Québec
       

       
         
         

Laurence

      Bonjour Monsieur de Gaulle,

Je m'intéresse particulièrement à votre visite à Montréal en 1967, en ayant beaucoup entendu parler par mon grand-père de son vivant. Il était à l'époque conseiller municipal et vous l'aviez rencontré lors de votre visite dans notre belle ville en compagnie de monsieur Drapeau et des autres conseillers.

Vous avez prononcé votre fameux discours «Vive le Québec libre». Mais une question me chicote: si le Québec était devenu indépendant, quelles actions concrètes aurait entrepris votre pays pour nous aider?

Merci à l'avance,

Laurence

 

       
         

Charles de Gaulle

      Madame,

Je vous félicite de la pertinence de votre question. J'étais surpris qu'elle ne m'ait pas été posée plus tôt. Car évidemment, vous vous dites «il y a les discours, et il y a les actes». C'est bien.

En l'espèce, vous comprenez qu'il m'est très difficile de spéculer sur les actions que la France pourrait prendre pour soutenir un Québec indépendant. Mais je puis dire que dans mon esprit, ce soutien aurait été aussi large que possible, dans la mesure des moyens de la France. Outre des aides de toutes sortes (économiques, militaires, que sais-je?) selon les besoins de la Belle Province, nous aurions pu, le cas échéant, engager le poids de la France sur la scène internationale, et en particulier au Conseil de Sécurité des Nations unies, en faveur du Québec.

Évidemment, je ne m'engage pas beaucoup en écrivant cela - mais comment pourrais-je le faire? - pourtant je veux vous dire qu'à mes yeux, tous les moyens d'aider le Québec auraient pu être envisagés par la France du général de Gaulle. Et même si je ne ferai pas confiance à mes successeurs pour tout, je suis certain que le jour où le Québec accédera à l'indépendance, ses dirigeants trouveront à Paris des interlocuteurs très bienveillants.

Bien sincèrement à vous,

Charles de Gaulle