Vincent |
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| Pourquoi n'es-tu jamais retourné voir Vincent? | ||||
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| Vous touchez ici un problème
aussi vieux que l'art lui-même: la distance entre l'artiste et son oeuvre.
Mes conceptions artistiques ont toujours été très près
de celles du zouave, comme je l'appelais familièrement. Avec Vincent, les
difficultés se sont installées de façon gênante surtout
à partir de notre séjour à Arles. En décembre 1888, j'écrivais
à Émile Bernard les désaccords de plus en plus fréquents
avec Vincent. Désaccords artistiques. Il admirait des gens que je ne pouvais
sentir: Daumier, Daubigny, Ziem, et Rousseau. Lui détestait mes repères:
Ingres, Raphaël, Degas. Il disait aimer mes tableaux mais passait des heures
à les critiquer dans le détail. Voilà qui use toute amitié.
On ne peut toujours dissocier l'homme et l'oeuvre. Quand il s'envolait dans ses rêves
romantiques, moi je cherchais du primitif. Vincent m'appelait l'homme qui vient de
loin et qui ira loin. Il ne manqua donc pas de discorde entre nous. Comme je le disais
à Schuffenecker, je ne pouvais en vouloir à un coeur excellent qui
était malade, qui souffrait. Rappelez-vous la vie d'Edgar Allan Poe qui, par
suite de chagrins, d'états nerveux, était devenu alcoolique. Vous comprenez? |