L'imparfait du subjonctif
       

       
         
         

Ann Alach

      Mes devoirs, mon général.

Dans le premier tome de vos Mémoires de guerre, vous avez notamment ces mots: «Bien que je fusse convaincu que les opérations militaires communes, sur terre, sur mer et dans les airs, devraient être normalement dirigées par des chefs anglais, étant donné le rapport des moyens, je me réservai dans tous les cas le «commandement suprême» des forces françaises, n'acceptant pour elle que les directives générales du Haut Commandement britannique. Ainsi était établi leur caractère purement national. Encore, fis-je spécifier, -non sans objection de la part des Britanniques-, qu'en aucun cas les volontaires «ne porteraient les armes contre la France». Cela ne signifiait pas qu'ils ne dussent jamais combattre des Français.»

En quelques lignes, vous aviez employé deux fois l'imparfait du subjonctif. Vous ne semblez plus, toutefois, affectionner ce mode et ce temps puisque vous ne l'utilisez plus. Y a t'il une raison particulière à cela?

Respectueuses salutations.

Ann Alach

 

       

 

       

Charles de Gaulle

      An alach! An alach tramor! Le cygne! Le cygne d'outremer! Serait-ce un duc breton allié aux Anglais pour combattre la France qui ferait allégeance au général De Gaulle en venant, tout en même temps, lui donner des leçons de français? Est-ce bien une référence à Jean IV de Montfort que le nom derrière lequel vous vous cachez? Même si j'eusse préféré avoir été dispensé de la première «leçon», celle de grammaire, j'ai voulu vous priver du plaisir d'une future, peut-être, d'Histoire.

En quelques mots, ma réponse. Est-ce son âge qui vous fit penser que le général De Gaulle n'eût plus maîtrisé l'imparfait du subjonctif? C'est un temps et un mode que je réservai à l'emphase. Souffrez qu'à mon âge, l'envie d'être particulièrement emphatique s'amenuise: on a prouvé qu'on pouvait l'être!

Sincèrement à vous,

Charles De Gaulle