,

 

J'aime la danse et, si vous me permettez cette confession, j'aime aussi les belles danseuses.

 

Comme vous le savez sans doute, j'ai bien mieux connu Carlotta Grisi que Marie Taglioni et Fanny Esler, mais j'ai beaucoup apprécié la chance d'avoir vécu l'époque exaltante du ballet romantique et d'avoir pu admirer d'aussi talentueuses artistes. Je suis également heureux que mon nom soit associé à deux oeuvres qui me semblent devoir durer dans ce domaine (Giselle et La Péri).

 

En ce qui concerne la parodie que vous évoquez, j'ai bien peur de préférer l'original «balletique». Sans être strict, je suis trop vieux et trop usé pour ne pas rester quelque peu hermétique devant ces innovations.

 

Votre dévoué.

 

Théophile Gautier